Alors que la terreur fait rage, Abbas s’enlise dans le déni
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Analyse

Alors que la terreur fait rage, Abbas s’enlise dans le déni

En diabolisant Israël et son gouvernement, le leader palestinien coupe la branche sur laquelle il est perché

Elhanan Miller est notre journaliste spécialiste des affaires arabes

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas attend de prendre la parole à l'Assemblée générale des Nations unies le 30 septembre 2015 New York City (Andrew Burton / Getty Images / AFP)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas attend de prendre la parole à l'Assemblée générale des Nations unies le 30 septembre 2015 New York City (Andrew Burton / Getty Images / AFP)

La direction de l’Autorité palestinienne refuse de reconnaître la vague d’attaques terroristes menées par des loups solitaires qui ont lieu en Israël et en Cisjordanie et au lieu de cela blâme les forces israéliennes pour avoir tué de sang-froid des Palestiniens prétendument innocents.

Le cabinet palestinien, dirigé par le Premier ministre, Rami Hamdallah, s’est réuni jeudi pour discuter de l’escalade de la violence qui a fait ces derniers jours quatre morts israéliens et blessé plusieurs autres dans une série d’attaques palestiniennes incessante.

Un communiqué publié après la réunion a accusé la communauté internationale de « ne pas lever le petit doigt » pour tenir le gouvernement israélien responsable des soi-disante exécutions sommaires de civils palestiniens.

« Le gouvernement israélien et son Premier ministre doivent être tenus pour responsable de leur décision d’autoriser les forces de l’occupation de tuer et d’assassiner des enfants sans défense et des civils, qui sont devenus une cible permanente de ses actes d’exécutions sommaires et d’assassinat de sang-froid, auxquels nous sommes témoins tous les jours sous de faux prétextes », a affirmé le communiqué du cabinet.

Le président de l’AP, Mahmoud Abbas, a, pour sa part, mis l’accent dans ses récents discours sur la violence des résidents d’implantations contre les villages palestiniens, en ignorant la vague d’attentats à l’arme blanche perpétrés par des Palestiniens à travers Israël.

Des policiers sur les lieux d'une attaque au couteau à Jérusalem, le jeudi 8 octobre 2015.  (Crédit : Magen David Adom)
Des policiers sur les lieux d’une attaque au couteau à Jérusalem, le jeudi 8 octobre 2015. (Crédit : Magen David Adom)

Mardi, lors de sa déclaration liminaire à une réunion du Comité exécutif de l’OLP, Abbas a accusé les troupes israéliennes d’avoir tué un enfant palestinien de trois ans « sous le prétexte de jets de pierres ».

Le cas qui se rapprocherait vaguement le plus serait la mort de Shadi Ubaidallah, 13 ans, du camp de réfugiés d’Aida situé près de Bethléem, lundi, dans un incident qui fait actuellement l’objet d’une enquête de Tsahal.

Abbas a ensuite fustigé Israël pour les démolitions des maisons, les barrages routiers et les attaques des résidents d’implantations contre les Palestiniens innocents « à travers toute la Cisjordanie ».

« Honnêtement, nous ne connaissons pas la raison de cette [vague] », a déclaré Abbas.

« Parce que le côté palestinien n’a pas attaqué, pas plus qu’elle n’a commis aucun acte contre les Israéliens. Les habitants de Jérusalem sont en état de légitime défense, ce qui est notre droit. Nous devons tous protéger nos lieux saints – les lieux islamiques et chrétiens. S’ils [les Israéliens] songent à diviser al-Aqsa, cela ne se produira jamais ».

Jeudi, le ton d’Abbas était légèrement plus conciliant mais il n’a pas encore réussi à reconnaître les actes individuels de terrorisme palestinien et n’a toujours pas lancé d’appel pour y mettre fin.

« Nous ne pourrons pas recourir à la violence et nous ne recourrons pas à la force », a-t-il dit en faisant référence à la violence présumée des résidents, lors de l’ouverture d’un centre commercial à Ramallah.

« Nous sommes pacifiques et nous croyons à la résistance populaire et pacifique… ceci est notre droit, aussi longtemps qu’il y a agression ». Il n’a pas précisé ce que la résistance pacifique signifiait précisément.

Contrairement à Abbas, le Premier ministre Hamdallah, a adressé ce qu’il a appelé un « éveil populaire » concentré sur Jérusalem.

« Ce qui se passe, c’est un réveil populaire causé principalement par les tentatives de l’occupation israélienne de diviser la mosquée d’al-Aqsa en fonction du temps [de visite]. S’il avait réussi à le faire, cela passerait certainement à une division physique », a-t-il déclaré au site d’informations palestinien, Dunya al-Watan.

Abbas et son gouvernement ont effectivement fait écho à des rumeurs et à la désinformation diffusées par les médias sociaux palestiniens, plutôt que de les réfuter. Ce faisant, la direction de l’AP courtise le populisme, en gardant le débat dans une dimension émotionnelle plutôt que de tenter de l’amener à un échelon rationnel.

En diabolisant systématiquement Israël et son gouvernement dans l’opinion publique palestinienne, Abbas est en train de couper la branche sur laquelle il est perché.

Ses disciples auront du mal à pardonner un leader qui accuse le gouvernement israélien d’exécution d’un bambin de sang-froid tout en appelant à la reprise des négociations, comme il l’a fait mardi. Si on en croit la propagande d’Abbas, le Hamas serait la seule alternative crédible.

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