Jusqu’à 20 ans requis pour l’agression « foncièrement antisémite » à Créteil
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Jusqu’à 20 ans requis pour l’agression « foncièrement antisémite » à Créteil

Trois hommes d'aujourd'hui 22, 23 et 26 ans - dont l'un est en fuite - avaient pénétré de force dans l'appartement des victimes, le saccageant pour y trouver de l'argent

Le père de Jonathan, l'une des victimes d'un acte antisémite en 2014, à Créteil, au premier jour du procès de ses agresseurs, à la Cour d'Assises de Créteil, le 26 juin 2018. (Crédit : AFP/Eric FEFERBERG)
Le père de Jonathan, l'une des victimes d'un acte antisémite en 2014, à Créteil, au premier jour du procès de ses agresseurs, à la Cour d'Assises de Créteil, le 26 juin 2018. (Crédit : AFP/Eric FEFERBERG)

Jusqu’à 20 ans de prison ont été requis jeudi à l’encontre des agresseurs d’un homme juif et de sa compagne, violée lors d’un cambriolage armé à Créteil en 2014, un crime « foncièrement antisémite », selon l’avocate générale.

Elle a requis de 10 à 20 ans de réclusion criminelle à l’encontre des trois hommes d’aujourd’hui 22, 23 et 26 ans – dont l’un est en fuite – qui avaient pénétré de force, cagoulés, gantés et armés, dans l’appartement des victimes, et a demandé à ce que la cour reconnaisse coupable l’agresseur jugé pour le viol.

Elle a également demandé douze et huit ans de prison pour deux complices, jugés en même temps devant la cour d’assises du Val-de-Marne.

Le 1er décembre 2014, Jonathan et sa désormais ex-compagne, qui habitaient temporairement chez les parents du jeune homme, avaient été ligotés et bâillonnés pendant que les agresseurs fouillaient l’appartement à la recherche d’argent liquide. « Les juifs, ça ne met pas l’argent à la banque », leur avait-on dit arme au poing, en menaçant de les « buter ».

« Les Russes sont des alcooliques, les Suisses sont des fraudeurs, les Chinois sont des fourbes, les noirs se ressemblent tous, les Arabes mentent. Et les juifs, ça a de l’argent », a déclaré Christine Laï au début de ses réquisitions, dénonçant les « préjugés raciaux » et « l’imbécilité humaine ».

Le préjugé racial devient « agissant » quand « on s’en saisit pour cibler et déterminer qui on va aller attraper chez lui », a-t-elle ajouté.

Les agresseurs, ces « loups » qui évoluaient dans ce quartier où habite une grande partie de la communauté juive de Créteil, avaient selon elle repéré leurs victimes. Ils avaient vu le « rond » sur la tête du père de la victime, et la Mercedes noire qu’il conduisait, en avaient conclu qu’ils étaient juifs, qu’ils avaient de l’argent.

« Il y a un caractère foncièrement antisémite dans votre sélection des victimes », a-t-elle dit aux hommes dans le box, sous leur regard impassible.

Les plaidoiries de la défense se tiennent jeudi après-midi, le verdict est attendu vendredi.

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