Israël en guerre - Jour 195

Rechercher

ADL : Le parti écologiste, nouvel épicentre de l’antisémitisme politique en GB

Des responsables sont accusés d'antisémitisme depuis des années. Le directeur de l'ADL se réjouit "qu'être antisémite se paye désormais"

Les co-leaders du Parti écologiste, Carla Denyer, à gauche, et Adrian Ramsay, au centre, aux côtés de leur adjoint, Zack Polanski, lors de la conférence du parti à Harrogate, en Angleterre, le 30 septembre 2022. (Crédit : Ian Forsyth/Getty Images via la JTA)
Les co-leaders du Parti écologiste, Carla Denyer, à gauche, et Adrian Ramsay, au centre, aux côtés de leur adjoint, Zack Polanski, lors de la conférence du parti à Harrogate, en Angleterre, le 30 septembre 2022. (Crédit : Ian Forsyth/Getty Images via la JTA)

LONDRES (JTA) — Le chef de l’Anti-Defamation League (ADL) a félicité le Parti travailliste britannique pour sa lutte contre l’antisémitisme en son sein, mettant en garde contre le risque que les répudiés ne se retrouvent sous d’autres couleurs, comme par exemple le Parti écologiste.

Jonathan Greenblatt, qui s’est récemment rendu en Grande-Bretagne pour s’adresser au Groupe parlementaire multipartite sur l’antisémitisme, a fait savoir dans une interview qu’ « être antisémite se payait désormais au prix fort en politique britannique ». Il a applaudi le chef du parti, Keir Starmer, qui, depuis qu’il a succédé à Jeremy Corbyn en 2020, a fait en sorte de retrouver la confiance des électeurs juifs après des années de scandales antisémites qui ont fini par emporter Corbyn.

Greenblatt n’est pas le premier à montrer du doigt le Parti écologiste comme prochain épicentre possible de l’antisémitisme dans le milieu politique britannique.

Plusieurs responsables du parti ont été soupçonnés d’antisémitisme, ces dernières années. En mars, le mouvement travailliste juif a écrit aux codirigeants du parti pour exprimer son inquiétude au sujet d’un conseiller du Parti à Norwich, accusé d’avoir publié des contenus qui « véhiculent et encouragent les tropes antisémites ».

Le mois dernier, le principal organe représentatif des membres juifs du parti a promu à un poste important une conseillère expulsée du Parti travailliste pour son soutien à un groupe qui niait et minimisait les accusations d’antisémitisme.

Zack Polanski, qui est juif et directeur adjoint du parti, a réagi au courrier du mouvement travailliste juif en affirmant n’avoir eu « aucun problème d’antisémitisme » au sein du Parti écologiste. « Je juge les gens sur leurs actes et leurs paroles, actuelles et futures. Je ne perds pas de temps à entretenir des haines recuites ou livrer des batailles internes au sein d’autres partis, » avait-il ajouté.

Polanski, qui a grandi dans le nord de l’Angleterre et est actuellement membre de l’Assemblée de Londres, est le premier directeur adjoint juif du Parti écologiste. Né Paulden, il a décidé, à l’âge de 18 ans, de prendre le véritable nom de sa famille, modifié à leur arrivée en Grande-Bretagne.

Le directeur de l’Anti-Defamation League, Jonathan Greenblatt, s’exprime lors du Sommet national du leadership 2018 du groupe à Washington, D.C. (Crédit : Michael Brochstein/SOPA Images/LightRocket via Getty Images/JTA).

Sous Corbyn, figure bien connue de l’extrême-gauche, les politiciens juifs du Parti travailliste avaient fait face à une vague d’antisémitisme en ligne, qui en avait conduit un certain nombre au départ.

Très critiqué pour ne pas avoir compris correctement le problème, Corbyn a été suspendu ces dernières années et tenu à distance du parti.

« Il n’est plus possible, même pour les marginaux, d’exprimer ce genre de sentiments », a déclaré Greenblatt. « C’est une grande victoire. »

Greenblatt s’interroge toutefois sur l’efficacité du travail fait pour « démanteler les idées » qui ont contribué à l’antisémitisme.

« On peut se débarrasser des gens, les pensées sont plus difficiles à déloger », a-t-il ajouté.

En 2021, le Parti écologiste a adopté la définition de l’antisémitisme donnée par l’Autorité internationale pour la mémoire de la Shoah et la Déclaration de Jérusalem, créée pour répondre aux questions soulevées par la définition de l’IHRA, et notamment ce que certains qualifient de confiscation de la liberté d’expression sur la question du conflit israélo-palestinien.

« Tous ces gens qui nourrissent des opinions antisémites n’ont pas disparu des radars, ils ont simplement été mis à la porte », explique Greenblatt. « La question est de savoir où ils sont et comment ils pourraient revenir et se rassembler, sous une autre bannière. »

L’ancien chef du parti travailliste britannique Jeremy Corbyn s’adresse aux médias au sujet du coronavirus, devant l’agence pour l’emploi de Finsbury Park, dans le nord de Londres, le 15 mars 2020. (Crédit : Hollie Adams/PA via AP)

Greenblatt a dit vouloir s’entretenir avec Starmer lors de son prochain déplacement en Grande-Bretagne, cet automne. Cette fois, lors de son rapide passage à Londres, il a rendu visite à des groupes communautaires juifs et s’est entretenu avec l’ex-Premier ministre Tony Blair ainsi qu’avec John Mann, conseiller du gouvernement sur les questions d’antisémitisme.

Cette visite en Europe fait écho à la publication de l’ADL Global 100 qui, sur la base d’une enquête menée dans 10 pays européens, a révélé que les Britanniques présentaient le deuxième taux le plus bas d’attitudes antisémites en Europe, après les Pays-Bas.

Selon cette même enquête, près de 34 % des Britanniques estiment que les Juifs sont plus loyaux envers Israël qu’envers le Royaume-Uni, pourcentage le plus bas de toute l’Europe.

Greenblatt en a conclu que, par rapport au reste du continent, « les choses semblaient prendre une meilleure tournure ici ».

« L’extrême droite n’a rien à voir avec celle que nous voyons en France, en Allemagne et dans une grande partie de l’Europe centrale et orientale, comme en Amérique », a confié Greenblatt, ajoutant que la Grande-Bretagne avait intégré sa communauté juive à un niveau notable.

« Je pense que les gens sentent qu’ils peuvent être britanniques et juifs, que ces identités ne sont en rien contradictoires et qu’il est possible d’être les deux, avec fierté, sans avoir à se cacher. »

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.