Amman condamne le projet de train à grande vitesse au mur Occidental
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Amman condamne le projet de train à grande vitesse au mur Occidental

La Jordanie a qualifié la proposition du ministre des Transports de "violation flagrante du droit international"

Une vue du train rapide Tel Aviv-Jérusalem dans la vallée HaArazim, aux abords de Jérusalem, le 25 septembre 2018 (Crédit :  Yossi Zamir/Flash90)
Une vue du train rapide Tel Aviv-Jérusalem dans la vallée HaArazim, aux abords de Jérusalem, le 25 septembre 2018 (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

La Jordanie a condamné, mardi, le projet d’un ministre israélien de prolonger la ligne du train à grande vitesse reliant Tel Aviv à Jérusalem jusqu’au site du mur Occidental, dans la Vieille Ville de la capitale.

Qualifiant ce plan de « violation flagrante du droit international », le porte-parole du ministère des Affaires étrangères jordanien, Daifallah al-Fayez, a appelé la communauté internationale à « prendre ses responsabilités pour résister aux initiatives illégitimes et illégales prises par Israël », des propos rapportés par la BBC.

La colère palestinienne avait été entraînée par l’annonce, lundi, par le ministre des Transports Bezalel Smotrich que les responsables avaient approuvé l’avancée d’un plan controversé d’installation d’une gare ferroviaire au cœur de la Vieille Ville qui amènerait les touristes depuis l’aéroport Ben-Gurion jusqu’au mur Occidental, le site de prière le plus saint du judaïsme.

Dans un communiqué, le bureau de Smotrich avait indiqué, lundi, que le projet – initié par son prédécesseur Israel Katz – avait été reporté au cours de l’année passée, sans donner de détails.

Toutefois et suite à une directive de Smotrich, le Conseil national pour la planification et la Construction a approuvé un nouvel itinéraire pour le train, a fait savoir le ministère des Transports. Il n’avait pas précisé les détails de la modification de l’itinéraire.

Des milliers de personnes assistent à la prière de pardon (Selichot), au mur Occidental de la Vieille Ville de Jérusalem, tôt le 8 octobre 2019, en prélude au prochain Jour des Expiations pour les Juifs, Yom Kippour. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le plan implique de prolonger la ligne de train à grande vitesse entre Jérusalem et Tel Aviv de son terminus actuel, à proximité de la gare routière centrale de Jérusalem, à une nouvelle station dans la Vieille Ville, via un tunnel souterrain. Le plan implique la construction de deux gares souterraines et celle d’environ trois kilomètres de tunnel, sous le centre-ville de Jérusalem et sous la Vieille Ville, site historiquement et politiquement sensible – un projet qui devrait entraîner une opposition féroce des archéologues, des autorités religieuses et des Palestiniens.

La Jordanie s’oppose à ce développement dans la Vieille Ville de Jérusalem. La monarchie jordanienne est considérée par les Israéliens comme par les Palestiniens comme la « gardienne » des lieux saints musulmans, et elle s’oppose depuis longtemps contre ce qu’elle considère comme un enracinement israélien par le biais de projets de construction et d’infrastructures autour et à l’intérieur du mont du Temple.

Smotrich avait salué cette initiative « historique », ajoutant dans un communiqué que la nouvelle ligne de train « est une immense nouvelle pour les résidents israéliens et les millions de touristes qui viennent à Jérusalem ».

C’est en 2017 que le projet avait été présenté pour la première fois par Katz, l’ancien ministre des Transports, qui avait déclaré que la gare de la Vieille Ville porterait le nom du président américain Donald Trump, ayant reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël, une reconnaissance qui était survenue un mois plus tôt.

Le porte-parole du ministère des Transports, Avner Ovadia, avait expliqué à l’époque que le coût du projet était estimé à plus de 700 millions de dollars et que, s’il était approuvé, il faudrait quatre ans pour le mener à bien.

Le coût et le temps nécessaires dépendent en partie de la nécessité de creuser, dans la capitale montagneuse, le tunnel dans la roche.

La nouvelle gare routière Yitzhak Navon à Jérusalem, le 25 septembre 2018 (Crédit : Aharon Krohn/FLASH90)

Au mois de décembre dernier, le très attendu train Jérusalem-Tel Aviv a commencé à circuler à pleine capacité, pour la première fois, et toutes les heures – bien que la ligne n’aille que jusqu’à HaHagana dans le sud de Tel Aviv et n’atteindra pas les gares du centre et du nord de la ville avant la fin de l’année.

Le train a été inauguré en 2018 après des années de retard, mais il ne transportait au début que des passagers entre Jérusalem et l’aéroport Ben Gurion, car la compagnie ferroviaire préparait l’électrification de la ligne jusqu’à Tel Aviv. Les voyageurs devaient alors changer de train à l’aéroport pour rejoindre la ville blanche, ce qui ajoutait une vingtaine de minutes au trajet.

La ligne remplace une voie ferrée datant de l’époque du mandat britannique qui, pendant des décennies, s’est frayée un chemin entre Tel Aviv et le sud de Jérusalem par des cols de montagne pittoresques, le trajet prenant près de deux heures pour une distance d’environ 70 kilomètres.

Cette nouvelle liaison est l’un des plus importants projets de génie civil entrepris par l’État d’Israël et comprend de longs ponts et tunnels qui permettront au train de conserver une vitesse élevée à travers toutes les collines de Jérusalem, avec notamment un emblématique viaduc situé à 40 mètres de hauteur s’étendant sur plus d’un kilomètre au-dessus de la vallée Ayalon.

La construction de cette ligne à grande vitesse avait commencé en 2001, et la date d’inauguration initiale était prévue en 2008 – soit il y a douze ans. Elle avait été reportée à plusieurs reprises, d’abord en 2014, deux fois en 2018 et une fois encore en 2019. Le lancement de la ligne Jérusalem-Ben Gurion en octobre 2018 avait été marqué par d’innombrables dysfonctionnements, retards et arrêts.

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