Rechercher

Antisémitisme/campus US: le Vermont a le plus grand nombre de cas signalés en 2021

Un rapport d'un groupe de défense des droits humains recense les incidents antisémites dans les facultés, la plupart se sont produits physiquement et non sur la Toile

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

Illustration : Le campus de l'Université du Vermont à Burlington, Vermont, le 11 mars 2020. (Crédit : AP Photo/Charles Krupa)
Illustration : Le campus de l'Université du Vermont à Burlington, Vermont, le 11 mars 2020. (Crédit : AP Photo/Charles Krupa)

Une enquête sur l’antisémitisme dans les universités américaines, publiée lundi, a révélé que la plupart des incidents en 2021 ont eu lieu en face à face, de personne physique à personne physique, et non en ligne, et que la région la plus touchée était le nord-est des États-Unis.

L’université du Vermont figure en haut du tableau pour le nombre d’incidents, avec 58 actes antisémites.

Le groupe Jewish on Campus a recueilli des témoignages d’étudiants l’année dernière et a rassemblé les données pour le rapport.

Le rapport était principalement axé sur les États-Unis et le Canada, qui représentaient 95,5 % des incidents. Il comprenait des incidents de plusieurs autres pays, mais très peu ont été présentés au groupe hors de l’Amérique du Nord.

Il y a eu 544 incidents au total dans 11 pays, 41 États américains et 228 universités. Les incidents ont été auto-déclarés par les étudiants, et non recueillis dans le cadre d’une enquête officielle.

Jewish on Campus a été fondé en 2020 et s’est associé au Congrès juif mondial l’an dernier.

Le rapport indique que 72 % des incidents se sont produits en personne et 28 % en ligne, malgré le fait que de nombreux cours se déroulent virtuellement en raison de la pandémie. La plupart des incidents impliquaient le recours à des tropes antisémites traditionnels et à la diabolisation d’Israël.

Les étudiants étaient responsables de 316 actes antisémites et les professeurs de 122. Les données plus précises n’étaient pas disponibles pour chacun des incidents signalés.

Les principaux États américains pour l’ensemble des incidents étaient le Massachusetts, le Vermont, New York et la Californie. Le nombre élevé d’incidents dans ces États était probablement corrélé avec l’augmentation de la population étudiante juive et la politique progressiste adoptée par certains mouvements étudiants.

Un bâtiment de l’université de Tufts, dans la région de Boston. (Crédit : Wikimedia Commons via JTA)

Sur la liste des universités en cause, juste après l’Université du Vermont, figurent Tufts, George Washington, Rutgers et l’Université de Chicago.

En réponse au rapport, l’Université du Vermont a déclaré : « À l’Université du Vermont, nous nous efforçons de maintenir un environnement sûr et inclusif pour tous les membres de notre collectivité. Notre position sur les comportements déviants est claire : nous ne les tolérons pas. Nous avons de multiples processus en place pour signaler les incidents. Et nous avons des procédures de suivi qui assistent les membres touchés de notre communauté et qui poursuivent les responsables. »

Selon le rabbin Zalman Wilhelm, directeur du centre Habad de l’Université du Vermont, la plupart des incidents antisémites dont il a entendu parler sur le campus se sont produits discrètement, lors d’interactions individuelles entre les étudiants et le corps professoral.

La nature clandestine des incidents a fait que de nombreux étudiants ne ressentent pas directement l’antisémitisme sur le campus, même s’il est présent. Le nombre total d’incidents signalés était faible en comparaison avec l’importante population étudiante juive.

« S’ils n’y prennent pas garde, ils ne s’en rendront pas compte, à moins d’y être directement impliqués», a-t-il dit. « Il se produit beaucoup de petits incidents, de telle manière que certains étudiants estiment qu’il y a de nombreux incidents antisémites, et ils en sont très affectés, alors que d’autres ne se rendent même pas compte qu’il en existe. »

Bien que la plupart des étudiants juifs n’aient pas connu directement l’antisémitisme, ils ressentent une pression sociale sur le campus progressiste.

« Il y a beaucoup d’élèves qui ont peur de s’identifier comme Juifs ou qui ont peur de partager leurs opinions parce qu’ils appréhendent ‘ce que les autres vont dire’. Ils ne veulent pas être expulsés de leurs cercles d’amis ou se voir critiqués sur les médias sociaux », a déclaré M. Wilhelm.

Il a déclaré que le problème s’aggravait sur le campus et était lié aux tendances politiques aux États-Unis.

Wilhelm, qui est à l’Université du Vermont depuis 2006, a demandé à l’administration de l’université de « prendre des mesures fermes et dénoncer tout antisémitisme ».

« L’université devrait prendre chaque incident au sérieux et décider des mesures nécessaires pour la sécurité de tous. Nous ne voulons pas d’antisémitisme ici. L’antisémitisme n’est pas le bienvenu dans le Vermont », a-t-il déclaré.

Le centre Hillel de l’université a déclaré qu’il avait le soutien de l’administration, même si les étudiants juifs ont connu une montée de l’antisémitisme, comme d’autres campus. Le centre a déclaré qu’il travaillait avec des partenaires de l’Université du Vermont sur plusieurs fronts pour soutenir les étudiants juifs.

Le rapport a été publié dans un contexte de controverse sur l’antisémitisme et l’identité juive dans le système éducatif américain, y compris sur les campus universitaires.

La semaine dernière, le Département américain de l’Éducation a déclaré avoir ouvert une enquête sur le harcèlement présumé d’étudiants juifs au Brooklyn College de New York.

Les professeurs de l’établissement ont accusé les étudiants juifs d’avoir mené une oppression raciale, et d’autres étudiants ont ouvertement discuté de manière violente avec eux, d’après la plainte déposée et qui a mené à l’enquête. L’administration de l’école a ignoré les plaintes des étudiants juifs et a permis à un « environnement hostile » de couver sur le campus, en violation du droit civil, selon les termes de la plainte.

Une jeune femme tient une pancarte en direction de la circulation sur la 3e Avenue devant les bureaux du gouverneur de New York, Andrew Cuomo, jeudi 15 octobre 2020, à New York. (AP Photo/Kathy Willens)

Le mois dernier, six professeurs de la City University of New York (CUNY) ont intenté une poursuite fédérale contre leur syndicat, le qualifiant d’ « antisémite, anti-Juif et anti-Israël ».

Lundi, l’Anti-Defamation League (ADL) a déclaré avoir demandé à l’Université de Chicago de prendre des mesures contre le groupe « Students for Justice in Palestine », après que le groupe étudiant a appelé d’une manière injurieuse au boycott des « cours sionistes ».

Ces cours étaient intitulés « Relations entre les sexes », « Multiculturalisme en Israel » et « Histoire d’Israël et de la Palestine au travers des livres et des films ».

Le groupe d’étudiants a déclaré que les cours faisaient partie d’une « campagne de propagande qui se rend complice de la poursuite de l’occupation israélienne de la Palestine ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...