Al-Jubeir : Consensus pour dire que le comportement iranien est « inacceptable »
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Al-Jubeir : Consensus pour dire que le comportement iranien est « inacceptable »

"Quand des conclusions seront tirées de l'enquête, nous annoncerons en temps utile ce que nous ferons", a dit le chef de la diplomatie saoudien à propos de l'attaque contre Aramco

Le ministre des affaires étrangères saoudien Adel Al-Jubeir lors du 14ème dialogue de Manama de l'IISS (institut international d'études stratégiques) dans la capitale du Bahreïn, Manama, le 27 octobre 2018 (Crédit :  Stringer/AFP)
Le ministre des affaires étrangères saoudien Adel Al-Jubeir lors du 14ème dialogue de Manama de l'IISS (institut international d'études stratégiques) dans la capitale du Bahreïn, Manama, le 27 octobre 2018 (Crédit : Stringer/AFP)

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, a répété mercredi à l’ONU que l’Iran était derrière les attaques menées le 14 septembre contre des installations pétrolières saoudiennes, assurant qu’il existait « un consensus » pour juger « inacceptable » le comportement iranien.

« Nous avons lancé une enquête pour établir d’où les missiles et drones ont été lancés. Les investigations initiales disent qu’il s’agit d’armes iraniennes », a déclaré le ministre lors d’une conférence de presse à New York à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations unies.

« Nous enquêtons sérieusement et nous consultons » les alliés de Ryad, après quoi « nous sélectionnerons les options appropriées pour la réponse à donner aux attaques contre le royaume », a-t-il dit sans élaborer.

« Quand des conclusions seront tirées de l’enquête », « nous annoncerons en temps utile ce que nous ferons », a promis le ministre saoudien, en refusant de donner une quelconque échéance.

« Je pense qu’il y a un consensus pour considérer qu’un tel comportement est inacceptable » de la part de l’Iran, a-t-il toutefois estimé.

Outre l’enquête menée par l’Arabie saoudite, à laquelle contribuent des experts français, l’ONU a envoyé la semaine dernière deux équipes de deux experts sur les mêmes attaques. La première équipe a un mandat issu de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, la deuxième est chargée de l’application de l’embargo sur les armes imposé au Yémen. Elle a été mobilisée en raison de la revendication par les rebelles yéménites Houthis des attaques du 14 septembre.

Selon un responsable de l’ONU, s’exprimant sous couvert d’anonymat, il est cependant peu probable que ces experts parviennent à identifier l’origine des tirs de missiles et de drones.

Ils devraient confirmer que des armes de fabrication iranienne ont été utilisées, selon cette source. Mais contrairement aux grandes nations, l’ONU n’a pas les équipements techniques permettant de déterminer la provenance des tirs. « Nous allons être limités à dire le type d’armes utilisées et où elles ont été fabriquées », prédit ce responsable.

Lors de précédentes enquêtes sur des attaques des Houthis vers l’Arabie, l’ONU a pu confirmer que des armes iraniennes avaient été utilisées. Mais elle n’a pas été en mesure de dire quand ces armes étaient tombées aux mains des Houthis ni comment elles avaient pu leur être livrées.

En réponse aux accusations, le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a affirmé que l’armement dont disposent les Houthis venait de l’ère d’Ali Abdullah Saleh, président du Yémen entre 1990 et 2012. L’embargo sur les armes de l’ONU a été imposé en 2015.

Lors de sa conférence de presse, le ministre saoudien a annoncé l’attribution de 500 millions de dollars au département des Affaires humanitaires de l’ONU pour le Yémen. La guerre y oppose depuis 2015 le gouvernement, soutenu militairement par l’Arabie saoudite sunnite, aux rebelles chiites Houthis appuyés par l’Iran.

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