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Affaire des sous-marins: malgré la demande de l’Etat, les audiences seront publiques

Une commission de la Knesset a rejeté la demande de confidentialité du gouvernement, mais permet la tenue de certaines discussions spécifiques à huis clos

Des militants demandent l’ouverture d’une commission d’enquête sur l’affaire des sous-marins, devant le bureau du Premier ministre à Jérusalem le 23 janvier 2022. (Olivier Fitoussi/Flash90)
Des militants demandent l’ouverture d’une commission d’enquête sur l’affaire des sous-marins, devant le bureau du Premier ministre à Jérusalem le 23 janvier 2022. (Olivier Fitoussi/Flash90)

La plupart des audiences organisées dans le cadre de la commission d’enquête de l’État sur la présumée « affaire des sous-marins » seront ouvertes au public, a décidé mardi, à l’unanimité, la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset.

Les auditions concernant les aspects opérationnels de l’affaire, ainsi que les questions relatives à la vente de sous-marins allemands à des tiers, se tiendront à huis clos. Les comptes-rendus des discussions seront rendus publics ultérieurement, a précisé la commission.

La commission des affaires étrangères et de la défense de la Knesset a rejeté, dans sa décision, la demande du gouvernement de conserver à l’ensemble des procédures un caractère confidentiel.

La commission d’enquête de l’État, approuvée par le gouvernement en janvier, sera composée de cinq personnes qualifiées et dirigée par l’ex président de la Cour suprême, Asher Grunis.

Elle devra examiner un accord opaque, d’un montant de 2 milliards de dollars, portant sur l’achat de sous-marins au constructeur naval allemand Thyssenkrupp. Plus précisément, la commission tentera d’évaluer les procédures de sélection et le processus décisionnel employés par l’échelon politique en matière d’acquisitions sensibles, sous le gouvernement de l’ancien Premier ministre, Benjamin Netanyahu.

Le ministre de la Défense Benny Gantz et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid n’ont eu de cesse d’appeler publiquement à la constitution d’une commission d’enquête de l’État à propos de ce contrat, appels dénoncés par Netanyahu comme constitutifs d’une chasse aux sorcières.

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid traverse une manifestation demandant la création d’une commission d’enquête sur l’affaire des sous-marins, devant le bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 23 janvier 2022. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Les faits remontent à 2012 et forment ce que l’on appelle aujourd’hui « l’Affaire 3000 ». Ce contrat a déjà entraîné un certain nombre d’inculpations, dont des conseillers proches de Netanyahu, bien que l’ex-Premier ministre n’ait pas été cité parmi les suspects.

Néanmoins, Netanyahu devrait être appelé à comparaître comme témoin principal dans l’enquête, ce qui fera probablement de lui le tout premier ancien Premier ministre israélien appelé à témoigner devant une commission d’enquête soutenue par le gouvernement.

David Shimron, avocat personnel et cousin de Netanyahu, a été accusé de blanchiment d’argent dans le cadre du contrat, et Miki Ganor, représentant de Thyssenkrupp en Israël, a pour sa part été accusé de corruption.

Shaike Bareket, qui occupait le poste avant Ganor, a déclaré le mois dernier qu’il était impossible que Netanyahu n’ait pas été informé des détails du contrat.

L’homme d’affaires israélien Miki Ganor, arrêté dans l’affaire des sous-marins connue sous le nom d’« affaire 3000 », lors d’une audience devant la Cour suprême à Jérusalem, le 22 mars 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Bareket a également déclaré que la commission devait enquêter de près sur le rôle de Shimron dans le contrat. « Il s’agit d’un point qui doit faire l’objet d’une enquête exhaustive », a-t-il ajouté, affirmant que Shimron avait des contacts très réguliers avec les responsables de Thyssenkrupp et se présentait comme l’informateur de Netanyahu.

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