Allemagne : immunité levée pour deux députés d’extrême droite
Ces déboires judiciaires surviennent dans un contexte d'essor de l'extrême droite : l'AfD, première force d'opposition, est désormais au coude-à-coude avec les conservateurs du chancelier Friedrich Merz, selon les derniers sondages
Le Parlement allemand a levé jeudi l’immunité de deux députés du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) en raison d’une accusation de diffamation pour l’un, d’un soupçon de salut nazi pour l’autre, selon leur groupe parlementaire.
Les députés conservateurs, du parti social-démocrate (SPD), écologistes et de la gauche radicale ont voté dans la soirée en faveur de la levée de l’immunité de Stephan Brandner et de Matthias Moosdorf.
Leur propre groupe s’est quant à lui abstenu.
La levée de l’immunité permet l’ouverture d’enquêtes pénales à l’encontre des parlementaires concernés.
Dans le cas de Stephan Brandner, « il s’agit d’une altercation avec une journaliste » de l’hebdomadaire Spiegel, a précisé à l’AFP Marcus Schmidt, le porte-parole du groupe.
Le parquet de sa ville de Gera, en Thuringe (est), a ouvert l’an dernier une enquête pour diffamation, la journaliste accusant M. Brandner de l’avoir traitée de « fasciste ».
Quant à Matthias Moosdorf, il se voit reprocher « un salut hitlérien présumé il y a deux ans et demi », selon M. Schmidt.
Connu pour être proche de la Russie, M. Moosdorf est accusé d’avoir commis un tel geste dans une petite pièce du Reichstag, le bâtiment du Bundestag, la chambre basse.
Ces levées d’immunité interviennent un mois après celle d’un autre député AfD, Maximilian Krah, soupçonné de corruption et de blanchiment d’argent en lien avec la Chine.
Des perquisitions dans ses locaux professionnels et privés ont eu lieu le même jour.
La justice allemande a condamné fin septembre son ex-collaborateur au Parlement européen à quatre ans et neuf mois de prison ferme pour espionnage au profit de la Chine.
Ces déboires judiciaires surviennent dans un contexte de montée de l’extrême droite en Allemagne : l’AfD, la première force d’opposition à l’issue des législatives de février dernier, est désormais au coude-à-coude avec les conservateurs du chancelier Friedrich Merz, selon les derniers sondages.








