Amman libère un caricaturiste arrêté pour offense aux Emirats
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Amman libère un caricaturiste arrêté pour offense aux Emirats

Emad Hajjaj, accusé "d'avoir produit des écrits susceptibles de troubler les relations avec un pays ami", sera toutefois jugé pour "calomnie et diffamation"

Le dessin du caricaturiste Emad Hajjaj qui lui a valu d’être renvoyé devant la Cour de sûreté de l'Etat. (Crédit : Twitter)
Le dessin du caricaturiste Emad Hajjaj qui lui a valu d’être renvoyé devant la Cour de sûreté de l'Etat. (Crédit : Twitter)

Les autorités jordaniennes ont libéré dimanche le caricaturiste Emad Hajjaj, arrêté pour un dessin sur l’accord de normalisation des relations entre Israël et les Emirats, selon une source judiciaire.

M. Hajjaj, accusé « d’avoir produit des écrits susceptibles de troubler les relations avec un pays ami », sera toutefois jugé pour « calomnie et diffamation », a indiqué cette source à l’AFP.

« La décision de libérer M. Hajjaj survient après que la Cour de sûreté de l’Etat a modifié le chef d’accusation contre lui », a-t-elle ajouté.

Le caricaturiste encourt désormais entre six mois et deux ans de prison.

Rakan Saaydeh, à la tête du syndicat des journalistes du pays, a confirmé la libération de M. Hajjaj, jusqu’alors en détention provisoire, ainsi que les nouvelles charges retenues contre lui.

« Il comparaîtra devant le procureur général d’Amman » et non plus devant le tribunal militaire en charge des affaires de terrorisme, a indiqué M. Saaydeh à la presse.

La date de son procès n’a pas été précisée.

L’arrestation du caricaturiste a été condamnée par des groupes de défense des droits humains.

Cette affaire « ne fait que confirmer que la Jordanie cherche à museler les citoyens qui parlent librement », a dénoncé vendredi Joe Stork, directeur adjoint du bureau régional de Human Rights Watch.

M. Hajjaj, un des caricaturistes les plus en vue en Jordanie, a été arrêté mercredi soir, quelques heures après la publication de sa caricature sur son compte Facebook et son site officiel.

Intitulé « Israël demande à l’Amérique de ne pas vendre les F-35 aux Emirats arabes unis », le dessin jugé « offensant » par le ministère public représente le prince héritier d’Abou Dhabi, Mohammed ben Zayed, portant une colombe, frappée du drapeau israélien, qui lui crache au visage. Sur les crachats est écrit « F-35 ».

Depuis l’accord de normalisation entre Israël et les Emirats, annoncé le 13 août, la vente possible d’avions de combat F-35 par Washington aux Emirats reste un sujet sensible.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a démenti des informations selon lesquelles l’accord comportait la vente de ces avions aux Emirats, s’opposant à une telle transaction qui pourrait priver Israël de sa supériorité technologique dans la région, ancrée dans la loi américaine.

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