AMIA: la vice-présidente argentine dénonce les poursuites dont elle fait l’objet
Rechercher

AMIA: la vice-présidente argentine dénonce les poursuites dont elle fait l’objet

Cristina Fernandez de Kirchner, accusée d'avoir couvert le rôle de l'Iran, a qualifié ces allégations de "scandale monumental" au 27e anniversaire de l'attentat de Buenos Aires

La présidente argentine Cristina Kirchner à Buenos Aires le 30 janvier 2015 (Crédit : AFP PHOTO / ALEJANDRO PAGNI)
La présidente argentine Cristina Kirchner à Buenos Aires le 30 janvier 2015 (Crédit : AFP PHOTO / ALEJANDRO PAGNI)

À l’occasion des 27 ans de l’attentat à la bombe contre le centre juif AMIA à Buenos Aires, qui a fait 85 morts et des centaines de blessés, la vice-présidente argentine Cristina Fernandez de Kirchner a qualifié une nouvelle fois de « scandale monumental » le procès imminent concernant ses efforts présumés pour dissimuler le rôle de l’Iran dans l’attentat.

« Il s’agit d’un panel judiciaire destiné à persécuter les opposants de Mauricio Macri », a-t-elle déclaré vendredi, en référence au précédent président argentin, dans un discours vidéo plein de colère prononcé au même moment que la cérémonie annuelle de commémoration des victimes de l’attentat.

Elle a demandé l’abandon de son procès, qui doit débuter plus tard dans l’année.

Kirchner, une gauchiste progressiste qui a été présidente du pays de 2007 à 2015, a été inculpée par un juge fédéral en 2018 pour entrave à l’enquête sur l’attentat de 1994.

Après avoir mené sa propre enquête sur l’affaire, le procureur juif Alberto Nisman a affirmé en 2015 que Kirchner disposait d’un réseau secret avec des responsables iraniens impliqués dans l’attentat et qu’elle s’efforçait de les garder à l’abri des soupçons.

Nisman a ensuite été retrouvé mort dans son appartement, – le jour où il devait présenter ses conclusions au tribunal. Sa mort a finalement été classée comme un homicide, après avoir été initialement considérée comme un suicide.

Alberto Nisman donne une conférence de presse à Buenos Aires, le 20 mai 2009. (AFP Photo/Juan Mabromata)

Le groupe de coordination juif argentin DAIA, qui fait partie du groupe menant les accusations contre Kirchner et dont le siège est situé dans le bâtiment de l’AMIA, avait demandé que l’audience publique de Kirchner de vendredi soit déplacée.

Elle a été avancée d’une heure seulement, et le discours enflammé de Kirchner a empiété sur une partie de la cérémonie de commémoration.

« Juillet est un mois de commémoration, d’hommage et de quête de justice. Ce n’est pas un mois pour politiser une cause. Programmer son audience le même jour est offensant », a déclaré le président de la DAIA, Jorge Knoblovits, à la Jewish Telegraphic Agency.

« Si les sentiments des victimes de la plus grande attaque terroriste du 20e siècle ne sont pas respectés, il est très difficile de rendre justice et de mettre fin à l’impunité », a-t-il ajouté.

Fernandez de Kirchner reste également inculpée dans de multiples scandales de corruption datant de son mandat de présidente.

Le centre juif de Buenos Aires suite à l’attaque, en juillet 1994. (Cambalachero / Wikimedia commons)

La commémoration de l’AMIA s’est tenue virtuellement pour la deuxième année consécutive, en raison des mesures de précaution liées au coronavirus.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...