AIPAC : Les Démocrates « cooptés » par les pourvoyeurs de l’antisémitisme – Pence
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AIPAC : Les Démocrates « cooptés » par les pourvoyeurs de l’antisémitisme – Pence

Selon le vice-président américain, Israël ne bénéficie plus du soutien bipartisan à Washington, condamnant Ilhan Omar et les Démocrates absents de la conférence

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Le vice-président américain Mike Pence  à la conférence politique de l'AIPAC à  Washington, le 25 mars 2018 (Crédit :  Jim Watson/AFP)
Le vice-président américain Mike Pence à la conférence politique de l'AIPAC à Washington, le 25 mars 2018 (Crédit : Jim Watson/AFP)

WASHINGTON — Le vice-président américain Mike Pence a suggéré que le soutien à Israël n’était plus une cause bipartisane à Washington dans la journée de lundi, affirmant devant le public de l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee) que le parti Démocrate a été « coopté par des personnalités qui font la promotion de la rhétorique antisémite ».

A l’occasion de la conférence politique annuelle organisée par le lobby pro-israélien, Pence a condamné les suggestions faites par la nouvelle membre du Congrès Démocrate, Ilhan Omar, que la puissante organisation rémunérerait le soutien apporté par les politiciens à l’Etat juif et qu’elle exercerait des pressions en ce sens.

Il a aussi fustigé la réponse apportée par les responsables Démocrates aux propos tenus par la même législatrice ainsi que les candidats aspirants à la présidentielle qui, du côté Démocrate, s’opposent aux législations anti-BDS et ne se sont pas présentés au rassemblement de l’AIPAC, cette année.

« Dans le monde entier, l’antisémitisme est croissant », a noté Pence. « Sur les campus, sur le marché, même dans les couloirs du Congrès. Vous savez, il y a eu une période où le soutien à Israël n’était pas une question partisane ici, à Washington ».

Suite aux commentaire d’Omar sur « l’allégeance » supposée des Juifs américains à Israël – qui, selon les critiques, ont paru accuser la communauté juive des Etats-Unis de « double loyauté » envers les Etats-Unis et envers l’Etat juif – la Chambre contrôlée par les Démocrates a adopté une résolution condamnant les formes variées de haine. Les Républicains et même certains Démocrates ont estimé que la motion avait été « diluée » dans la mesure où elle n’a pas interpellé directement Omar et qu’elle ne s’est pas concentrée sur le problème de l’antisémitisme.

La représentante Ilhan Omar, démocrate du Minnesota, à gauche, avec la présidente de la Chambre Nancy Pelosi, démocrate de Californie, aux abords du Capitole à Washington, le 8 mars 2019 (Crédit : AP /J. Scott Applewhite)

Lundi, Pence a suggéré que la résolution signifiait que le parti Démocrate n’était plus un partenaire fiable pour Israël.

« Le soutien apporté à Israël… a été une tradition longue et bipartisane au Congrès qui a franchi les générations », a-t-il déclaré devant une foule de participants constituée de plus de 18 000 personnes. « Mais les choses ont changé ».

« Il est sidérant de penser que le parti de Harry Truman, qui avait tant fait pour créer l’Etat d’Israël, a été coopté par des personnalités qui font la promotion de la rhétorique antisémite et qui oeuvrent à saper le large consensus américain sur le soutien à Israël… Le parti qui a été dans l’histoire et pendant si longtemps le foyer naturel de tant de Juifs américains lutte aujourd’hui pour rassembler des votes pour une condamnation sans équivoque de l’antisémitisme dans une résolution ».

Les Juifs américains votent pour les Démocrates à une majorité écrasante. Lors des élections de la mi-mandat qui ont eu lieu en 2018, les Démocrates ont remporté plus de 75 % de votes juifs pour leurs candidats à la chambre contre 73 % en 2016 et 67 % en en 2014.

