Allégations de corruption policière : L’assistant de Ben Gvir et Kobi Yaakobi interrogés
Les enquêteurs des affaires internes obtiennent un mandat d'arrêt contre Chanamel Dorfman après qu'il a refusé de répondre à une convocation pour être interrogé ; le ministre s’insurge
Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Le commissaire en chef des prisons israéliennes, Kobi Yaakobi, et Chanamel Dorfman, chef de cabinet du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, ont été interrogés dimanche par le Département des enquêtes internes de la police (DIPI) dans le cadre d’une enquête sur une négligence présumée délibérée de la part d’un officier supérieur de police en poste en Cisjordanie.
Le DIPI a obtenu dimanche un mandat d’arrêt conditionnel contre Dorfman auprès du tribunal de Jérusalem, qu’il avait demandée car il avait refusé de dire à la police s’il se présenterait à l’interrogatoire lorsqu’il avait été convoqué la semaine dernière.
En raison de son refus de répondre à la convocation, les agents du DIPI se sont rendus dimanche dans les bureaux de Dorfman au ministère de la Sécurité nationale, où il leur a indiqué qu’il se présenterait effectivement de son plein gré à l’interrogatoire.
L’avocat de Dorfman, Me Ariel Atari, a adressé une lettre très ferme au directeur de la branche de Jérusalem du DIPI, affirmant que le mandat d’arrêt conditionnel violait une décision de la Haute Cour selon laquelle les suspects ne peuvent être contraints de témoigner, et a déclaré qu’il avait conseillé à son client de ne pas coopérer avec l’enquête.
Selon certains médias, Yaakobi a été interrogé pendant plus de quatre heures et Dorfman pendant deux heures. Ils ont tous deux été convoqués pour être interrogés après l’obtention de nouvelles informations pertinentes pour l’affaire à partir du téléphone de Dorfman, que la police avait confisqué plus tôt cette année.
Le commandant Avishaï Muallem, chef du département des enquêtes et du renseignement de la police de Judée-Samarie, est soupçonné d’avoir délibérément omis de mener des enquêtes appropriées sur le mouvement extrémiste juif d’extrême droite en Cisjordanie, afin de s’attirer les faveurs de Ben Gvir.
Dorfman, un proche collaborateur de longue date de Ben Gvir, est soupçonné d’avoir tenté d’influencer les enquêtes policières concernant des Israéliens radicaux dans le district de police de Judée-Samarie. Il était en contact avec Muallem à propos de ces enquêtes.
Yaakobi est soupçonné d’avoir informé Muallem qu’il était le principal suspect dans l’enquête, ce qui constituerait une entrave à la justice et un abus de confiance. En juillet, la procureure générale, Gali Baharav-Miara, avait annoncé qu’elle envisageait de déposer une mise en accusation contre Yaakobi, sous réserve d’une audience, bien qu’une telle mise en accusation n’ait pas encore été signifiée.
En réponse aux événements de dimanche, Ben Gvir a accusé Baharav-Miara de « diriger le DIPI comme une milice privée pour régler ses comptes et monter des dossiers afin d’éliminer le gouvernement de droite », et l’a qualifiée de « criminelle qui a été licenciée », en référence aux efforts du gouvernement pour la démettre de ses fonctions.
Le ministre d’extrême droite a déclaré apporter son soutien total à Yaakobi et à Dorfman, ajoutant qu’ils étaient tous deux « des fonctionnaires exemplaires dévoués à l’État d’Israël ».
Me Atari a déclaré que le DIPI avait « dépassé toutes les limites » dans ce qu’il a qualifié « d’enquête politique » pour faire comparaître Dorfman à un interrogatoire, « en violation totale de la décision de la Haute Cour de justice ».
Dans un communiqué de presse, le DIPI a simplement déclaré que Yaakobi et Dorfman avaient été interrogés en audition libre « pour suspicion de crimes dans le domaine de la conduite éthique », en raison de « nouvelles découvertes récemment faites ».







