Afrique du Sud : première condamnation liée à de l’antisémitisme en ligne
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Afrique du Sud : première condamnation liée à de l’antisémitisme en ligne

Un homme avait tweeté, en interpellant l'organisation-cadre juive du pays, que la Shoah ressemblerait à "un pique-nique une fois qu'on en aura fini avec vous, bâtards de sionistes"

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Capture d'écran de deux Tweets antisémites qui ont depuis été supprimés. (Capture d'écran)
Capture d'écran de deux Tweets antisémites qui ont depuis été supprimés. (Capture d'écran)

Les Juifs d’Afrique du Sud se sont réjouis, cette semaine, de ce qui s’apparente, selon eux, à une condamnation pénale sans précédent pour des publications antisémites sur Twitter et qui appelaient à faire subir aux Juifs pire que la Shoah.

Vendredi, la cour des magistrats de Randburg a estimé que Matome Letsoalo était effectivement coupable de crimen injuria – qui peut se définir par « la compromission illégale et intentionnelle de la dignité ou de la vie privée d’un individu » – pour deux tweets qui avaient pris pour cible le SAJBD (South African Jewish Board of Deputies), organisation-cadre des Juifs d’Afrique du Sud.

« C’est le tout premier verdict rendu dans une telle affaire antisémite en Afrique du Sud », a fait savoir le groupe dans un communiqué.

La peine sera connue vendredi.

Au mois de juin, 2018, Letsoalo avait tweeté : « @SAJBD La Shoah ressemblera à un pique-nique une fois qu’on en aura fini avec vous, bâtards de sionistes. Allez vous faire foutre ». Il avait assorti son message d’images de victimes de la Shoah et d’une croix gammée.

Dans un deuxième tweet, cet homme âgé d’une vingtaine d’années et originaire de Polokwane, dans le nord du pays avait écrit que le SAJBD « doit être décimé. Pas de rats scandinaves, de faux juifs, de bâtards sionistes exploitant notre économie ici ».

Le SAJBD avait porté plainte à l’époque et le compte Twitter de l’homme avait été suspendu. Cette semaine, l’organisation-cadre juive a salué le verdict rendu par le tribunal, disant que ses efforts avaient payé.

« Ce succès envoie un message fort, celui que les menaces et les attaques haineuses à l’encontre de notre communauté ne seront pas tolérées et que le SAJBD fera tout ce qui est nécessaire pour traduire leurs auteurs devant les tribunaux, peu importe le temps que cela prendra », a commenté Wendy Kahn, la présidente de l’organisation, dans un communiqué.

La présidente du SAJBD Wendy Kahn. (Autorisation)

« Nous sommes très heureux de l’issue de cette affaire parce que c’est la première fois que nous empruntons la voie pénale dans une affaire d’antisémitisme. C’est un précédent important en ce qui concerne les futures affaires de ce type, notamment d’autres qui sont actuellement jugés par les tribunaux », a-t-elle dit, mardi, au Times of Israel.

Kahn n’a pas voulu prédire la peine qui pourrait être infligée à Letsoalo, mais elle a insisté sur le fait que les juges avaient abordé les faits avec un grand sérieux : « Dans la mesure où c’est une affaire pénale, c’est un procureur qui s’en occupe et non le SAJBD. Dans cette mesure, c’est le procureur qui aborde la question de la peine avec le magistrat, un processus qui est déjà arrivé dans les salles d’audience ».

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