Abbas : le Hamas, « oppresseur » de Gaza, dans les « poubelles de l’histoire »
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Abbas : le Hamas, « oppresseur » de Gaza, dans les « poubelles de l’histoire »

Les propos du chef de l'AP ont été tenus pendant une visite à l'hôpital auprès d'un responsable du Fatah qui aurait été agressé par des membres du groupe terroriste dans la bande

Le président de l'Autorité palestinienne  Mahmoud Abbas lors d'une visite auprès d'un responsable du Fatah blessé, Atef Abu Seif, à Ramallah, le 19 mars 2019 (Capture d'écran :  YouTube)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors d'une visite auprès d'un responsable du Fatah blessé, Atef Abu Seif, à Ramallah, le 19 mars 2019 (Capture d'écran : YouTube)

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a expliqué la semaine dernière que les « oppresseurs » de la bande de Gaza finiraient dans « les poubelles de l’histoire », une référence apparente à ses gouvernants du Hamas.

Abbas a tenu ces propos durant une visite dans un hôpital de Ramallah où un haut responsable de la faction du Fatah d’Abbas, Atef Abu Seif, a été pris en charge à la suite d’une agression survenue la semaine dernière et que le Fatah a attribuée au groupe terroriste.

Abu Seif, un romancier très estimé, est l’un des plus importants porte-paroles du Fatah au sein de l’enclave côtière et membre du comité central du groupe. Il a été violemment attaqué lundi dernier par un groupe d’hommes à proximité de son domicile au sein de la bande, a fait savoir Wafa, l’agence officielle de presse du Fatah.

Le Hamas a nié toute implication dans l’agression et promis d’ouvrir une enquête sur l’incident, qui survient dans un contexte de répressions violentes de la part de ses forces de sécurité contre une série de manifestations internes à Gaza.

Dans une vidéo publiée sur la chaîne YouTube d’Abbas, mercredi dernier, on peut voir le président de l’AP rendre visite à Abu Seif à l’hôpital de Ramallah.

Atef Abouseif, porte-parole du Fatah à Gaza, dans un lit d’hôpital après avoir été agressé à Gaza le 19 mars 2019. (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

« Je suis venu vous remonter le moral. Rétablissez-vous, rétablissez-vous », dit Abbas à Abu Seif, selon une traduction du MEMRI (un institut de recherche sur les médias au Moyen-Orient).

Après l’échange d’amabilités, Abbas déclare : « Qu’Allah soutienne le peuple de Gaza. Jamais les sacrifices auxquels il a consenti ne seront oubliés. Leurs actions ne seront pas ignorées. Ce sont les Gazaouis qui ont commencé la révolution et c’est eux qui devront la mener à bien, si Dieu le veut ».

Il ajoute alors que : « Et eux, ils devront enfin disparaître dans les poubelles de l’histoire ».

Wafa a semblé confirmer qu’Abbas faisait référence au Hamas. « Ces oppresseurs finiront dans les poubelles de l’histoire », aurait dit Abbas selon l’agence. « Je dis toujours ça en évoquant ceux qui brisent la légitimité palestinienne. Il y a un grand nombre de personnes qui ont rompu cette légitimité et elles ont toutes terminé dans les poubelles de l’histoire », aurait-il ajouté.

Abbas a ensuite été informé de l’évolution des blessures d’Abu Seif, qui souffrait notamment d’une coupure à la tête ayant nécessité 18 points de suture.

Sur les images, Abu Seif dit à Abbas que ses agresseurs étaient au nombre de 25 et qu’ils « portaient tous des masques ».

« Ils iront en enfer. Ces chiens », répond Abbas.

Mahmoud Aloul, vice-président du Fatah, a accusé le Hamas de tentative d’assassinat.

Iyad al-Bozum, porte-parole du ministère de l’Intérieur de Gaza, a condamné l’incident, disant à l’AFP qu’une « enquête a été ouverte par la police sur l’agression ».

En 2015, Abu Seif avait fait partie des candidats sélectionnés à un prestigieux prix de littérature arabe mais avait été dans l’incapacité de se rendre à la cérémonie de remise des prix au Maroc en raison d’un harcèlement présumé de la part du Hamas.

Le Hamas a évincé le Fatah et pris le contrôle de la bande de Gaza lors d’une guerre civile brève et sanglante en 2007. Il fait face ces derniers temps à une série de mouvements de protestation de la part de la population qui s’insurge contre les hausses de prix et les difficultés de la vie au sein de l’enclave côtière.

Atef Abu Seif devant un portrait du poète palestinien Mahmoud Darwish à Gaza City en 2015. (Crédit : AP Photo/Nasser Nasser)

Les forces de sécurité du Hamas ont répondu par la violence pour mettre un terme à ces rassemblements et des douzaines de journalistes, de militants des droits humains et autres ont été arrêtés.

Les Nations unies, dimanche dernier, ont condamné cette réponse et Amnesty International a fait savoir lundi que son envoyé local avait été placé en détention pendant plusieurs heures.

« La répression de la liberté d’expression et l’utilisation de la torture à Gaza ont atteint un niveau alarmant et sans précédent », a commenté Saleh Higazi, directeur-adjoint du bureau Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

« Au cours des derniers jours, nous avons assisté à des violations choquantes des droits humains commises par les forces de sécurité du Hamas contre des manifestants pacifiques, des journalistes et des militants des droits humains », a-t-il ajouté.

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