Le président américain Donald Trump salue de la main alors qu’il marche sur la Pelouse sud de la Maison Blanche en descendant de l’hélicoptère Marine One, le 10 mars 2019 à Washington. (AP Photo/Alex Brandon)

Depuis la controverse suscitée par Omar, le président américain Donald Trump a fait savoir que le parti démocrate était « anti-Israël » et « anti-juif » et il a affirmé que les Juifs américains délaissaient la formation. Aucune donnée ne semble confirmer ce fait.

Pence a également estimé qu’Omar devait être démise de ses fonctions au sein de la puissante commission des Affaires étrangères de la chambre.

Ce natif de l’Indiana a également paru s’intéresser aux élections de 2020.

Il a fustigé la majorité des candidats aspirants à la présidentielle qui, du côté Démocrate, s’opposent à une législation qui cible les partisans du mouvement BDS (Boycott, Divestment, and Sanctions) anti-israélien, disant que ce texte entraverait la liberté d’expression des Américains.

« En tant que gouverneur de l’Indiana, j’ai eu la fierté de signer la loi anti-BDS la plus dure de n’importe quel autre Etat de l’union. Mais aujourd’hui, de manière notable, tous les démocrates se présentant dans la course à la présidentielle à l’exception d’un seul ont voté contre la loi de lutte contre BDS aux Etats-Unis », a-t-il clamé, se référant à la sénatrice du Minnesota Amy Klobuchar.

« Alors que je me tiens devant vous, huit candidats démocrates à la Maison Blanche boycottent cette même conférence. Et je vais vous le dire clairement : Ceux qui aspirent aux plus hautes fonctions dans ce pays ne devraient pas redouter de se présenter aux côtés des partisans d’Israël les plus déterminés en Amérique. C’est un tort de boycotter Israël et c’est un tort de boycotter l’AIPAC ».

Tandis que le groupe progressiste MoveOn avait effectivement encouragé les Démocrates à sauter la conférence politique de l’AIPAC, il est inhabituel que les candidats à la présidence – ou les candidats postulants – se présentent devant le public de l’organisation durant une année non-électorale. Et en effet, tandis qu’Hillary Clinton n’était pas venue en 2015 à la conférence, elle y avait participé en 2016.

Dans son discours, Pence a salué Trump pour son transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, pour avoir retiré les Etats-Unis de l’accord iranien sur le nucléaire et pour avoir coupé les aides aux Palestiniens.

Il a expliqué que l’attaque commise tôt dans la matinée de lundi – une roquette a été lancée de Gaza, frappant un bâtiment résidentiel et blessant sept personnes, dont trois tout-petits – prouvait que le « Hamas n’est pas un partenaire pour la paix ».

Le procureur spécial américain Robert Mueller après avoir assisté à une messe à Washington, DC, le 24 mars 2019. (Crédit : Tasos Katopodis/Getty Images/AFP)

Pence a ouvert son discours en se réjouissant de la conclusion de l’enquête menée par le conseiller spécial américain Robert Mueller sur la possible coordination de la campagne de Trump avec la Russie pendant les élections de 2016 et sur une éventuelle obstruction à la justice de la part du président.

Le procureur-général américain William Barr a fait savoir au Congrès dimanche que Mueller n’avait trouvé aucune preuve de collusion. Il n’a néanmoins pas exclu la question de l’obstruction – fournissant des preuves et permettant à Barr et au procureur-général adjoint Rod Rosenstein de prendre une décision.

Les deux hommes ont estimé que le rapport établi par Mueller n’exonérait pas Trump mais qu’ils pensaient que les preuves ne suggéraient pas que le président ait commis un crime. Le document dans son intégralité doit encore être rendu public, ce que les Démocrates réclament maintenant.

« Hier a été un jour important pour notre pays et pour tous les Américains qui chérissent la vérité », a dit Pence au public sous les acclamations. « Ne faites pas d’erreur : Cela a été une légitimation totale ».

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