Accord sur le nucléaire iranien : Le monde a besoin d’un « Plan B », dit Gantz
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Accord sur le nucléaire iranien : Le monde a besoin d’un « Plan B », dit Gantz

Lors d'un briefing avec des diplomates étrangers, le ministre de la Défense a noté que les leaders iraniens avaient approuvé l'attaque meurtrière d'un pétrolier lié à Israël

Le ministre de la Défense Benny Gantz s'adresse à des diplomates étrangers lors d'un point-presse, le 25 août 2021. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense)
Le ministre de la Défense Benny Gantz s'adresse à des diplomates étrangers lors d'un point-presse, le 25 août 2021. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense)

Le ministre de la Défense Benny Gantz a annoncé mercredi que le monde devait trouver un « Plan B » pour empêcher l’Iran d’acquérir l’arme atomique alors même que les perspectives de remise en place de l’accord sur le nucléaire signé en 2015 s’éloignent.

« L’Iran, dans deux mois, aura acquis les matériaux nécessaires pour fabriquer une arme nucléaire », a dit Gantz à soixante diplomates et envoyés étrangers au cours d’une conférence de presse.

Selon les évaluation israéliennes, il faudra encore plusieurs mois supplémentaires pour que l’Iran réalise ensuite les avancées nécessaires qui permettront la production d’une arme atomique – avec la construction d’un noyau atomique, l’installation du dispositif dans un missile balistique et les tests de rigueur.

« Nous ne savons pas si le régime iranien voudra signer un accord et revenir à la table des négociations et la communauté internationale doit construire un ‘Plan B’ viable afin de stopper l’Iran dans sa marche vers l’arme nucléaire », a-t-il continué.

Le ministre de la Défense a ajouté que « tous les actes agressifs de l’Iran, jusqu’à présent, ont été réalisés sans capacités nucléaires. Imaginez ce qu’il va arriver si l’Iran se dote de ces capacités ».

« L’Iran a l’intention de détruire Israël et la république islamique œuvre à développer des moyens d’atteindre son objectif », a-t-il indiqué. « Israël a les moyens d’agir et nous n’hésiterons pas à le faire. Je n’exclus pas pour ma part la possibilité qu’Israël doive passer à l’action, à l’avenir, pour empêcher un Iran nucléaire ».

Le ministre de la Défense Benny Gantz s’adresse aux diplomates étrangers lors d’un point-presse, le 25 août 2021. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense)

L’ancien président des États-Unis, Donald Trump, avait quitté l’accord sur le nucléaire en 2018 et réimposé des sanctions qui avaient frappé durement l’économie iranienne, qui dépend du pétrole. La république islamique a riposté en s’éloignant de ses engagements pris dans le cadre du pacte – notamment concernant ses activités d’enrichissement de l’uranium, qui ont atteint un niveau sans précédent.

Des pourparlers avaient débuté au mois d’avril, à Vienne, pour tenter de trouver un moyen de réintégrer les États-Unis et la république islamique dans l’accord. Les dernières négociations se sont achevées le 20 juin et aucune date n’a été fixée pour leur reprise. C’est l’Union européenne qui chapeaute les discussions.

Le président américain Joe Biden, successeur de Trump, a indiqué être prêt à réintégrer l’accord sur le nucléaire et il s’est engagé dans des pourparlers indirects avec le régime de Téhéran, en plus de discussions officielles avec les autres signataires de l’accord – la Grande-Bretagne, la Chine, la France, l’Allemagne et la Russie.

Toutefois, l’arrivée au pouvoir du nouveau président iranien, Ebrahim Raissi, ainsi que les écarts de plus en plus grands de l’Iran face à ses engagements, font douter l’Occident de la possibilité de redonner vie à l’accord moribond.

Cela fait longtemps qu’Israël s’oppose à l’accord sur le nucléaire et aux intentions de Biden de réintégrer le traité. Mercredi, le Premier ministre Naftali Bennett a atterri aux États-Unis à l’occasion de sa première visite officielle à l’étranger dans le cadre de son mandat. L’Iran serait en tête de l’ordre du jour lors de sa rencontre prévue avec Biden, jeudi.

Bennett a dénoncé la possibilité d’un nouvel accord sur le nucléaire entre la république islamique et les grandes puissances, et il a expliqué que tout arrangement devrait également freiner les agressions iraniennes dans la région.

Le Premier ministre Naftali Bennett embarque pour Washington, le 24 août 2021. (Crédit : Avi Ohayon/GPO)

Dans un communiqué qui a été diffusé par le bureau du Premier ministre avant son départ, Bennett a annoncé que le sujet prioritaire qui serait abordé lors de son entretien avec Biden serait l’Iran – « en particulier le bond en avant réalisé pendant les deux ou trois dernières années dans le programme nucléaire ».

Gantz, lors de sa conférence de presse, a aussi dit aux diplomates que l’attaque meurtrière au drone qui a pris pour cible, le mois dernier, le pétrolier Mercer Street avait été lancée depuis le territoire iranien.

Le drone-suicide qui a frappé ce pétrolier, exploité par une entreprise appartenant à un Israélien, au large de la côte d’Oman, avait fait deux morts : Un citoyen britannique et un ressortissant roumain qui se trouvaient à bord.

Le G7 — formé des États-Unis, de la Grande-Bretagne, du Canada, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et du Japon – ont attribué l’attaque à l’Iran, qui nie toute implication.

Des remorqueurs sont amarrés à côté du pétrolier MT Mercer Street géré par Israël, au large du port de Fujayrah, aux Émirats arabes unis, le 3 août 2021. (Crédit : Karim Sahib/AFP)

« Nous avons évalué que le drone qui a été utilisé lors de l’attaque du Mercer Street a été lancé depuis le territoire iranien et que l’attaque a été approuvée par les dirigeants du pays », a continué Gantz.

« Ce qui démontre que l’Iran est un défi pour le monde entier », a-t-il poursuivi, faisant remarquer que Téhéran perturbait le commerce international avec ses agressions maritimes.

L’équipe du Times of Israel staff et l’AFP ont contribué à cet article.

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