Anat Berko ne veut pas qu’un trésor juif soit restitué à l’Irak
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Anat Berko ne veut pas qu’un trésor juif soit restitué à l’Irak

Pour la députée du Likud, les archives détenues depuis 2003 par Washington “appartiennent aux Juifs d’origine irakienne, et pas aux Irakiens qui ont persécuté et chassé leurs citoyens juifs”

Anat Berko, députée du Likud, pendant une session de la commission des Affaires étrangères et de la Défense à la Knesset, le 19 novembre 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Anat Berko, députée du Likud, pendant une session de la commission des Affaires étrangères et de la Défense à la Knesset, le 19 novembre 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Une députée israélienne refuse qu’un trésor d’objets juifs soit restitué à l’Irak, et a demandé au Premier ministre Benjamin Netanyahu qu’il fasse pression sur les Etats-Unis pour qu’ils le gardent en dehors de ce pays.

Anat Berko, membre du Likud de Netanyahu, a affirmé que les objets appartenaient à Israël.

Découverts dans un sous-sol inondé du siège des services secrets irakiens par les troupes américaines en 2003, les documents religieux, livres, documents personnels et photographies ont été restaurés et exposés aux Etats-Unis.

Le département d’Etat américain a dit à JTA le mois dernier que les documents seraient rendus à l’Irak en septembre 2018, selon un accord conclu avec le gouvernement irakien.

« Les archives appartiennent aux Juifs d’origine irakienne, et non aux Irakiens ont persécuté, expulsé et chassé leurs citoyens juifs », a écrit Berko dans une lettre adressée lundi à Netanyahu.

Détail d'un étui pour rouleau de Torah, provenant de Bagdad et datant du XIX-XXe siècle, faisant partie des archives juives irakiennes. (Crédit : National Archives via JTA)
Détail d’un étui pour rouleau de Torah, provenant de Bagdad et datant du XIX-XXe siècle, faisant partie des archives juives irakiennes. (Crédit : National Archives via JTA)

Si les pressions diplomatiques venaient à échouer, a écrit Berko, Israël devrait engager un expert juridique américain pour porter plainte et obtenir des Etats-Unis qu’ils renégocient leur accord avec l’Irak.

Berko, dont les parents ont fui l’Irak pour Israël, a affirmé que les objets avaient leur place au Centre du patrimoine de la communauté juive babylonienne, situé près de Tel Aviv.

« Maintenir les archives en dehors de l’Irak est possible, mais nécessiterait un nouvel accord entre le gouvernement d’Irak, et [de trouver] une institution ou un gouvernement d’accueil temporaire », a expliqué le mois dernier à JTA Pablo Rodriguez, porte-parole du département d’Etat.

Des élus américains et des organisations juives ont fait pression pour que les Etats-Unis gardent ces archives, qui contiennent de nombreux objets pillés dans des foyers juifs, dans un endroit accessible aux Juifs irakiens et à leurs descendants, qui vivent aujourd’hui dans d’autres pays après avoir été chassés par des persécutions intenses. L’Irak et les partisans du retour des archives affirment qu’elles peuvent être un outil pédagogique pour les Irakiens dans la transmission de l’histoire des Juifs, et qu’elles font partie du patrimoine du pays.

Le mois dernier, Rodriguez avait dit que les Etats-Unis « exhorteront le gouvernement irakien à prendre les mesures nécessaires pour préserver les archives, et pour les mettre à la disposition du public. »

Les grandes organisations juives sont majoritairement restées silencieuses sur ce sujet. L’Organisation sioniste d’Amérique (ZOA) a publié le mois dernier un communiqué appelant le département d’Etat à ne pas restituer les archives.

Elles doivent être exposées au musée juif du Maryland entre le 15 octobre et le 15 janvier.

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