Affaire Ramadan : des plaignantes accusent ses avocats de conflit d’intérêts
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Affaire Ramadan : des plaignantes accusent ses avocats de conflit d’intérêts

La commission de déontologie du barreau devra se prononcer prochainement sur ces deux cas, soulevés par Henda Ayari et par Mounia Rabbouj

Tariq Ramadan (Crédit : Joshua Sherurcij/Wikimedia Commons)
Tariq Ramadan (Crédit : Joshua Sherurcij/Wikimedia Commons)

Deux accusatrices de Tariq Ramadan ont saisi le bâtonnier de Paris, dénonçant un possible conflit d’intérêts chez deux de ses nouveaux avocats avec qui elles avaient échangé au début de l’affaire, a-t-on appris mardi de sources proches du dossier, confirmant une information de L’Obs.

La commission de déontologie du barreau devra se prononcer prochainement sur ces deux cas, soulevés par Henda Ayari, dont la plainte pour viol fin octobre 2017 a déclenché l’enquête judiciaire toujours en cours, et par Mounia Rabbouj, la troisième femme à avoir porté plainte contre l’islamologue début 2018.

Mme Ayari dénonce l’arrivée, dans l’équipe de défense de Tariq Ramadan, de l’avocat William Bourdon qu’elle avait rencontré dans les premiers jours de l’affaire.

Pour l’avocat, joint par l’AFP, cette rencontre, « à l’initiative » de Mme Ayari, était « à titre exploratoire », « elle n’a pas donné suite et n’a jamais été ma cliente ».

« Aucun élément du fond du dossier n’a été évoqué (…). Sa préoccupation essentielle était liée à la campagne de diffamation dont elle estimait être victime et à un nouveau contrat d’édition », se défend-il.

« Ma décision de défendre Tariq Ramadan a été prise en conscience dans le respect du règlement intérieur qui n’interdit pas, après une prise de contact non suivie d’effets, de défendre l’autre partie » ainsi qu' »après avoir consulté des confrères » et « la jurisprudence du conseil de l’ordre », argue-t-il.

Henda Ayari dénonce Tariq Ramadan sur BFM TV. (Crédit : YouTube capture d’écran)

« Henda Ayari ne m’a confié aucune information personnelle et particulière sur son dossier susceptible de créer un avantage indu ou un déséquilibre. Si tel avait été le cas, je n’aurais pas pris le dossier », conclut-il.

Me Francis Szpiner, qui défend Mme Ayari, n’a pas souhaité réagir.

Mounia Rabbouj a de son côté fourni à la commission des échanges de SMS de mi-novembre 2018 avec Me Ouadie Elhamamouchi, autre avocat récemment désigné par Tariq Ramadan.

Dans ces messages, consultés par l’AFP, Me Elhamamouchi lui propose de le désigner comme avocat et la relance après son refus. « Je pense que votre rôle peut devenir primordial dans cette affaire », lui écrit-il.

« J’ai strictement respecté la déontologie et je suis totalement serein », a réagi l’avocat du barreau de Bobigny.

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