Abbas au Qatar pour promouvoir des élections palestiniennes
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Abbas au Qatar pour promouvoir des élections palestiniennes

Doha est un intermédiaire déterminant entre le groupe terroriste de Gaza et Israël ; l'AP espérerait que le pays utilisera son influence pour que le Hamas accepte un scrutin

Le président de l'Autorité palestinienne rencontre l'émir du Qatar Tamim bin Hamad Al Thani, le 15 décembre 2020. (Crédit :  WAFA)
Le président de l'Autorité palestinienne rencontre l'émir du Qatar Tamim bin Hamad Al Thani, le 15 décembre 2020. (Crédit : WAFA)

Le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas a rencontré, lundi, le chef du Qatar, Sheikh Tamim bin Hamad al-Thani à Doha.

L’agence de presse officielle palestinienne WAFA a indiqué dans un communiqué que les leaders avaient évoqué « des questions d’intérêt mutuel » mais des informations ont laissé entendre qu’Abbas cherchait à obtenir du Qatar qu’il utilise son influence sur le groupe terroriste du Hamas, son rival, pour qu’il accepte l’organisation d’élections.

« Le président a salué le positionnement du Qatar en soutien des Palestiniens qui doivent regagner leurs pleins droits et dans leur intégralité », a dit le bureau d’Abbas dans un communiqué.

La visite d’Abbas au Qatar est le troisième déplacement du chef de l’AP depuis le début de la pandémie de coronavirus, au mois de mars. Abbas, qui est âgé – et qui est resté longtemps à Ramallah pour des inquiétudes liées à sa santé – s’est rendu au Caire et à Amman à la fin du mois de novembre.

Tamim a réaffirmé « le positionnement de son pays, qui soutient la cause palestinienne et les Palestiniens qui doivent pouvoir regagner leurs droits et établir leur État indépendant avec Jérusalem comme capitale », a expliqué le chef qatari, des propos rendus publics par WAFA.

Tamim a écrit sur Twitter qu’il avait « souligné l’importance de l’unité palestinienne ».

Cette visite survient également dans le cadre de la signature récente d’accords de normalisation conclus entre Israël et quatre nations arabes, des initiatives qui ont été rejetées par les Palestiniens avec amertume.

Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, rencontre l’émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al Thani, à Doha, le 21 août 2014. (Crédit : Thaer Ghanem/PPO/AFP)

Selon un reportage de la chaîne publique Kan, le Premier ministre palestinien est allé à Doha pour exercer des pressions sur le Hamas, pour obtenir du groupe terroriste qu’il accepte l’organisation du tout premier scrutin national palestinien en quatorze ans, sur la base des conditions du Fatah.

Le parti du Fatah, qui est dirigé par Abbas, et le Hamas sont à couteaux tirés depuis que le groupe terroriste a expulsé l’AP de Gaza en 2007. De nombreux efforts visant à réconcilier les deux parties ont échoué.

De hauts-responsables du Fatah ont ouvertement fait part de leur préférence pour des élections législatives qui seraient suivies par un scrutin présidentiel. Le Hamas, de son côté, veut que les deux élections aient lieu simultanément. Ce n’est pas la première fois qu’Abbas se rend au Qatar pour discuter de l’organisation d’un éventuel scrutin.

Le Qatar tient un rôle déterminant d’intermédiaire entre Israël, l’Autorité palestinienne et le Hamas.

Khaled Meshaal, pendant un rassemblement du Congrès national africain en l’honneur du Hamas au Cap, en Afrique du Sud, le 21 octobre 2015. (Crédit : Rodger Bosch/AFP)

Il a accueilli des leaders du Hamas dans la capitale. L’ancien chef politique du groupe terroriste, Khaled Meshaal, s’est établi à Doha en 2012 après avoir fui la guerre civile naissante en Syrie.

Mais le gouvernement qatari cultive aussi des liens avec le gouvernement israélien et Doha aurait joué le rôle de médiateur lors de la conclusion de cessez-le-feu à court-terme entre l’Etat juif et le Hamas, à plusieurs occasions. Le Qatar est aussi responsable de l’envoi d’aide humanitaire à hauteur de dizaines de millions de dollars dans la bande.

De (très) nombreuses tentatives visant à mettre un terme à la querelle entre le Fatah, basé en Cisjordanie, et le Hamas, dont le siège est à Gaza, ont été vaines. La plus grande partie des observateurs considèrent la possibilité de la réconciliation – et les élections nationales palestiniennes qui en découleraient – comme improbables actuellement.

Plusieurs rounds de négociations portant sur l’unité palestinienne, cet été – entraînés par un plan israélien qui prévoyait l’annexion de certains pans de la Cisjordanie – se seraient bien passés, les deux parties s’engageant à organiser des élections nationales palestiniennes « dans les six prochains mois ».

Mais les pourparlers se sont interrompus au mois de novembre quand Ramallah a indiqué restaurer les liens avec Israël après la victoire de Joe Biden lors des élections à la Maison Blanche. Ce changement de politique a été annoncé alors que le secrétaire-général du Fatah, Jibril Rajoub, prenait part à des discussions avec le Hamas au Caire, ce qui avait empiré les choses.

Abbas a été accompagné lors de son voyage à Doha, cette semaine, par le ministre de l’AP Hussein al-Sheikh, le responsable des renseignements Majed Faraj, et le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne Riyad al-Maliki. Le quatuor a atterri dimanche soir à Doha avant de retourner en Cisjordanie, lundi.

Le Qatar a aussi ses propres luttes à mener. Cela fait trois ans qu’il se bat avec ses voisins – en particulier avec les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite – qui lui ont imposé un blocus et qui ont cherché à l’isoler sur la scène internationale.

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