Rechercher
Les Etats-Unis veulent "liquider" la cause palestinienne

Abbas : le plan de Trump va échouer, la déclaration Balfour est un « complot »

Dans un discours marquant les 14 ans de la mort de Yasser Arafat, le leader palestinien jure de rejeter l’accord américain et assure que "l’occupation va prendre fin"

Mahmoud Abbas à l'assemblée générale de l'ONU, à New York, le 27 septembre 2018 (Crédit : Thimothy A. Clary/AFP)
Mahmoud Abbas à l'assemblée générale de l'ONU, à New York, le 27 septembre 2018 (Crédit : Thimothy A. Clary/AFP)

Le président de l’Autorité palestinienne (AP), Mahmoud Abbas, a promis samedi de rejeter “l’accord du siècle” de l’administration Trump sur le conflit israélo-palestinien et a critiqué ce qu’il appelle les efforts visant à séparer la Cisjordanie de la bande de Gaza.

La télévision israélienne a rapporté que l’envoyé pour le processus de paix du président américain Donald Trump au Moyen-Orient a déclaré que la Maison Blanche va bientôt publier son plan de paix et qu’Israël et les Palestiniens devraient faire des compromis.

Dans un discours marquant les 14 ans de la mort du dirigeant palestinien Yasser Arafat, M. Abbas a déclaré que les Palestiniens traversaient “l’une des étapes les plus dangereuses” de leur histoire et continuaient à lutter contre le “complot” de la déclaration Balfour, une déclaration de 1917 promettant le soutien britannique un Etat juif dans la Palestine historique.

“L’occupation va prendre fin”, a déclaré Abbas, tout en répétant qu’il n’accepterait qu’un accord de paix établissant un État palestinien sur les “lignes de 1967” avec une capitale à Jérusalem Est.

“Nous resterons sur nos terres et continuerons à agir. Nous adhérons à nos principes. Notre drapeau continuera à s’élever sur les murs de Jérusalem”, a-t-il ajouté, selon la Dixième chaîne israélienne.

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, prend la parole lors d’un rassemblement à Ramallah, en Cisjordanie, à l’occasion du 4e anniversaire de la mort du dirigeant Yasser Arafat le 11 novembre 2008. (Crédit : Issam Rimawi / flash90)

Abbas boycotte l’administration Trump depuis sa reconnaissance en décembre 2017 de Jérusalem comme capitale d’Israël. Depuis, les États-Unis ont réduit l’aide accordée aux Palestiniens et pris d’autres mesures pour punir leur rejet de la part l’AP, notamment avec la fermeture des bureaux de l’Organisation de libération de la Palestine à Washington.

Les États-Unis ont également mis fin à tout financement de l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, connue sous le nom d’UNRWA à cause de la manière dont l’agence confère le statut de réfugié non seulement aux réfugiés d’origine, mais également à leurs millions de descendants, contrairement à la définition donnée par l’ONU aux réfugiés d’autres parties du monde.

Dans son discours de samedi, M. Abbas a déclaré que les réductions de l’aide à l’UNRWA visaient à la “liquidation de la cause palestinienne” . Il a affirmé s’opposer à tout effort visant à affaiblir l’agence ou à changer la manière dont elle compte les réfugiés.

Le discours du dirigeant de l’AP a été prononcé alors que la Dixième chaîne israélienne signalait que l’envoyé de Trump, Jason Greenblatt, avait annoncé que les États-Unis publieraient bientôt son plan de paix, sans donner de date précise.

Jason Greenblatt, envoyé du président des États-Unis pour le processus de paix (à gauche), rencontre le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas au bureau du président dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 14 mars 2017. (Crédit : AP Photo/Majdi Mohammed)

“Aucune des deux parties n’aimera l’intégralité de ce qui est écrit dans le plan de paix et il faudra trouver un compromis”, a déclaré Greenblatt à Londres mercredi à un groupe qui collecte des fonds pour les soldats israéliens.

“Mais nous sommes certains que si les deux parties acceptent d’entamer des négociations, elles comprendront pourquoi nous en sommes parvenus aux conclusions qui seront présentées dans le plan de paix”, a-il ajouté.

Il a ajouté que le projet américain pousserait à la conclusion d’un accord mettant fin définitivement au conflit israélo-palestinien plutôt qu’un texte intérimaire. Selon lui, un tel accord “ne ferait que prolonger le cycle de souffrance et de violence”.

Greenblatt a également appelé à ce que le plan de paix de Trump soit évalué en fonction de ses mérites et a déclaré que de nombreux détails rapportés sur son contenu étaient faux.

“Jugez notre plan de paix selon ce qu’il est censé être : une proposition pour une solution globale du processus israélo-palestinien”, a-t-il déclaré, selon le rapport.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...