Abbas : Netanyahu responsable du terrorisme à cause des paiements au Hamas
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Abbas : Netanyahu responsable du terrorisme à cause des paiements au Hamas

Le chef de l'AP a dit que Ramallah "n'acceptera pas de condamnation du Hamas". L'AP aurait demandé à Israël de changer les accords économiques de 1994

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas durant une réunion du Conseil central palestinien, un organe clé de l'Organisation de libération de la Palestine, à Ramallah, le 28 octobre 2018. (Crédit : ABBAS MOMANI / AFP)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas durant une réunion du Conseil central palestinien, un organe clé de l'Organisation de libération de la Palestine, à Ramallah, le 28 octobre 2018. (Crédit : ABBAS MOMANI / AFP)

Le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas a accusé samedi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de fournir au groupe terroriste palestinien du Hamas l’argent utilisé pour financer les attentats contre les Israéliens – menant également les Palestiniens de Cisjordanie à « en payer le prix ».

Dans un discours prononcé à Ramallah, Abbas a dit que « Netanyahu prend personnellement l’argent et le donne au Hamas. Qu’est-ce que cela signifie donc ? Que le Hamas envoie des armes, des équipements et des fonds ici ».

« Nous avons confisqué 90 % de ce qui a été envoyé ici. Les 10 % restants ont été utilisés lors des derniers attentats qui ont eu lieu », a ajouté Abbas, se référant aux récentes attaques terroristes qui, selon Israël, ont été commises par l’organisation qui dirige la bande de Gaza.

« Le Hamas a reconnu qu’il avait entrepris ces opérations. Israël a également reconnu que le Hamas en était à l’origine. Et nous savons que c’est le Hamas qui les a perpétrées. Israël donne donc de l’argent au Hamas et c’est nous qui en payons le prix ».

L’argent donné au Hamas et évoqué par Abbas se réfère aux millions de dollars de fonds qataris qu’Israël laisse entrer dans la bande en versements mensuels, dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu informel passé entre l’Etat juif et le groupe à la tête de l’enclave côtière.

Israël a attribué une recrudescence récente des attentats terroristes en Cisjordanie au Hamas, renforçant ses activités dans la bande de Gaza et les restrictions sur les Palestiniens dans un contexte de recherche des auteurs des attaques.

Des soldats israéliens recherchent les auteurs des attentats terroristes en Cisjordanie, le 14 décembre 2018 (Crédit : Armée israélienne)

Cela fait longtemps qu’Abbas est furieux face aux ouvertures offertes par Israël au Hamas à Gaza, alors qu’il cherche à étouffer économiquement le groupe gazaoui pour le contraindre à abandonner le pouvoir.

Le Hamas et l’AP sont en conflit depuis que le groupe terroriste a pris le contrôle de la bande de Gaza au cours d’un coup d’Etat violent, en 2007. Un certain nombre de tentatives de réconciliation entre les deux parties ont échoué depuis.

Au mois d’août, Abbas a annoncé qu’il ne pourrait pas y avoir deux entités séparées gouvernant les territoires palestiniens, affirmant que si l’AP ne pouvait pas obtenir le contrôle complet de la bande de Gaza alors le Hamas devrait prendre la responsabilité de l’ensemble des Territoires.

Il a menacé de manière répétée de couper tous les financements à la bande de Gaza si le Hamas continue à rejeter les tentatives de réconciliation.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors de la réunion hebdomadaire de cabinet à Jérusalem, le 9 décembre 2018 (Crédit : Oded Balilty / POOL / AFP)

Mais samedi, Abbas a également déclaré que l’AP « n’autorisera pas que le Hamas soit accusé d’être une organisation terroriste ».

« Le Hamas fait partie du peuple palestinien, » a-t-il dit. « Nous sommes en désaccord avec le Hamas sur presque tous les sujets et il crée l’anarchie en Cisjordanie, mais ce sont des choses que nous devons régler entre nous en tant que Palestiniens. Nous n’accepterons pas une condamnation du Hamas ».

Il y a eu, ce mois-ci, deux fusillades commises en Cisjordanie qui ont fait trois morts, deux soldats et un bébé, dans un contexte de recrudescence générale des violences en Cisjordanie.

Deux soldats israéliens ont été tués et un autre a été blessé lors d’une attaque perpétrée le 13 décembre à Givat Assaf. Plusieurs Israéliens ont été par ailleurs blessés dans un attentat commis au carrefour d’Ofra, le 9 décembre, notamment une femme enceinte de sept mois dont l’enfant – né par césarienne et en urgence quelques heures après la fusillade – n’a pas survécu.

Pour sa part, la Dixième chaîne a annoncé samedi que le gouvernement israélien réfléchissait à une requête de l’AP, qui a réclamé des modifications dans des arrangements économiques qui avaient été signés en 1994 entre Jérusalem et l’Organisation pour la libération de la Palestine (OLP) dans le cadre des accords d’Oslo, l’AP affirmant que ce « Protocole de Paris » est injuste envers les Palestiniens.

Ces plaintes n’ont pas été spécifiquement détaillées.

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