Alors que le confinement va débuter, Rivlin s’excuse de l’échec du gouvernement
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Alors que le confinement va débuter, Rivlin s’excuse de l’échec du gouvernement

Dans son allocution télévisée avant les trois semaines de confinement, le président a exhorté le gouvernement à regagner la confiance du public dans la lutte contre l'épidémie

Le président Reuven Rivlin s'adresse à la nation dans une allocution télévisée depuis sa résidence officielle à Jérusalem, le 16 septembre 2020. (Capture écran/Facebook)
Le président Reuven Rivlin s'adresse à la nation dans une allocution télévisée depuis sa résidence officielle à Jérusalem, le 16 septembre 2020. (Capture écran/Facebook)

Le président Reuven Rivlin s’est excusé mercredi auprès des Israéliens pour l’incapacité du gouvernement à contenir la pandémie de coronavirus, alors que le pays s’apprête à entrer dans une nouvelle période de confinement de trois semaines, avec une recrudescence d’infections et de décès dus au COVID-19.

« Je sais que nous n’avons pas fait assez en tant que dirigeants pour mériter votre attention. Vous nous avez fait confiance et nous vous avons laissé tomber », a déclaré M. Rivlin dans une allocution télévisée depuis la résidence présidentielle à Jérusalem.

Les projets de confinement, considérés par la plupart des responsables comme une mesure profondément impopulaire mais nécessaire compte tenu de la montée en flèche des taux d’infection, ont été mis en doute, certains menaçant de ne pas tenir compte des restrictions et d’autres se plaignant de directives peu claires, erratiques ou illogiques.

Mercredi matin, le vice-ministre de la Santé, Yoav Kisch, a fait savoir qu’il ne pensait pas que cette mesure permettrait d’endiguer de manière significative le taux de mortalité, notant la prévalence des lacunes et des exceptions présentes dans les mesures annoncées.

M. Rivlin a indiqué qu’il comprenait l’anxiété ressentie par les Israéliens face au confinement prochain et aux règles souvent contradictoires destinées à freiner la propagation du virus. Il s’est à nouveau excusé d’avoir célébré Pessah avec l’une de ses filles, malgré un couvre-feu strict sur le pays à l’époque et qui devait empêcher les rassemblements familiaux.

« Ma solitude n’est pas plus douloureuse que celle que beaucoup d’entre vous – qui ont pris tant de soin à suivre la parole et l’esprit des instructions – ressentent », a reconnu le président.

Le confinement prochain commencera vendredi à 14 heures, quelques heures avant le début de Rosh HaShana, et sera en vigueur jusqu’à Yom Kippour et Souccot. Il pourrait se terminer le 9 octobre après Simhat Torah ou être prolongé. Le confinement à l’échelle nationale comprendra des limitations strictes des déplacements, de l’activité économique, des rassemblements et la fermeture des écoles, ainsi que d’autres restrictions destinées à lutter contre la pandémie.

La police israélienne vue à l’entrée du quartier de Ramot à Jérusalem alors qu’Israël applique un couvre-feu nocturne, appliqué à une quarantaine de villes de tout le pays qui ont été gravement touchées par le Coronavirus, le 13 septembre 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

M. Rivlin a concédé que les Israéliens avaient payé un « prix élevé, un prix réel » pour les mesures contre le virus, évoquant la fermeture des synagogues pendant Pessah, des mosquées pendant le Ramadan et des cimetières militaires lors de Yom HaZikaron. Il a également fait allusion aux conséquences économiques pour ceux dont les moyens de subsistance ont été affectés par les restrictions liées au virus.

« Vous, les citoyens d’Israël, méritez un filet de sécurité de la part du pays. Les décideurs, les ministères et ceux qui mettent en œuvre les politiques doivent travailler pour vous et seulement pour vous. Pour sauver des vies, pour réduire l’infection, pour sauver l’économie. Je comprends le sentiment qu’aucun de ces objectifs n’a été atteint de manière satisfaisante », a-t-il souligné.

Le chef de l’État a averti que les Israéliens allaient maintenant « en payer à nouveau le prix » lorsque le confinement entrera en vigueur, tout en appelant le gouvernement à regagner la confiance du public pour ses efforts contre le virus.

« Je veux dire au gouvernement d’Israël – ses dirigeants, ses ministres et ses conseillers : la confiance du peuple est au-delà de toute valeur. Nous devons tout faire pour restaurer la confiance personnelle, médicale et économique de nos concitoyens », a-t-il exhorté. « C’est une deuxième chance et nous devons la saisir car nous n’aurons pas, je le crains, une troisième. »

Il a exhorté les Israéliens à ne pas rejeter la responsabilité de la pandémie sur des communautés spécifiques, faisant référence aux taux élevés dans les communautés arabes et ultra-orthodoxes densément peuplées, ainsi qu’aux affirmations selon lesquelles les manifestations contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu étaient une source importante d’infections.

« Nous ne l’emporterons pas en pointant du doigt certains et en lançant des accusations toxiques. Ce n’est qu’ensemble que nous vaincrons. Nous étions destinés à vivre ensemble, à partager les bonnes années et les années difficiles, à construire et à développer cette terre », a rappelé M. Rivlin.

Le président a également exhorté les Israéliens à s’entraider pour vaincre le virus.

« Je crois en ce peuple, je crois en notre capacité à vaincre. Je voudrais vous demander de croire en la capacité de ce peuple à l’emporter. C’est le moment de suivre les instructions, de prendre soin de vous et de ceux qui vous sont chers, de joindre vos mains pour aider ceux qui, autour de vous, ont besoin d’aide », a-t-il déclaré.

Des Israéliens font leurs courses pour Rosh HaShana au marché de Safed, dans le nord du pays, le 16 septembre 2020. (David Cohen/Flash90)

Si Israël a été félicité pour sa réponse initiale à la pandémie, le nombre de nouveaux cas et de décès n’a cessé d’augmenter depuis la réouverture des écoles et de l’économie, avec une hausse marquée des infections et des décès au cours des derniers mois.

Selon le ministère de la Santé, 172 322 cas ont été comptabilisés depuis le début de la pandémie. Le bilan des victimes s’élève à 1 163.

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