Abbas va nommer un Premier ministre pour un nouveau gouvernement – responsable
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Abbas va nommer un Premier ministre pour un nouveau gouvernement – responsable

Hussein al-Sheikh a déclaré que la priorité sera de mettre au point "un plan d'urgence" pour contrer la récente décision israélienne de retenir les recettes fiscales palestiniennes

Rami Hamdallah, au centre, Premier ministre de l'Autorité palestinienne, pendant une réunion gouvernementale de réconciliation à Gaza Ville, le 3 octobre 2017. (Crédit: Mohammed Abed/AFP)
Rami Hamdallah, au centre, Premier ministre de l'Autorité palestinienne, pendant une réunion gouvernementale de réconciliation à Gaza Ville, le 3 octobre 2017. (Crédit: Mohammed Abed/AFP)

Le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas va nommer un Premier ministre dans les jours à venir pour diriger un nouveau gouvernement à Ramallah, a fait savoir Hussein al-Sheikh, un haut-responsable du Fatah et proche du leader palestinien jeudi.

Le Premier ministre Rami Hamdallah et ses ministres avaient remis leur démission le 29 janvier dernier.

Abbas a par la suite accepté ces démissions et les a chargés de continuer d’occuper leurs fonctions gouvernementales jusqu’à la formation du prochain gouvernement.

« Les consultations pour la formation d’un gouvernement palestinien sont en cours et ont fait d’importants progrès », a écrit Sheikh sur Twitter jeudi. « Le président Mahmoud Abbas nommera un Premier ministre pour un nouveau gouvernent dans les jours à venir. »

Azzam al-Ahmad, membre de la Commission centrale du Fatah, a déclaré le mois dernier que les Palestiniens avaient l’intention d’établir un nouveau gouvernement en réponse au refus du Hamas de rendre à l’Autorité palestinienne le contrôle de la bande de Gaza.

« Nous avons l’intention de former un nouveau gouvernement de factions rapidement face à l’incapacité du Hamas à endosser sa responsabilité nationale à replacer la bande de Gaza sous l’autorité de l’Autorité palestinienne légitime », avait alors déclaré Ahmad au Times of Israël.

Le groupe terroriste du Hamas s’est vivement opposé aux efforts de Ramallah à former un nouveau gouvernement. L’actuel avait été formé en 2014 avec le soutien du Fatah et du Hamas. Cependant, depuis sa création, Abbas a opéré au moins deux remaniements ministériels sans l’accord du Hamas.

Le porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoum, a mis en garde contre la création d’un « nouveau gouvernement séparatiste » qui servirait les intérêts d’Abbas et de son parti, le Fatah.

Durant les premières semaines de février, un groupe de responsables du Fatah, dont Ahmad, se sont entretenus avec plusieurs factions de l’OLP et d’autres indépendantes, au sujet de la formation d’un nouveau gouvernement.

Certaines factions s’étaient dites intéressées à former un nouveau gouvernement tandis que d’autres, notamment le Front démocratique pour la libération de la Palestine (FDLP) et le Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP) ne l’étaient pas. Le FPLP est désigné comme groupe terroriste par Israël, les Etats-Unis et l’Union européenne, entre autres.

En annonçant qu’ils ne participeront pas à la formation d’un nouveau gouvernement, le FDLP et le FPLP ont souligné qu’il était nécessaire de faire progresser la réconciliation entre le Fatah et le Hamas.

Le Fatah et le Hamas sont en conflit depuis 2007, depuis que le groupe terroriste a évincé de la bande de Gaza le Fatah, dominé par l’Autorité palestinienne.

Hussein al-Sheikh, proche de Mahmoud Abbas, a donne une interview à Palestine TV, a la chaîne officielle de l’Autorité palestinienne. (Crédit : capture d’écran Palestine TV)

Les deux partis rivaux ont signé de multiples accords de réconciliations pour rapprocher l’enclave côtière et la Cisjordanie sous un seul et même gouvernement, mais ils n’ont jamais été mis en œuvre.

Si Sheikh n’a pas mentionné le Hamas dans son tweet, il a déclaré que la priorité du gouvernement serait de mettre au point « un plan d’urgence » pour confronter la récente décision israélienne de retenir les revenus fiscaux palestiniens.

Le cabinet de sécurité israélien avait approuvé la retenue de la somme de 138 millions de dollars sur les recettes fiscales qu’Israël collecte pour le compte des Palestiniens, dans le cadre de l’application d’une législation adoptée l’année dernière, laquelle permet à l’Etat juif de défalquer des recettes fiscales reversées au gouvernement palestinien le montant versé par l’Autorité palestinienne aux terroristes palestiniens ou à leurs familles.

Israël perçoit les taxes chaque mois et les reverse au Trésor de l’Autorité palestinienne.

Abbas avait alors déclaré que les Palestiniens n’accepteraient aucun versement d’Israël si les recettes fiscales n’étaient pas reversées dans leur intégralité.

Cette initiative signifie que l’Autorité palestinienne pourrait renoncer à une importante part de ses revenus mensuels, ce qui pourrait entraîner son effondrement financier.

L’agence Reuters a rapporté les chiffres du ministère israélien des Finances et indiqué qu’Israël perçoit près de 700 millions de shekels de revenus fiscaux destinés à l’AP et en reverse 600 millions après déduction des frais d’électricité, d’eau, de traitement des déchets et des services de santé.

Avi Dichter, président de la Commission parlementaire de la Défense, a déclaré qu’Israël échelonnerait la retenue des 138 millions de dollars de revenus fiscaux sur 12 mois, soit moins de 7 % de retenue mensuelle.

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