AP: Les déclarations du Hamas concernant l’attentat à la bombe sont « illogiques »
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AP: Les déclarations du Hamas concernant l’attentat à la bombe sont « illogiques »

Les accusations surviennent après que le Hamas a déclaré avoir tué le principal suspect dans la tentative d'assassinat du Premier ministre palestinien

Khaled Abu Toameh est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Les policiers du Hamas effectuent un raid à Nuseirat, au sud de la ville de Gaza, le 22 mars 2018, qui a abouti à l'arrestation d'un suspect dans un récent attentat à la bombe contre le Premier ministre palestinien, ont déclaré des responsables. ("AFP PHOTO / MOHAMMED ABED")
Les policiers du Hamas effectuent un raid à Nuseirat, au sud de la ville de Gaza, le 22 mars 2018, qui a abouti à l'arrestation d'un suspect dans un récent attentat à la bombe contre le Premier ministre palestinien, ont déclaré des responsables. ("AFP PHOTO / MOHAMMED ABED")

L’Autorité palestinienne a rejeté jeudi les allégations du Hamas selon lesquelles il aurait tué le suspect responsable de l’attentat à la bombe contre le convoi du Premier ministre Rami Hamdallah au début du mois, affirmant que son histoire était » peu convaincante ».

L’AP a accusé le Hamas, qui dirige la bande de Gaza, de « créer des comptes-rendus peu convaincants et illogiques » sur les circonstances entourant le raid de jeudi contre une maison dans le camp de réfugiés de Nusseirat dans la bande de Gaza centrale, où se cachait le principal suspect, Anas Abu Khoussa.

Le Hamas a déclaré qu’Abu Khoussa, l’un de ses complices et deux policiers du Hamas ont été tués au cours du raid.

Salah Bardawil, représentant du Hamas, a d’abord déclaré qu’Abu Khoussa avait été arrêté avec deux de ses complices. Certains rapports indiquaient initialement qu’Abu Khoussa avait subi des blessures modérées à graves pendant le raid.

Cependant, le ministère de l’Intérieur dirigé par le Hamas a annoncé plus tard qu’Abu Khoussa avait été tué lors d’un échange de coups de feu avec les forces de police du Hamas qui entouraient la maison dans laquelle il se cachait.

Un homme qui était avec Abu Khoussa, et qui a été identifié comme Abd al Hadi al Ashhab, a également été tué, a déclaré le ministère.

Le raid a eu lieu quelques heures après l’annonce par le Hamas d’une récompense de 5 000 dollars pour quiconque fournit des informations conduisant à la capture d’Abu Khoussa.

Un véhicule endommagé par l’explosion qui s’est produite près du convoi du Premier ministre palestinien, Rami Hamdallah, a été aperçu à Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza, le 13 mars 2018 (Crédit : AFP / Mohammed Abed)

En réponse à l’opération du Hamas, le gouvernement de l’Autorité palestinienne a accusé le groupe terroriste qui dirige la bande de Gaza de « concevoir de faux scénarios » concernant le bombardement du convoi pour détourner l’attention de sa responsabilité dans l’attaque.

L’attaque de l’AP contre le Hamas fait suite à des rapports suggérant qu’Abu Khoussa et certains de ses complices étaient liés au Service de renseignement général basé en Cisjordanie et dirigé par Majed Faraj.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu serre la main de Saeb Erekat à Jérusalem, en avril 2012. Ils sont accompagnés de Yitzhak Molcho, assistant de Netanyahu, et de Majed Faraj, chef de la sécurité de l’Autorité palestinienne. (AMOS BEN GERSHOM / GPO / FLASH90)

Des sources proches du Service général des renseignements de l’Autorité palestinienne ont affirmé qu’Abu Khoussa était très probablement affilié à des groupes salafis-Jihadi opérant dans la bande de Gaza.

Faraj faisait partie du convoi visé par l’explosion de la semaine dernière. Ni lui ni Hamdallah n’ont été blessés dans la tentative apparente d’assassinat.

Le chef de la sécurité du Hamas à Gaza, Tawfiq Abu Naim, a déclaré samedi que deux grosses bombes avaient été posées, mais qu’une seule d’entre elles a explosé en raison d’un dysfonctionnement technique. Elles ont été placées à environ 37 mètres l’une de l’autre.

Selon des témoins oculaires, l’engin a explosé quelques secondes avant le passage du véhicule blindé transportant Hamdallah. Dix agents de sécurité et le personnel qui les accompagnaient, qui se trouvaient dans des véhicules non blindés, ont été légèrement blessés.

Des sources proches du Hamas ont affirmé que les explosions ont pu être orchestrées par les forces de sécurité de Faraj dans le cadre d’un plan visant à impliquer le Hamas et à justifier de nouvelles sanctions de l’Autorité palestinienne contre la bande de Gaza.

Yusef al Mahmoud, porte-parole du gouvernement Hamdallah à Ramallah, a dénoncé ce qu’il a appelé la tentative du Hamas de répandre des rumeurs sur la responsabilité de l’AP et de ses institutions dans cet attentat à la bombe contre le convoi. Les affirmations du Hamas, a-t-il dit, « n’ont pas atteint un niveau acceptable pour l’esprit humain ».

Mahmoud a réitéré les accusations de l’AP selon lesquelles le Hamas était entièrement responsable de l' »attaque terroriste et criminelle » contre le convoi du Premier ministre dans le nord de la bande de Gaza. Il a également renouvelé son appel au Hamas pour qu’il cède instantanément le contrôle de toute la bande de Gaza au gouvernement de l’Autorité palestinienne.

Adnan Damiri, porte-parole des forces de sécurité de l’AP en Cisjordanie, a accusé le Hamas de mentir au public palestinien afin de détourner l’attention de sa responsabilité dans la tentative présumée d’assassinat.

Damiri a déclaré que le Hamas avait déjà tué certains de ses membres pour les empêcher de révéler des « informations compromettantes » sur les dirigeants du groupe terroriste.

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