Abrini : la zone d’enregistrement du vol pour Tel Aviv était visée
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Abrini : la zone d’enregistrement du vol pour Tel Aviv était visée

Mohamed Abrini, “l’homme au chapeau” des attentats de Bruxelles, dit que les terroristes visaient aussi les vols vers les Etats-Unis et la Russie

Mohamed Abrini, suspect dans les attentats de Paris, à gauche sur une photo prise par la police belge, a avoué être le "troisième homme" de l'aéroport de Bruxelles, filmé  avec les deux hommes qui se sont fait exploser, le 22 mars 2016.  (Crédit : police fédérale belge/STR/AFP et Twitter)
Mohamed Abrini, suspect dans les attentats de Paris, à gauche sur une photo prise par la police belge, a avoué être le "troisième homme" de l'aéroport de Bruxelles, filmé avec les deux hommes qui se sont fait exploser, le 22 mars 2016. (Crédit : police fédérale belge/STR/AFP et Twitter)

Mohamed Abrini, qui a avoué qu’il était « l’homme au chapeau » filmé par les caméras de sécurité avant les explosions à l’aéroport de Bruxelles, a déclaré que les cibles initiales des attaques mortelles étaient les zones de départ des vols pour Tel Aviv, les Etats-Unis et la Russie.

Le suspect, qui avait fui l’aéroport, a cherché à diminuer son rôle dans les attentats, déclarant au juge qu’il « n’aurait jamais fait de mal à une mouche » et qu’il ne s’était jamais rendu en Syrie, a annoncé jeudi BFM TV.

Il a déclaré au tribunal qu’Ibrahim el Bakraoui, terroriste de l’aéroport, avait sélectionné les zones d’enregistrement pour les vols vers l’Etat juif, les Etats-Unis et la Russie comme cibles.

Les deux bombes ont explosé aux comptoirs d’enregistrement 2 et 11 de l’aéroport Zaventem, à environ neuf secondes d’écart.

Les enquêteurs n’ont pas encore annoncé quelles compagnies aériennes étaient ciblées par l’attentat. Les premières informations annonçaient que les terroristes s’étaient fait exploser près d’un comptoir d’American Airlines, mais la compagnie aérienne a très vite démenti. Le représentant de Californie Devin Nunes, l’élu le plus haut placé de la commission de renseignements de la Chambre des représentants des Etats-Unis, avait déclaré le 23 mars que des compagnies aériennes américaines avaient pu être ciblées.

Le troisième suspect des explosions de l'aéroport de Bruxelles le 22 mars 2016 est vu quittant la scène. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Le troisième suspect des explosions de l’aéroport de Bruxelles le 22 mars 2016 est vu quittant la scène. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Abrini est un criminel qui a grandi avec Salah Abdeslam, suspect des attentats de Paris, dans la commune troublée de Molenbeek, en Belgique.

Déjà la cible d’une chasse à l’homme après les attentats terroristes de novembre à Paris, il a aussi été lié aux attentats du mois dernier à Bruxelles, notamment via ses empreintes digitales, retrouvées dans l’appartement où résidaient les deux kamikazes de l’aéroport avant le 22 mars.

Cet attentat et une autre explosion dans une station de métro de Bruxelles, une heure après, ont tué 32 personnes et en ont blessé plus d’une centaine d’autres.

Abrini a été arrêté vendredi dans la commune d’Anderlecht, à Bruxelles, et, selon le procureur, a déclaré qu’il était le mystérieux « homme au chapeau » filmé par la caméra de surveillance à côté des deux kamikazes de l’aéroport.

« Il a avoué sa présence sur la scène de crime », avait déclaré samedi le bureau du procureur fédéral dans un communiqué, ajoutant qu’il avait aussi « expliqué avoir jeté sa veste dans une poubelle et avoir vendu son chapeau ».

Capture d'écran des vidéos de surveillance de l'aéroport de Bruxelles, le 22 mars 2016, montrant les trois suspects des attentats. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Capture d’écran des vidéos de surveillance de l’aéroport de Bruxelles, le 22 mars 2016, montrant les trois suspects des attentats. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Mais même avant les attentats de Bruxelles, Abrini, 31 ans, était recherché pour son rôle présumé dans les attentats du 13 novembre à Paris, qui ont tué 130 personnes.

Le Belge d’origine marocaine avait été vu dans une station essence au nord de Paris, deux jours avant les attaques, avec le suspect principal, Abdeslam, qui conduisait l’un des véhicules utilisés pendant les attentats.

Les autorités belges ont accusé Abrini de « participation dans des activités d’un groupe terroriste et meurtres terroristes » pour les massacres de la capitale française.

Pendant l’investigation, il est apparu qu’Abrini avait un long historique de vols et de possession de drogue, son frère confirmant qu’il avait fait des cures en prison.

« ‘Brioche’ [Abrini] est quelqu’un qui aime beaucoup l’argent et qui a eu beaucoup d’argent. En fait, il était connu pour avoir gagné 200 000 euros lui-même. C’était un voleur », a déclaré aux enquêteurs belges Ali Oulkadi, un autre suspect.

« Il ne parlait jamais de religion ou quelque chose comme ça. »

Identifié comme islamiste radical par les enquêteurs belges, Abrini se serait brièvement rendu en Syrie l’année dernière, et son petit frère, Suleiman, 20 ans, y est mort.

Salah Abdeslam, soupçonné d'être impliqué dans les attaques terroristes du 13 novembre 2015 à Paris avec son ami Hamza Attou filmé à 09h45 le 14 novembre à la frontière France-Belgique (Crédit : Capture d'écran BFMTV)
Salah Abdeslam, soupçonné d’être impliqué dans les attaques terroristes du 13 novembre 2015 à Paris avec son ami Hamza Attou filmé à 09h45 le 14 novembre à la frontière France-Belgique (Crédit : Capture d’écran BFMTV)

Il était connu des services de sécurité pour appartenir à la même cellule qu’Abdelhamid Abaaoud, l’un des organisateurs des attentats de Paris et l’un des hommes armés ayant ouvert le feu dans des bars, des restaurants et au Bataclan, une salle de concert mythique de la capitale française.

Abrini et Abdeslam, qui a été arrêté près du domicile de ses parents, à Molenbeek, après une traque de quatre mois, ont grandi ensemble dans le quartier et étaient amis depuis l’adolescence, où ils étaient voisins.

Les procureurs belges ont déclaré après l’arrestation d’Abrini que lui et Abdeslam avaient aussi loué un appartement dans la banlieue de Paris utilisé par les terroristes du 13 novembre avant leur massacre.

La Renault Clio noire que le duo conduisait a ensuite été utilisée pour transporter les trois terroristes kamikazes du Stade de France. Les enquêteurs pensent qu’Abrini a accompagné Abdeslam et son frère Brahim, un autre terroriste, pendant deux autres voyages entre Bruxelles et Paris.

Interrogée par l’AFP en novembre, la famille d’Abrini avait juré que le soir du bain de sang de Paris, il était à Molenbeek, la commune difficile et peuplée de beaucoup d’immigrants qui a gagné la réputation de paradis des djihadistes radicaux.

Sa mère avait déclaré qu’il n’avait jamais parlé d’aller en Syrie ou mentionné l’Etat islamique. « Ils disent qu’il est dangereux, qu’il est armé… Cela me rend malade », avait-elle dit.

Ses voyages répétés entre Paris et Bruxelles ont cependant suggéré qu’il a joué un rôle au moins logistique dans le réseau des terroristes de l’Etat islamique responsables de deux des pires attentats sur le sol européen ces dernières années.

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