Alice Walker défend les lectures antisémites dans le New York Times
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Alice Walker défend les lectures antisémites dans le New York Times

Pour l'auteure de "La couleur pourpre", les critiques tentent de réduire au silence son soutien - et celui du conspirationniste David Icke - aux Palestiniens

Alice Walker  à l'Emory University, le 23 avril 2009 (Crédit : AP Photo/John Amis)
Alice Walker à l'Emory University, le 23 avril 2009 (Crédit : AP Photo/John Amis)

La romancière américaine Alice Walker a expliqué que les critiques de son éloge d’un livre antisémite avaient pour objet de réduire au silence son soutien apporté aux Palestiniens.

L’auteure de La couleur pourpre a répondu jeudi sur son site internet à une controverse suscitée par un article paru dans la rubrique Livres du New York Times dimanche, dans lequel elle faisait l’éloge de l’ouvrage intitulé And the Truth Shall Set You Free écrit par le conspirationniste britannique David Icke.

Les critiques de Walker et du Times ont noté que le livre de Icke plaçait les Juifs et les organisations juives au centre d’une conspiration visant à contrôler le monde.

« Je ne pense pas qu’il soit antisémite ou anti-juif », a écrit Walker en réponse. « Je pense qu’il est suffisamment courageux pour poser des questions que d’autres craignent de poser et de parler de sa propre compréhension de la vérité, où qu’elle mène. Il y a eu de nombreuses tentatives de le censurer et de le faire taire ».

Walker a également noté qu’elle soutenait le BDS, le mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions qui cible Israël.

« Je pense que la tentative de décrier David Icke, et moi-même au passage, est réellement une initiative qui vise à décrédibiliser nos paroles en soutien au peuple de Palestine », a-t-elle écrit.

Walker a aussi défendu son habitude de lire – ou de tenter de lire – des livres « extrêmement problématiques », une liste qui, selon elle, comprend le Coran, le Talmud, la Bible et « Mein Kampf » d’Adolf Hitler.

A titre d’illustration : Une édition allemande de « Mein Kampf » (Mon combat) d’Adolf Hitler exposée à l’Institut d’histoire contemporaine de Munich, le 11 décembre 2015. (Matthias Balk/dpa via AP, Dossier)

« Je lis tout. J’ai même essayé de lire Mein Kampf mais j’ai trouvé que c’était trop ancré dans l’histoire allemande pour avoir un sens. J’ai aussi trouvé le livre trop pédant, ennuyeux », a-t-elle ajouté. « Mais après en avoir tellement entendu parler, j’ai voulu me rendre compte par moi-même de quoi il s’agissait ».

En plus de l’explication de l’histoire allemande, « Mein Kampf » permet aussi à Hitler d’exposer sa thèse sur les Juifs, « race ennemie » des Allemands.

Walker avait recommandé le livre de Icke à ses fans et dans la rubrique « Livres » du New York Times. Dans une tribune, elle explique que l’ouvrage fait partie de quelques autres placés sur sa table de nuit. Elle qualifie le livre, qui présente des théories denses sur les Juifs et sur les forces extraterrestres qui contrôlent le monde, de « rêve accompli d’un esprit curieux ».

Mardi, la responsable de la rubrique « Livres », Pamela Paul, a défendu la décision de présenter les recommandations de Walker sans explication ou qualification. « L’intention de cette tribune est d’être le portrait d’une personnalité à travers ce qu’elle lit », a-t-elle répondu à un journaliste du Times qui l’interrogeait. « Ce que les gens choisissent ou non de lire, ou les livres qu’ils trouvent influents ou plein de sens, en disent beaucoup sur qui ils sont ».

Lorsqu’il lui a été demandé si elle avait réfléchi à interroger Walker sur le livre d’Icke, Paul a répondu par la négative.

« Quand nous interviewons quelqu’un, que ce soit une personnalité publique, un leader étranger ou un artiste, le Times ne dit pas pour autant que nous approuvons les points de vue ou les actions de cette personnalité », a-t-elle expliqué. « Nous disons seulement que le sujet vaut une interview ».

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