Abbas se lance dans une campagne pour empêcher l’annexion de la Cisjordanie
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Abbas se lance dans une campagne pour empêcher l’annexion de la Cisjordanie

Le président de l'AP s'entretient avec les dirigeants de l'Arabie Saoudite, du Bahreïn, du Koweït et du Qatar au sujet d'un élément de division du plan de paix Trump

Le président palestinien Mahmoud Abbas s'exprime lors d'une réunion du Conseil de sécurité au siège des Nations unies, mardi 11 février 2020. (AP Photo/Seth Wenig)
Le président palestinien Mahmoud Abbas s'exprime lors d'une réunion du Conseil de sécurité au siège des Nations unies, mardi 11 février 2020. (AP Photo/Seth Wenig)

Le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas a tenu une série de conversations téléphoniques avec les dirigeants du Moyen-Orient pour les exhorter à s’opposer à l’annexion par Israël de certaines parties de la Cisjordanie, a déclaré samedi le haut responsable palestinien Saeb Erakat.

Cette extension de la souveraineté israélienne figure dans le plan de paix de l’administration Trump, présenté le 28 janvier à Washington, et a été adoptée par Israël. Selon des reportages télévisés du mois dernier, de hauts fonctionnaires de la Maison Blanche auraient l’intention d’approuver l’annexion dans les mois à venir si les Palestiniens ne retournent pas à la table des négociations, – ce qu’ils ont refusé de faire après avoir entièrement rejeté le plan de paix.

Dans un tweet, Saeb Erakat a fait savoir qu’Abbas avait parlé avec le roi Salman d’Arabie Saoudite, le monarque du Bahreïn, Hamad bin Isa Al Khalifa ; l’émir du Koweït, Jaber Al-Ahmad Al-Sabah et l’émir du Qatar, Tamim bin Hamad Al Thani pour discuter « du plan d’annexion israélien et de la nécessité de l’empêcher ».

Les dirigeants ont également abordé la pandémie de coronavirus et « d’autres questions régionales et internationales », a écrit Erakat.

Samedi également, le ministre des Affaires sociales de l’AP, Ahmad Majdalani, a fait part de ses inquiétudes quant à la tentative d’Israël d’annexer des territoires alors que l’attention mondiale se concentre sur la lutte contre la pandémie, a rapporté l’agence de presse Wafa.

« Les informations révélant que Washington et Tel-Aviv sont sur le point de s’entendre sur les cartes d’annexion – à un moment où le monde est préoccupé par la guerre contre le coronavirus – s’inscrivent dans le cadre du plan américain visant à mettre en œuvre ‘l’accord du siècle' », a indiqué Ahmad Majdalani dans un communiqué, en référence au plan de paix de Trump.

Le haut responsable de l’OLP Ahmed Majdalani. (Capture d’écran : YouTube)

Celui qui est membre du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) a averti que l’annexion « signifie la fin de la solution à deux États » du conflit israélo-palestinien.

Jeudi dernier, Erakat, le principal négociateur palestinien dans le conflit avec Israël, a tweeté qu’il avait personnellement discuté des « conséquences » de l’annexion avec le ministre saoudien des Affaires étrangères Faisal bin Farhan Al-Saud, ainsi qu’avec Khalid bin Hamad Al Khalifa, un conseiller principal du roi de Bahreïn. Il a également révélé qu’il s’était également entretenu avec Niles Annen, porte-parole du Parti social-démocrate allemand en matière de politique étrangère.

Les discussions avec ces responsables ont porté notamment sur le coronavirus, l’UNRWA, l’agence des Nations unies pour l’aide aux réfugiés palestiniens, et la déclaration de cessez-le-feu au Yémen par l’Arabie saoudite, a-t-il écrit.

Les Palestiniens ont rejeté le plan de paix américain, qui prévoit la création d’un État palestinien dans environ 70 % de la Cisjordanie, dans une petite poignée de quartiers de Jérusalem-Est, dans la plus grande partie de Gaza et dans certaines zones du sud d’Israël – à condition que les Palestiniens reconnaissent Israël comme un État juif, désarment le Hamas et d’autres groupes terroristes dans l’enclave côtière et remplissent d’autres conditions.

Le plan permet à l’État juif d’annexer des implantations, lui accorde la souveraineté sur la vallée du Jourdain et un contrôle sécuritaire primordial à l’ouest du Jourdain et interdit aux réfugiés palestiniens de s’installer en Israël.

Mahmoud Abbas et Saeb Erekat au sommet de la Ligue arabe le 9 avril 2014. (Crédit Mohamed El-Shahed/AFP)tient

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu veut faire de l’annexion de la Cisjordanie un élément de son héritage politique et tient à ce qu’elle soit menée à bien. Celle-ci a été un point de friction dans les discussions sur la formation d’un gouvernement d’unité d’urgence avec son principal rival, le chef de Kakhol lavan Benny Gantz, à la suite des élections du 2 mars.

Gantz s’est longtemps opposé à l’annexion unilatérale, mais reconnaît que le bloc de droite dirigé par Netanyahu dispose actuellement d’une majorité en faveur de cette mesure. Cependant, les pourparlers sur le gouvernement d’union ont échoué, et aucun accord n’a été conclu jusqu’à présent.

Le mois dernier, de hauts fonctionnaires de la Maison Blanche ont été cités par la Treizième chaîne comme ayant l’intention de permettre à Israël de procéder à l’annexion dans les mois à venir si les Palestiniens n’acceptent pas de négocier le plan de paix.

Ces sources ont été citées comme estimant qu’Israël accepterait des compromis sur l’initiative de paix si les Palestiniens se présentaient à la table des négociations, en échange d’une normalisation avec le monde arabe.

Netanyahu a déclaré qu’Israël n’étendra sa souveraineté à la vallée du Jourdain et à d’autres zones de la Cisjordanie qu’avec l’accord de Washington. L’administration américaine a demandé à l’État juif d’attendre qu’un comité spécialement nommé pour cartographier les zones à annexer termine ses travaux, ce qui pourrait prendre des mois.

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