Alyah des Français – Hélène Le Gal rencontre la députée israélienne Nurit Koren
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Alyah des Français – Hélène Le Gal rencontre la députée israélienne Nurit Koren

Koren est présidente du lobby de la Knesset pour la promotion de l’immigration et de l’intégration des olim de France

Hélène Le Gal (g) et Nurit Koren (Crédit : Ambassade de France en Israël
Hélène Le Gal (g) et Nurit Koren (Crédit : Ambassade de France en Israël

L’Ambassadrice désignée de France en Israël, Hélène Le Gal, a rencontré hier la députée Nurit Koren, présidente du lobby de la Knesset pour la promotion de l’immigration et de l’intégration des olim français.

Après être revenues sur les récents progrès effectués pour faciliter l’arrivée des Français ayant fait le choix de l’aliyah, la députée et l’Ambassadrice désignée ont évoqué les domaines dans lesquels des actions devaient encore être menées dans cette perspective : reconnaissance des diplômes, logement et système scolaire, notamment.

Environ 15 000 Juifs français se sont installés en Israël au cours des deux dernières années, poussés entre autres, par une montée de l’antisémitisme et la stagnation économique.

146 nouveaux Olim de France ont atterri en août à l’aéroport Ben-Gurion grâce à l’aide du Conseil International des Chrétiens et des Juifs (IFCJ). 38 familles venaient de différentes villes à travers la France, dont Paris, Lyon, Marseille, Toulouse et Nice, qui fut le 14 juillet dernier le théâtre d’une attaque terroriste qui a coûté la vie à 84 personnes et fait près de 400 blessés.

Ils ont évoqué l’augmentation drastique des antisémites dans la capitale. Beaucoup d’Olim ont laissé non seulement leurs maisons mais aussi des entreprises prospères – qu’ils ont dû vendre avant leur alyah.

L'arrivée de Juifs français en Israël à l'aéroport Ben Gurion, Tel Aviv, le 2 août 2016 (Crédit : Noam Moscowitz)
L’arrivée de Juifs français en Israël à l’aéroport Ben Gurion, Tel Aviv, le 2 août 2016 (Crédit : Noam Moscowitz)

Charles Baccouche, directeur adjoint du Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme (BNVCA) a récemment évoqué pour le Times of Israel sa lutte contre l’antisémitisme qui sévit en France.

Le BNVCA, fondé par Sammy Ghozlan, ancien commissaire de police à la retraire, qui œuvre depuis plus de 15 ans pour combattre l’antisémitisme français et les boycotts contre Israël. Cela inclut notamment les actes de violence portés à l’encontre de rabbins, d’enfants de synagogues et d’écoles juive, qui connaissent une hausse depuis l’an 2000.

En 2014, à titre d’exemple, la communauté juive a enregistré 851 incidents antisémites, parmi lesquels 241 étaient des attaques violentes, soit une hausse importante comparé aux années précédentes (respectivement 423 et 105). Bien que Ghozlan vive désormais à Netanya, il revient régulièrement et entretient des relations étroites avec son équipe, et tout particulièrement avec son bras-droit Baccouche.

C’est Baccouche, qui représente le BNVCA au nom du judaïsme français dans toutes les démarches juridiques. Ses adversaires ne sont pas seulement des terroristes décidés à tuer des juifs, mais également les antisémites français les plus célèbres et les plus bruyants. Parmi eux, Dieudonné, Alain Soral, Jean-Marie Le Pen et Zeon (Fernandez), qu’il poursuit en justice quatre à cinq fois par an.

« La justice est très lente, et ils repoussent sans cesse », dit-il. « Le plus important est de porter plainte auprès du gouvernement français. »

Au cours des trois dernières années, il a porté plainte pour environ 400 actes antisémites, comme il le fait depuis 2009. « A chaque fois qu’il y a un acte antisémite », déclare Baccouche, qui vit près de la Tour Eiffel.

Charles Baccouche a chois de rester en France et de combattre l'antisémitisme dans les tribunaux, même s'il pourrait prendre sa retraite. (Crédit : autorisation)
Charles Baccouche a chois de rester en France et de combattre l’antisémitisme dans les tribunaux, même s’il pourrait prendre sa retraite. (Crédit : autorisation)

Une fois l’alyah décidée, et une fois arrivés en Israël, beaucoup d’olim français ont du mal à s’intégrer. Deux facteurs : la langue et le travail. Auxquels on pourrait ajouter le paramètre de l’âge à cette équation.

Mais si leur influence se ressent en Israël, avec l’ouverture de multiples pâtisseries casher, de crèches pour francophones et des jeunes garçons portant une kippa qui imitent leurs vedettes de cinéma préférées sur la place Yad L’Banim de Raanana, les nouveaux venus francophones d’Israël luttent pour trouver leur place au niveau économique.

Leurs difficultés rappellent celles des immigrants russes qui sont arrivés en Israël dans les années 1990, dont de nombreux d’entre eux étaient très bien formés professionnellement avec des diplômes de haut niveau pour travailler dans des emplois peu qualifiés comme éboueurs ou balayeurs de rue parce que leur qualifications n’étaient pas reconnues.

« Des médecins, des infirmières et des pharmaciens qui ont étudié 5 ou 8 ans ne travailleront pas ici comme des agents d’entretien comme l’ont fait d’autres immigrants russes dans les années 1990, avait déclaré Mickael Bensadoun, le directeur de Qualita à JTA. Ils sont sionistes, mais il y a une limite. Et si l’on en arrive là, ils retourneront en France ou partiront vers d’autres pays demandeurs de nouveaux immigrants qualifiés, comme le Canada« .

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