Israël en guerre - Jour 144

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Aidez-nous à sauver nos enfants enlevés par la Russie, demande une élue ukrainienne

De passage en Israël, la vice-présidente du parlement de Kiev, Olena Kondratiuk, souligne la nécessité de l'expertise israélienne en matière de système d’alerte précoce et d'abris

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

La vice-présidente du parlement ukrainien, Olena Kondratiuk, à Jérusalem, le 1er mai 2023 (Crédit : Lazar Berman/The Times of Israel)
La vice-présidente du parlement ukrainien, Olena Kondratiuk, à Jérusalem, le 1er mai 2023 (Crédit : Lazar Berman/The Times of Israel)

L’Ukraine sollicite l’aide d’Israël pour faire pression sur Moscou afin qu’il libère les dizaines de milliers d’enfants ukrainiens enlevés illégalement et conduits en Russie, a déclaré lundi au Times of Israel la vice-présidente du Parlement ukrainien.

« Nous demandons instamment à Israël de s’intéresser à la question du retour des enfants ukrainiens, de la même manière qu’ils ont traité celle des enfants juifs après la Seconde Guerre mondiale », a déclaré Olena Kondratiuk, de passage à Jérusalem à la tête de la toute première délégation parlementaire de haut rang à se rendre en Israël depuis que la Russie a envahi l’Ukraine en février 2022.

Kiev affirme que pas moins de 20 000 enfants ont été transférés de force d’Ukraine en Russie au cours des 14 mois de guerre. La Russie affirme qu’ils ont été retirés des zones de guerre pour leur propre sécurité.

En mars, la Cour pénale internationale a émis un mandat d’arrêt à l’encontre du président russe Vladimir Poutine et du commissaire russe aux droits de l’enfant pour expulsion d’enfants.

Selon Kondratiuk, la question des enfants enlevés a été au cœur de son entretien avec Yifat Shasha-Biton, son homologue israélienne.

Agée de 52 ans, Kondratiuk a effectué le déplacement en Israël pour s’y entretenir avec des responsables du ministère des Affaires étrangères, du groupe d’amitié avec l’Ukraine à la Knesset, et des Ukrainiens vivant en Israël.

Contrairement à d’autres responsables ukrainiens, elle n’a pas critiqué Israël pour sa relative neutralité pendant la guerre ou son refus d’envoyer des armes à Kiev.

Israël justifie son attitude par un besoin stratégique de garantir sa liberté d’action en Syrie, où les forces russes pourraient menacer les pilotes israéliens.

Israël est l’un des rares pays occidentaux à entretenir d’assez bonnes relations avec l’Ukraine et la Russie.

Kondratiuk a souligné que l’aide en matière de défense civile israélienne était la priorité du moment.

Israël développe en effet au profit de l’Ukraine un système d’alerte des frappes russes entrantes.

Kondratiuk a confié au Times of Israel qu’il avait été testé à Kiev lundi.

La vice-présidente du parlement ukrainien Olena Kondratiuk rencontre des réfugiés ukrainiens à Ashdod, le 1er mai 2023. (Crédit : Olena Kondratiuk)

Contrairement au système Dôme de fer déployé en Israël, le système prévu pour l’Ukraine se résume à un système de détection et d’alerte, sans capacités d’interception.

L’Ukraine a, jusqu’alors sans succès, demandé à Jérusalem de la doter en capacités d’interception de missiles car les dirigeants israéliens tentent de ne pas trop contrarier la Russie.

« Notre priorité en ce moment est le système antimissile parce que c’est la première cause de décès de civils en Ukraine », a-t-elle expliqué.

Elle a ajouté que l’Ukraine avait besoin de l’expertise israélienne pour développer un réseau d’abris dans tout le pays.

« C’est crucial pour nous, surtout si l’on considère le récent bombardement d’Ouman », a-t-elle dit, faisant allusion à l’attaque de vendredi contre cette ville, qui est un important lieu de pèlerinage juif et qui a fait 23 morts.

Mykhayl Shulha, au centre, pleure devant le cercueil de sa sœur Sofia Shulha lors d’une messe funèbre à Ouman, dans le centre de l’Ukraine, le 30 avril 2023. (Crédit : AP Photo/Bernat Armangue)

Les yeux de Kondratiuk se sont embués lorsqu’elle a montré la photo des six enfants tués par l’attaque.

« Cela montre que personne n’est à l’abri d’une éventuelle attaque de cet État terroriste. Ce bâtiment aurait pu aussi bien être loué par des pèlerins juifs », a-t-elle enragé, allusion au pèlerinage juif à Ouman, au moment de Rosh Hashanah.

Kondratiuk a par ailleurs évoqué les domaines dans lesquels elle aimerait que la politique israélienne évolue.

Elle a ainsi indiqué que le fait qu’Israël n’applique pas les sanctions contre la Russie était un sujet de préoccupation majeur.

Elle aimerait également que les chaînes russes opérant en Israël soient fermées et que leurs employés binationaux russo-israéliens soient interdits d’entrée en Israël.

La vice-présidente du Parlement ukrainien Olena Kondratiuk (troisième à partir de la gauche) et sa délégation rencontrent les députés d’origine ukrainienne Zeev Elkin (deuxième à partir de la droite) et Yuli Edelstein (quatrième à partir de la droite) à Jérusalem, le 2 mai 2023 (Crédit : Ambassade d’Ukraine en Israël)

« J’ai été très surprise », a-t-elle dit, « qu’en Israël, les canaux de propagande classiques russes fonctionnent librement, alors qu’ils sont interdits ailleurs dans le monde. »

Après avoir rencontré des réfugiés ukrainiens à Ashkelon et Ashdod lundi, Kondratiuk s’est dite favorable à ce le marché de l’emploi leur soit davantage accessible.

La semaine dernière, le ministre de l’Intérieur Moshe Arbel a prorogé le visa des réfugiés ukrainiens qui vivent en Israël, semble-t-il à la suite de pressions américaines.

Le ministère a par ailleurs annoncé qu’il n’imposerait pas de restrictions professionnelles aux ressortissants ukrainiens qui se trouvent dans le pays depuis au moins 90 jours.

Au-delà de quelques critiques, somme toute assez légères, Kondratiuk a félicité Israël pour son soutien aux résolutions de l’ONU affirmant l’intégrité territoriale de l’Ukraine et son rejet des référendums russes dans les zones ukrainiennes occupées.

« Nous aimerions coopérer avec Israël au sein de l’ONU », a-t-elle déclaré, en particulier contre la Russie et l’Iran.

Elle s’est également dite satisfaite de la politique menée par le gouvernement actuel de Benjamin Netanyahu : « Nous voyons qu’Israël est davantage proactif. »

Kondratiuk et les deux autres députés de sa délégation ont rencontré lundi le maire adjoint d’Ashdod, Shimon Katznelson, lui-même originaire de Kiev.

Ils ont également visité des abris anti-roquettes à Ashkelon avant de s’entretenir avec le directeur général du ministère des Affaires étrangères, Ronen Levy, et d’autres diplomates israéliens à Jérusalem.

« Israël est très similaire à l’Ukraine, parce que les deux États font face à des circonstances militaires semblables en ce moment », a-t-elle déclaré.

La délégation s’est également entretenue avec des soldats ukrainiens en cours de rééducation en Israël.

Mardi, elle a rencontré le président de la Knesset, Amir Ohana, ainsi que le rabbin ukrainien Moshe Azman.

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