Amsterdam : Fin des manifestations du mouvement BDS place Dam
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Amsterdam : Fin des manifestations du mouvement BDS place Dam

Cette initiative survient suite à une hausse des incidents antisémites aux Pays-bas et après qu'une femme a été filmée en train de faire une longue tirade anti-juive

L'activiste BDS Simon Vrouwe fait la promotion du mouvement anti-israélien dans une contre-manifestation à Amsterdam, le 23 avril 2017 (Crédit : Cnaan Liphshiz/JTA)
L'activiste BDS Simon Vrouwe fait la promotion du mouvement anti-israélien dans une contre-manifestation à Amsterdam, le 23 avril 2017 (Crédit : Cnaan Liphshiz/JTA)

AMSTERDAM — Les partisans du boycott d’Israël ont fait savoir qu’ils se tiendraient dorénavant à distance du monument de commémoration de la Seconde Guerre mondiale de la capitale néerlandaise, où leurs soutiens ont été à l’origine d’incidents de haine et de violences antisémites.

Gustav Draijer, l’un des responsables du mouvement BDS (Boycott, Divestment and Sanctions) hollandais, a annoncé dimanche que les rassemblements réguliers des manifestants sur la place Dam allaient cesser, citant des « agressions et intimidations » de la part des opposants.

La municipalité, au mois d’avril, avait juré de limiter la présence de longue date des soutiens anti-israéliens sur la place ainsi que de réduire le nombre de contre-manifestations plus récentes. Le bureau du maire a envoyé une ordonnance de cessation sous forme de courrier aux membres des deux parties concernées, a fait savoir un porte-parole à JTA.

Le 16 juin, une femme, Celine Sleiman, avait été filmée en train de faire une longue tirade anti-juive sur la place.

« Tueurs, haineux. Le Talmud vous appelle à b…er les filles. Le Talmud vous dit d’empoisonner l’humanité », a-t-elle dit à des touristes israéliens sur les images incriminées.

Le groupe de veille sur l’antisémitisme CIDI a porté plainte contre Sleiman pour crime de haine.

Des touristes israéliens devant un stand du BDS avec des photos et des drapeaux palestiniens, appelant à la « Palestine libre », à sur la place de Dam, au centre d’Amsterdam, en Hollande, le 24 juin 2016. Illustration. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Mardi, des centaines de responsables et dignitaires de la communauté juive se sont réunis au Ridderzaal de La Haye, un centre de convention du 13e siècle situé près du sénat néerlandais. En 1940, le gouverneur nazi autrichien de la Hollande occupée, Arthur Seyss-Inquart, y avait fait son tout premier discours.

« La lutte contre l’antisémitisme n’est pas la tâche des Juifs mais bien celle de la société toute entière », a commenté le grand rabbin néerlandais Binyomin Jacobs lors de l’événement.

De plus, les deux plus importantes églises des Pays-Bas – les organisations-cadre catholique et protestante RKK et PKN – ont publié la semaine dernière des communiqués exprimant leur « vive préoccupation » face à la recrudescence de l’antisémitisme en Hollande.

Le mois dernier, le gouvernement néerlandais a annoncé qu’il avait
alloué 3,35 millions de dollars à la lutte contre la haine anti-juive. C’est la première fois que le pays place ce combat sur la liste de ses priorités nationales.

Ce financement, attribué lors des négociations budgétaires qui ont eu lieu entre les membres de la coalition au pouvoir, ont établi la lutte contre l’antisémitisme comme point déterminant requérant l’attention gouvernementale aux côtés de l’éducation, de l’intégration des immigrants et de cinq autres sujets d’importance.

Cette initiative a suivi une couverture très large par les médias néerlandais des craintes nourries par les Juifs face aux harcèlements et aux violences, en particulier de la part des immigrants arabes ou musulmans et de leurs descendants. En 2018, le groupe CIDI a fait savoir que le vandalisme antisémite avait augmenté de 40 %, atteignant son plus haut niveau en dix ans avec 28 cas.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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