Accusations de refoulements: Le chef de Frontex se défend devant les eurodéputés
Rechercher

Accusations de refoulements: Le chef de Frontex se défend devant les eurodéputés

Frontex, qui a déployé quelque 600 agents pour aider les garde-côtes grecs, a ouvert une enquête interne sur ces accusations de refoulements illégaux lancées par les ONG

Illustration : Des migrants et des réfugiés arrivent en dériveur sur l'île grecque de Lesbos, après avoir traversé la mer Egée depuis la Turquie, le 14 octobre 2015. (AFP Photo / Dimitar Dilkoff)
Illustration : Des migrants et des réfugiés arrivent en dériveur sur l'île grecque de Lesbos, après avoir traversé la mer Egée depuis la Turquie, le 14 octobre 2015. (AFP Photo / Dimitar Dilkoff)

Le directeur exécutif de Frontex, Fabrice Leggeri, a affirmé mardi devant les eurodéputés qu’il n’y avait « pas de preuve de la participation » du personnel de l’agence européenne de surveillance des frontières dans des refoulements illégaux de migrants de la Grèce vers la Turquie.

L’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes a été pointée du doigt en octobre dans une enquête de plusieurs médias, dont le magazine allemand Spiegel, qui l’accuse d’être impliquée dans des incidents de refoulement de bateaux de demandeurs d’asile par les garde-côtes grecs.

Athènes a toujours rejeté les accusations de refoulements illégaux à ses frontières régulièrement lancées par les ONG. Frontex, qui a déployé quelque 600 agents pour aider les garde-côtes grecs, a ouvert une enquête interne sur ces allégations.

« Nous n’avons pas trouvé de preuve d’une participation active, directe ou indirecte, de la part du personnel de Frontex ou d’agents déployés par Frontex dans des refoulements », a déclaré le directeur exécutif de l’agence, mis sur le gril par les eurodéputés de la Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures, dont certains ont réclamé sa démission.

Le Français, qui s’exprimait par lien vidéo, a souligné à plusieurs reprises que les autorités grecques étaient responsables du commandement de ces opérations. Il a indiqué leur avoir signalé et demandé d’enquêter sur deux « situations » en avril et juillet dans lesquelles Frontex soupçonnait des violations des droits fondamentaux.

Il a également évoqué la situation « compliquée » en Méditerranée orientale en raison des conflits frontaliers entre la Grèce et la Turquie.

Le responsable a « salué » l’enquête récemment ouverte par la médiatrice de l’UE Emily O’Reilly sur l’action de Frontex face à ces accusations, ainsi que sur le rôle et l’indépendance de « l’officier aux droits fondamentaux » de l’agence.

Fabrice Leggeri, qui a reconnu des « carences », a notamment indiqué avoir proposé que l’Agence des droits fondamentaux de l’UE déploie du personnel pour surveiller l’action de Frontex.

Si certains eurodéputés, à droite, lui ont apporté leur soutien, soulignant la difficulté de la tâche et l’importance de lutter contre les passeurs, d’autres ont regretté la répétition de ce type d’incidents et réclamé une réponse plus ferme de la part de Frontex.

« Même après l’échange actuel, trop de questions restent sans réponse », a déclaré l’eurodéputée socialiste allemande Birgit Sippel. « Il est clair que le directeur exécutif a failli à nombre de ses responsabilités et qu’il devrait démissionner en conséquence. »

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...