Adel Kermiche, 19 ans, né en Normandie et terroriste
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Adel Kermiche, 19 ans, né en Normandie et terroriste

La famille avait signalé sa radicalisation ; Il portait un bracelet électronique et avait été inculpé en mars et mai 2016 pour avoir tenté de se rendre en Syrie à deux reprises

Deux femmes près des fleurs et des messages affichés en face de la mairie de la ville normande de Saint-Etienne du Rouvray, en hommage au prêtre tué dans l'église de la ville, une attaque revendiquée par le groupe djihadiste de l'Etat islamique, le 26 juillet 2016. (Crédit : AFP/ CHARLY TRIBALLEAU)
Deux femmes près des fleurs et des messages affichés en face de la mairie de la ville normande de Saint-Etienne du Rouvray, en hommage au prêtre tué dans l'église de la ville, une attaque revendiquée par le groupe djihadiste de l'Etat islamique, le 26 juillet 2016. (Crédit : AFP/ CHARLY TRIBALLEAU)

A peine majeur, souffrant de troubles du comportement, et obsédé par la Syrie qu’il avait tenté de rejoindre deux fois : le Français Adel Kermiche, l’un des tueurs de l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray, était à 19 ans, selon divers témoignages, une véritable « bombe à retardement ».

Né le 25 mars 1997 en Normandie, région du nord-ouest de la France où a eu lieu l’attaque, Kermiche est issu d’une famille nombreuse sans histoire, selon ses voisins et proches.

Celle-ci avait d’ailleurs signalé sa radicalisation et s’inquiétait de la pente suivie par le jeune homme, selon un représentant musulman de la ville.

Car son parcours est heurté. Selon le quotidien français Le Monde, il a été suivi psychologiquement dès l’âge de six ans et a effectué durant son adolescence plusieurs séjours en hôpital, dont 15 jours dans une unité psychiatrique.

Décrit comme un « enfant hyperactif », puis exclu à 12 ans du collège pour « troubles du comportement », Kermiche était une véritable « bombe à retardement », selon le témoignage d’un jeune du quartier cité par le quotidien Le Parisien.

« Il parlait d’islam, qu’il allait faire des trucs comme ça. Il m’a dit ‘je vais aller faire une église’ il y a deux mois. Je l’ai pas cru, il disait beaucoup de choses », a raconté un adolescent du quartier sur la radio RTL, estimant que Kermiche s’était fait « retourner le cerveau ».

Obsession syrienne

Kermiche habitait chez ses parents dans une petite maison située à moins de deux kilomètres de l’église où, avec un autre assaillant encore non identifié, il a pris en otages six personnes lors d’une messe, tué le prêtre qui officiait et blessé grièvement un paroissien. Il a ensuite été abattu avec son complice par la police.

Au moment des faits, le jeune homme portait un bracelet électronique permettant à la justice de le localiser en permanence. Car, s’il n’avait aucune condamnation à son actif, Kermiche était connu des services anti-terroristes depuis 2015 et avait été inculpé en mars et mai 2016 pour avoir tenté de se rendre en Syrie à deux reprises.

« On ne le supportait plus. Il ne parlait que de Syrie, et de son rêve de tuer des soldats de Bachar » al-Assad, raconte le même jeune cité dans Le Parisien.

Après sa première tentative de départ, en mars 2015 – il avait alors été arrêté en Allemagne et remis à la France -, le jeune homme « était revenu dans le quartier et s’est vanté », a déclaré à l’AFP un voisin, Mohamed. « Tout le monde le connaissait dans la ville, on savait qu’il voulait y retourner », a-t-il ajouté.

Il retentera un mois et demi plus tard, et sera arrêté en Turquie. Remis à la France, il est alors inculpé d’association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste et placé en détention provisoire, avant d’être assigné à résidence avec un bracelet électronique.

Soumis à diverses obligations, Kermiche avait le droit de sortir de 08H30 à 12H30 du lundi au vendredi, de 14H00 à 18H00 les week-end, a indiqué mardi le procureur de Paris François Molins. Sa sanglante et ultime équipée s’est donc produite pendant ses heures de sortie.

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