Abbas : Israël est à blâmer, pas les Palestiniens
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Abbas : Israël est à blâmer, pas les Palestiniens

Le président de l'AP affirme qu'il cherche à apaiser la situation et avertit qu'une présence sécuritaire croissante en Cisjordanie ne fait que raviver les tensions

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, préside une réunion du Comité exécutif de l'OLP à Ramallah, en Cisjordanie, le 1er septembre 2015. (Crédit : AFP / Abbas Momani)
Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, préside une réunion du Comité exécutif de l'OLP à Ramallah, en Cisjordanie, le 1er septembre 2015. (Crédit : AFP / Abbas Momani)

Le président de l’Autorité palestinienne a accusé Israël d’être à l’origine de la récente escalade de violence à Jérusalem et en Cisjordanie tout en insistant qu’il était capable d’apaiser les tensions.

« Je suis en faveur d’une campagne populaire non violente. Je suis contre la violence et l’utilisation des armes, » a affirmé Abbas dans une interview publiée mercredi dans le quotidien israélien Haaretz. « J’ai été clair à plusieurs reprises, [à savoir] que nous ne voulons pas revenir à un cycle de violence ».

Abbas qui s’est entretenu avec le journal depuis son quartier général à Ramallah a accusé les supposés changements concernant des arrangements permettant aux juifs de se rendre sur le mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, changements démentis à plusieurs reprises par Israël et visant à alimenter les tensions et à raviver la violence.

« Nous ne luttons pas pour la violence et nous n’agissons pas pour (intensifier) la situation mais contre l’agression de la mosquée d’Al-Aqsa et des fidèles qui s’y rendent ». « Nous essayons d’agir tout le temps de sorte que cela n’empire pas ».

Mahmoud Abbas a également affirmé que les deux attaques sur des Palestiniens menées par des terroristes israéliens au cours de l’an passé ainsi que le harcèlement permanent des résidents des implantations était les raisons à l’origine de la légère hausse de la violence.

En juillet 2014, un adolescent arabe israélien, Mohammed Abu Khdeir, a été brûlé à vif par trois Juifs qui ont mené ce meurtre pour se venger de l’enlèvement et du meurtre de trois adolescents israéliens kidnappés par des palestiniens en Cisjordanie.

Un an plus tard, une bombe incendiaire a été lancée dans une maison en Cisjordanie dans le village palestinien de Duma, tuant un bébé de dix huit mois, Ali Dawabsha et ses parents. Les autorités israéliennes ont affirmé que l’attaque a été menée par des terroristes juifs.

« Comment voulez-vous que les rues palestiniennes réagissent après l’assassinat du jeune Mohammed Abu Khdeir, l’incendie de la maison des Dawabsha, les agressions des colons et les dommages des propriétés [qui se passent] devant les yeux des soldats », s’interroge-t-il.

« Les Palestiniens répondent avec des pierres et Israël répond directement avec des tirs à balles réelles suite à la décision du gouvernement et ceci est très grave », a affirmé Abbas en faisant allusion aux récentes mesures prises pour élargir les règles d’engagement.

Il a également déploré la décision de Netanyahu de recourir à la destruction des domiciles des Palestiniens accusés ou soupçonnés de terrorisme.

« Maintenant ils veulent démolir les maisons et déployer plus de forces, ce qui ne fera juste que raviver la haine. s’il n’y a pas de friction, il n’y a pas de confrontation. Une personne qui cherche un accord agirait pour éviter la friction et apaiser les choses à moins qu’il n’ait d’autres projets » a-t-il déclaré.

Intervenant suite à une réunion avec les hauts dirigeants palestiniens organisée suite à la dernière escalade de violence, Abbas a également déclaré qu’il n’était pas intéressé à raviver les tensions.

« Nous nous sommes engagés à respecter les accords », a-t-il souligné et a ajouté que les Palestiniens ne veulent pas d’une « escalade militaire et sécuritaire ». Il a ajouté que ce message avait été délivré aux forces de sécurité palestiniennes et aux groupes.

« Nous voulons obtenir une solution diplomatique à travers des processus de paix et il n’y a pas d’autre solution, » a poursuivi Abbas. Nous voulons atténuer les chances de destruction et de pertes qui affecteront chaque partie ».

Mais Abbas a affirmé que « dans le même moment, nous voulons nous protéger ».

Malgré les appels répétés de Netanyahu et des fonctionnaires israéliens à condamner les récentes attaques terroristes sur les Israéliens, le dirigeant palestinien n’a pas dénoncé les tueries.

Dimanche, l’Autorité palestinienne a condamné Israël pour avoir tué deux terroristes palestiniens, l’un d’eux avait tué deux Israéliens dans la Vieille Ville de Jérusalem et avait blessé grièvement une troisième Israélienne et son enfant de 2 ans. Le second est un habitant de Jérusalem-Est qui a poignardé un adolescent de quinze ans en dehors de la Vieille Ville.

Dans un communiqué publié par l’agence de presse WAFA, le porte-parole du gouvernement de l’Autorité palestinienne, Inhab Bseiso, a appelé la communauté internationale à intervenir suite « au meurtre de deux jeunes hommes dans la partie occupée de Jérusalem et la série d’incursions dans les villes et villages de Cisjordanie ».

La déclaration ne mentionne pas le fait que les deux Palestiniens morts avaient été tués pendant qu’ils menaient des attaques au couteau contre des civils israéliens.

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