Alexandre Arcady sort un documentaire sur la montée de l’antisémitisme en France
Rechercher

Alexandre Arcady sort un documentaire sur la montée de l’antisémitisme en France

Le film est ponctué par les interventions de Richard Berry, qui déclame la plaidoirie poignante de l’avocate Muriel Ouaknine-Melki prononcée lors du procès des attentats de 2015

Alexandre Arcady arrivant à la cérémonie en hommage à Roger Hanin le 12 février 2015. (Crédit : AFP PHOTO / STEPHANE DE SAKUTIN )
Alexandre Arcady arrivant à la cérémonie en hommage à Roger Hanin le 12 février 2015. (Crédit : AFP PHOTO / STEPHANE DE SAKUTIN )

Dans un court documentaire intitulé « Sarah et les autres » diffusé samedi sur Arte et désormais disponible en replay, le réalisateur français Alexandre Arcady dresse un état des lieux de la montée de l’antisémitisme dans l’Hexagone et dénonce la solitude de la communauté juive entre 2006 (date de l’assassinat d’Ilan Halimi) et 2015 (quand le terrorisme islamique a alors commencé à toucher la France dans son ensemble, et non plus que des Juifs ou des militaires).

Le film, auquel ont participé Joël Mergui, président du Consistoire central, Anne Hidalgo, maire de Paris, Manuel Valls, ancien Premier ministre, Tahar Ben Jelloun, écrivain franco-marocain, et Haïm Korsia, grand rabbin de France, revient ainsi sur les récents drames qui ont touché la communauté. Il démarre au cimetière de Givat Shaul, où sont enterrées 10 des 11 victimes d’assassinats antisémites commis en France depuis 2006.

Il est ponctué par les interventions de Richard Berry, qui déclame la plaidoirie poignante de l’avocate Muriel Ouaknine-Melki prononcée lors du procès des attentats de janvier 2015.

Interrogé par TV Magazine à la suite de la décision de la Cour de cassation la semaine dernière de déclarer irresponsable pénalement le meurtrier de Sarah Halimi, dont l’histoire est évoquée dans le film, Alexandre Arcady répond : « Un procès aurait éclairé les zones d’ombre : qu’avait entendu le tueur durant le prêche salafiste, la veille du meurtre ? Pourquoi la juge d’instruction a refusé la reconstitution de la scène ? Pourquoi n’a-t-on pas communiqué le compte rendu des conversations entre le tueur et les policiers ? J’ai un sentiment de honte : c’est un sauf-conduit donné aux futurs assassins. »

En 2014, Alexandre Arcady avait réalisé le film « 24 jours, la vérité sur l’affaire Ilan Halimi ».

Le 13 février 2006, en contrebas d’une voie de chemin de fer, Ilan Halimi, 23 ans, avait été retrouvé après avoir été torturé et séquestré par le « gang des barbares ». Il était mort lors de son transfert à l’hôpital. Employé dans un magasin de téléphonie à Paris, il avait été piégé puis séquestré à Bagneux par le « gang des Barbares », qui espérait une rançon, avant d’être tué par Youssouf Fofana, qui purge depuis 2009 une peine de réclusion à perpétuité.

Selon un bilan du Service de Protection de la Communauté Juive (SPCJ) publié fin janvier, le nombre d’actes antisémites est en baisse en 2020. Mais le nombre d’agressions violentes recensées, 44, est resté identique à celui de 2019, malgré trois mois et demi de confinement.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...