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Amir Peretz finalement nommé à la présidence du conseil d’administration de l’IAI

Un comité consultatif dédié aux nominations de haut niveau avait pourtant douté de l'ancien travailliste en raison de son manque d'expérience et de ses liens avec Gantz

Le ministre de l'Economie Amir Peretz à Jérusalem, le 18 mai 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre de l'Economie Amir Peretz à Jérusalem, le 18 mai 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le cabinet a approuvé dimanche la nomination de l’ancien chef du parti travailliste Amir Peretz au poste de président du conseil d’administration d’Israel Aerospace Industries (IAI), après qu’un comité consultatif dédié aux nominations de haut niveau s’y fut opposé.

Le ministre de la Défense Benny Gantz avait proposé la candidature de Peretz, mais le comité consultatif avait jugé que le choix était problématique, citant le manque d’expérience de Peretz dans de telles entreprises ainsi que ses liens avec Gantz (Peretz a été nommé ministre sous Gantz dans le gouvernement précédent, dans lequel ce dernier avait le pouvoir de nommer environ la moitié du cabinet en vertu d’un accord de partage du pouvoir).

Le cabinet a cependant ignoré l’avis du comité dimanche, approuvant la nomination de Peretz. Celle-ci nécessitait l’autorisation du ministre des Finances Avigdor Liberman, qui a été obtenue.

La chef travailliste Merav Michaeli et les ministres Meretz Nitzan Horowitz et Tamar Zandberg se sont abstenus lors du vote. Michaeli a déclaré par la suite que la proposition n’aurait pas dû être présentée au cabinet, qui a « une responsabilité particulière » en matière de bonne gouvernance « après un gouvernement qui a gravement porté atteinte aux gardiens [de la démocratie] ».

Liberman a, quant à lui, critiqué les membres du panel pour avoir remis en question son jugement et celui de Gantz et laissé entendre qu’ils devraient démissionner.

L’organisme de surveillance du Mouvement pour un gouvernement de qualité a reproché au cabinet de « court-circuiter les professionnels en ignorant leur travail ». « Les nominations politiques sont une maladie de la politique israélienne. Ce n’est pas ainsi que se comporte un ‘gouvernement du changement’. Les menaces du ministre des Finances Liberman et les appels à la démission des membres du panel sont honteux. »

Le chef de l’alliance Parti travailliste / Gesher Amir Peretz (à droite) et le dirigeant de Kakhol lavan, Benny Gantz (à gauche) se rencontrent à Jérusalem, le 28 octobre 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le poste de chef du conseil d’administration de l’IAI a été libéré début 2021 après que le précédent président, Harel Locker, a démissionné et a été nommé président de la société pétrolière Paz.

Amir Peretz a également été ministre de la Défense en 2006-2007, y compris pendant la guerre du Liban de 2006, et a contribué à faire approuver le système de défense Dôme de fer, développé en partie par l’IAI.

Peretz, 69 ans, a dirigé le parti travailliste jusqu’en janvier. Il a alors annoncé qu’il ne se présenterait pas à la Knesset lors des élections de mars, au milieu d’intenses critiques sur sa décision de rejoindre un gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahu après avoir promis – à maintes reprises – de ne pas le faire en 2020. Les sondages de l’époque indiquaient que les travaillistes échoueraient à entrer à la Knesset, mais Michaeli a réussi à faire gagner sept sièges au parti.

Au moment où il a quitté la Knesset, Peretz était le plus vieux député, ayant servi sans interruption depuis 1988, à l’exception d’une pause de trois mois fin 2012.

Il avait également envisagé de se présenter aux récentes élections présidentielles, avant d’y renoncer.

Merav Michaeli pendant une conférence dans le nord d’Israël, le 16 novembre 2021. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Le poste de président du conseil d’administration d’IAI est extrêmement recherché selon le site économique Calcalist, l’entreprise ayant un chiffre d’affaires de plus de 4 milliards de dollars.

IAI développe et fabrique des systèmes avancés pour la sécurité aérienne, spatiale, maritime, terrestre, cyber et intérieure. Depuis 1953, l’entreprise fournit des solutions technologiques à des clients gouvernementaux et commerciaux du monde entier, notamment des satellites, des missiles, des systèmes d’armes et des munitions, des systèmes sans pilote et robotiques, et des radars.

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