Allemagne : huit jeunes « séparatistes » néonazis devant la justice
L'Allemagne a démantelé plusieurs cellules d'extrême droite ces dernières années, dont l'une des plus importantes fait l'objet de trois procès distincts depuis bientôt deux an

Huit jeunes Allemands, membres présumés d’un groupe paramilitaire néonazi soupçonné d’avoir voulu « conquérir par les armes » une partie de l’Allemagne, comparaissent depuis vendredi devant la justice.
Ces hommes, âgés de 22 à 26 ans, sont poursuivis pour appartenance à une organisation terroriste et complot devant le tribunal de Dresde, dans la région orientale de Saxe, un bastion de l’ultradroite allemande.
A la première audience, les juges ont rejeté la requête de la défense qui demandait l’exclusion du public, a dit à l’AFP un porte-parole du tribunal.
Le procès doit s’étaler tout au long de l’année, jusqu’au 16 décembre.
Les accusés constitueraient la moitié des effectifs – une petite vingtaine de membres – des « séparatistes saxons », une organisation fondée en 2020 et qualifiée de « terroriste » par le parquet.
Adepte d’une idéologie « raciste, antisémite », la cellule voulait « instaurer un système étatique et social inspiré du national-socialisme », et éliminer « des personnes jugées indésirables, si nécessaire par une épuration ethnique ».
L’organisation a été démantelée en novembre 2024 au cours d’une opération ayant mobilisé 450 agents des forces de l’ordre dans l’est de l’Allemagne, en particulier à Leipzig et à Dresde, mais aussi en Pologne et en Autriche.
Selon le ministère public, le groupuscule présumait que l’Allemagne était « au bord de +l’effondrement+ » et basculerait un jour « dans le chaos ».
En prévision de ce jour « X », les membres du groupuscule avaient suivi des entraînements paramilitaires avec équipements de combat. Ils s’entraînaient notamment au maniement des armes à feu, aux marches de nuit et aux marches forcées ainsi qu’aux patrouilles et s’étaient procurés un vaste équipement militaire.
Au lendemain du coup de filet, le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) avait reconnu que trois de ses membres figuraient parmi les huit interpellés et affirmé vouloir les exclure.
Mais selon le journal taz vendredi, cette exclusion n’est toujours pas effective. Contactée par l’AFP, la section régionale de l’AfD n’avait pas réagi dans l’immédiat.
L’Allemagne a démantelé plusieurs cellules d’extrême droite ces dernières années, dont l’une des plus importantes fait l’objet de trois procès distincts depuis bientôt deux ans.
L’une des figures centrales de ces cellules est l’aristocrate Henri XIII dit Prince Reuss, soupçonné d’être le meneur de « Reichsbürger » (citoyens du Reich, ndlr), une mouvance suspectée d’avoir voulu renverser la République fédérale d’Allemagne par un coup d’Etat.







