Affaire 4000 : Mandelblit pourrait revoir l’inculpation pour pots-de-vin
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Affaire 4000 : Mandelblit pourrait revoir l’inculpation pour pots-de-vin

Le procureur-général douterait encore de l'inclusion de ce chef d'accusation grave dans l'annonce de sa décision concernant les affaires de corruption du Premier ministre

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le procureur général Avichai Mandelblit lors d'une réunion du gouvernement en juillet 2015, quand Mandelblit était secrétaire du cabinet. (Crédit : Emil Salman/POOL)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le procureur général Avichai Mandelblit lors d'une réunion du gouvernement en juillet 2015, quand Mandelblit était secrétaire du cabinet. (Crédit : Emil Salman/POOL)

Le procureur-général Avichai Mandelblit réfléchirait encore à inculper le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour pots-de-vin dans la plus grave des trois affaires de corruption impliquant ce dernier.

Dans ce dossier, connu sous le nom d’Affaire 4000, le Premier ministre est soupçonné d’avoir fait avancer des régulations au bénéfice de l’actionnaire majoritaire de Bezeq, Shaul Elovitch, en échange d’une couverture positive du site d’information Walla, appartenant à Bezeq. Il est considéré comme le plus grave contre le Premier ministre, dans lequel ce dernier pourrait devoir répondre de pots-de-vin, de fraude et d’abus de confiance.

Même si l’inculpation pour pots-de-vin est inclue dans l’annonce de la décision de Mandelblit, qui devrait avoir lieu au début de la semaine prochaine, elle devrait être révisée à la baisse, a fait savoir mardi la Douzième chaîne, citant une source proche du procureur d’Etat.

Le reportage a laissé entendre que Mandelblit n’avait pas encore pris de décision – ou tout du moins, qu’il n’en avait pas fait part à son personnel. La chaîne a estimé que, dans n’importe quel cas, il y aurait une différence – et peut-être même significative – entre les allégations présentées dans le document de 57 pages que Mandelblit avait publié au mois de février et l’éventuel acte final.

La charge de pots-de-vin « sera revue à la baisse et elle va être soumise à un ‘régime’, peut-être même significatif », a indiqué le journaliste Guy Peleg.

De manière plus spécifique, a-t-il ajouté, l’inculpation pour pots-de-vin ne se concentrera que sur la décision régulatoire portant sur l’approbation d’un accord de fusion entre Bezeq et le fournisseur par satellite Yes. Les autres décisions qui, jusqu’à présent, étaient considérées comme entrant dans le cadre de l’accord de corruption présumé seront exclues.

Des informations transmises lundi par Walla ont fait savoir que la police avait terminé son réexamen des preuves problématiques dans le dossier et que ses conclusions avaient été envoyées à Mandelblit.

Une source impliquée dans l’affaire aurait dit que la police n’avait pas fait de nouvelles enquêtes mais qu’elle aurait revu les éléments existants et rassemblés pendant les investigations.

Les documents du dossier avaient été rouverts suite aux demandes formulées par les avocats de Netanyahu pendant l’audience de pré-inculpation, le mois dernier, liée à l’Affaire 4000.

Selon un reportage diffusé dimanche par Kan, Mandelblit a étudié les correspondances échangées entre les aides du Premier ministre et le propriétaire et directeur-général du site Walla. Il s’est également penché sur les Unes publiées sur le site, dans le passé.

Une image composite du Premier ministre Benjamin Netanyahu (D) et de l’actionnaire majoritaire de Bezeq Shaul Elovitch. (Flash90 / Ohad Zwigenberg / POOL)

Les avocats de Netanyahu ont clamé qu’il n’y avait aucun lien entre les correspondances et les gros titres figurants sur Walla.

Le réexamen des éléments a été qualifié par Kan et par la Douzième chaîne comme étant extrêmement rare à ce stade final de l’enquête.

Les éventuelles inculpations contre Netanyahu devraient être annoncées dimanche ou lundi prochain.

Mandelblit avait servi au sein du secrétariat du cabinet de Netanyahu et avait été nommé par ce dernier au poste de procureur-général en 2016.

Dans un projet d’accusation publié en février, Mandelblit avait présenté des accusations de corruption, de fraude et d’abus de confiance à l’encontre du Premier ministre dans l’affaire 4000, ainsi que de fraude et d’abus de confiance dans deux autres affaires, doublées par les affaires policières 1000 et 2000.

Photo d’illustration : Manifestations à proximité du domicile du procureur-général Avichai Mandelblit à Petah Tikva le 17 août 2019. (Crédit : Roy Alima/Flash90)

Dans l’affaire 1000, Netanyahu est soupçonné d’avoir reçu illicitement des cadeaux tels que du champagne, des cigares et des bijoux d’une valeur d’environ 700 000 shekels de la part des bienfaiteurs milliardaires Arnon Milchan et James Packern, et a prétendument rendu la pareille dans le cas de Milchan avec diverses formes d’aide.

Dans l’Affaire 2000, Netanyahu aurait discuté avec Arnon Mozes, éditeur du journal Yedioth Ahronoth, d’un accord dans lequel le Premier ministre aurait agi pour empêcher la diffusion d’un quotidien rival pro-Netanyahu en échange de la couverture plus favorable de Yedioth.

Au mois d’octobre, les procureurs et les avocats de Netanyahu se sont rencontrés lors de plusieurs journées d’audience, lors de laquelle l’équipe de la défense du Premier ministre a tenté de réfuter les accusations lancées à son encontre.

Le procureur général Avichai Mandelblit (à droite) arrive au ministère de la Justice à Jérusalem pour l’audience sur les affaires de corruption du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le 7 octobre 2019. (Flash90)

Netanyahu, qui nie tout acte répréhensible, clame être la victime d’une chasse aux sorcières menée par les médias, la gauche, la police et le ministère public, dans le but de l’évincer du pouvoir.

Ces déboires judiciaires surviennent alors que Netanyahu lutte pour sa survie politique après qu’un second cycle électoral – un fait sans précédent en Israël – a échoué à lui offrir une victoire claire. Au cours du scrutin du mois de septembre, ni Netanyahu, ni son principal adversaire, Benny Gantz, ne sont parvenus à avoir la majorité parlementaire nécessaire pour former un gouvernement.

Les deux hommes ont fait part de leur soutien à un gouvernement d’unité mais ne parviennent pas à s’entendre sur la personnalité qui serait à sa tête ou sur les partis plus modestes qui seraient susceptibles de l’intégrer. Gantz s’efforce de former une coalition ; son mandat pour ce faire expirera mercredi soir.

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