Abbas : Le processus de paix doit être un effort multilatéral
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Abbas : Le processus de paix doit être un effort multilatéral

Le dirigeant palestinien appellera la communauté internationale à un changement de tactique, attend de l'ONU qu'elle mette fin au conflit avec Israël

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, le 22 septembre 2015 (Crédit photo: IVAN SEKRETAREV / POOL / AFP )
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, le 22 septembre 2015 (Crédit photo: IVAN SEKRETAREV / POOL / AFP )

Le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas pourrait appeler la communauté internationale à faire pression pour des pourparlers de paix multilatéraux comme une nouvelle façon d’avancer vers un accord de paix avec Israël dans un discours racoleur prévu mercredi aux Nations unies.

Des allusions au contenu du discours, lequel ne devrait plus contenir la menace d’une « bombe », ont été publiés mardi dans un article signé par Abbas sur le site du Huffington Post.

Dans la tribune, le président de l’Autorité palestinienne a accusé les nations du monde d’abandonner le peuple palestinien et de le laisser souffrir d’un « nettoyage ethnique » israélien qui est, dit-il, pire que l’apartheid.

« La Palestine a langui sur l’ordre du jour des Nations unies depuis la création de l’organisation », a écrit Abbas.

« Cette négligence persistante a coûté trop de vies, sapé l’espoir, miné le droit international et entaché la réputation de l’ONU. »

« Le même schéma de négociations imposées depuis des années ne fonctionnera pas parce qu’Israël est la puissance occupante, » a-t-il insisté.

« Israël contrôle notre territoire, nos ressources naturelles, notre économie et nos vies au quotidien, violant le droit fondamental du peuple palestinien. Nous ne pouvons pas négocier directement avec un pouvoir qui a ce niveau de contrôle et présente un tel mépris pour les droits et l’existence de notre peuple ».

« Voilà pourquoi, un processus de paix multilatéral collectif est nécessaire. De tels processus ont abouti à des progrès significatifs dans les négociations difficiles pour les Balkans, la Libye et l’Iran. Ils devraient être tentés pour mettre fin de façon définitive au conflit israélo-palestinien, après toutes ces années de vaines tentatives de parvenir à la paix. »

« Une solution pacifique, juste et équitable au conflit israélo-palestinien existe », a-t-il écrit. « Mais le processus de paix doit être multilatéral. »

Abbas a demandé instamment que les Nations unies « fournissent un plan clair pour mettre fin à l’occupation israélienne illégale, faire respecter les droits de l’Homme et mettre en oeuvre la justice. »

Au fur et à mesure que l’on s’approchait de l’événement, des spéculations sont apparues disant qu’Abbas pourrait secouer les relations avec Israël en faisant diverses déclarations dangereuses, comme la fin de la coordination sécuritaire en cours avec Israël, le démantèlement de l’Autorité palestinienne, ou l’annonce de sa propre démission.

Abbas devait s’adresser mercredi soir à l’Assemblée générale, à 19 heures, heure israélienne.

L’allocution sera suivie d’une cérémonie marquant le lever du drapeau palestinien aux Nations unies, un geste hautement symbolique salué par Ramallah comme un jalon dans la marche des Palestiniens vers un Etat.

Les critiques en Israël, aux États-Unis et ailleurs ont tourné en dérision le geste comme inutile envers les efforts de paix, mais Abbas, dans sa tribune parue dans le Huffington Post, a fait porter la responsabilité des pourparlers de paix moribonds sur « la poursuite par Israël de sa politique irresponsable », une référence probable à la construction dans les implantations israéliennes.

« Israël n’a pas négocié de bonne foi tout en enracinant son occupation illégale. Israël n’est pas attaché aux valeurs de la communauté internationale de liberté, de justice et de paix – et encore moins à la solution à deux Etats et aux paramètres connus de longue date qui lui sont liés. Il a piétiné les accords d’Oslo et avec eux le processus de paix », a-t-il écrit.

La radio israélienne a rapporté mercredi que le Hamas et le Jihad islamique avaient appelé Abbas à utiliser le discours pour renoncer aux accords d’Oslo de 1993 qui ont créé l’Autorité palestinienne et ont été à la base de la coopération avec Israël depuis.

La radio a cité Nabil Shaath, un négociateur palestinien de premier plan, comme disant qu’Abbas sait un qu’engagement unilatéral aux accords est vain.

Dans le Huffington Post, Abbas a accusé Israël d’imposer un régime qui est pire que l’apartheid.

« Beaucoup ont comparé la vie en Palestine à l’apartheid. Mais notre situation est encore plus désastreuse parce qu’Israël, la puissance occupante, impose non seulement un système de ségrégation et d’assujettissement ; mais persiste avec le nettoyage ethnique flagrant du peuple palestinien de sa terre ».

Abbas a accusé Israël des récents affrontements sur le mont du Temple au cours desquels les forces de sécurité se sont affrontées à des Palestiniens jetant des pierres et qui, à une occasion, avaient également préparé des bombes artisanales destinées selon la police à perturber les visites de Juifs sur le lieu saint de Jérusalem.

« A Jérusalem-Est occupée, les forces et les dirigeants israéliens aident les attaques extrémistes et les tentatives des fanatiques religieux d’affirmer leur contrôle sur la mosquée al-Aqsa et d’allumer un conflit religieux », a déclaré Abbas et a accusé les autorités israéliennes d’encourager la violence contre les Palestiniens.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré mardi qu’il utiliserait son discours à l’ONU au lendemain de celui d’Abbas pour appeler l’Autorité palestinienne à cesser ses « mensonges grossiers » et « l’incitation sauvage » sur le mont du Temple, réaffirmant qu’Israël était engagé au status quo sur le lieu saint.

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