Appels à des affrontements contre l’armée et les habitants d’implantation
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Appels à des affrontements contre l’armée et les habitants d’implantation

Pour protester contre l'initiative de Jérusalem, des groupes palestiniens pressent les musulmans et les Arabes à manifester et à boycotter les produits américains et israéliens

Khaled Abu Toameh est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Un manifestant palestinien fait brûler un pneu durant des émeutes contre les forces de sécurité israélienne à Bethléem, en Cisjordanie, le 29 décembre 2017, après les prières du vendredi musulmanes (Crédit : AFP / Musa al Shaer)
Un manifestant palestinien fait brûler un pneu durant des émeutes contre les forces de sécurité israélienne à Bethléem, en Cisjordanie, le 29 décembre 2017, après les prières du vendredi musulmanes (Crédit : AFP / Musa al Shaer)

Des groupes palestiniens ont appelé lundi à des affrontements contre les soldats et les habitants d’implantation israéliens vendredi prochain dans le cadre d’une « journée de colère populaire » pour protester contre la décision de l’administration américaine de reconnaître Jérusalem en tant que capitale d’Israël et contre le transfert de l’ambassade américaine dans la ville.

Les représentants des forces nationales et islamiques palestiniennes, un groupe constitué de plusieurs factions, a lancé cet appel à l’issue d’une réunion d’urgence qui a eu lieu à Ramallah.

Déclarant que vendredi serait une « journée de colère populaire », ils ont demandé aux Palestiniens d’initier des affrontements « à tous les points de friction, notamment aux implantations et aux checkpoints militaires ».

Le département d’Etat américain a notifié vendredi au Congrès que l’ambassade de Jérusalem ouvrirait ses portes au mois de mai pour coïncider avec le 70e anniversaire de l’Indépendance israélienne, accélérant le processus de transfert en convertissant un immeuble qui accueille actuellement des services consulaires en ambassade. Le département d’Etat a confirmé le calendrier choisi pour cette relocalisation.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu devrait inviter le président américain Donald Trump en Israël au mois de mai pour l’inauguration de la nouvelle mission des Etats-Unis.

Les Palestiniens ont également appelé les Arabes et les musulmans du monde entier à organiser des mouvements de protestation similaires contre les politiques mises en oeuvre par l’administration américaine et ils ont exprimé leur opposition au plan de paix au Moyen-Orient de Trump, dont le contenu n’a pas encore été révélé.

Se référant aux rencontres récentes entre des responsables de l’AP et des Israéliens, les factions ont appelé les Palestiniens à respecter les décisions prises par les organismes de l’OLP qui ont prôné la suspension de toutes les relations avec Israël.

« Les factions affirment leur condamnation et leur rejet de la rencontre qui a eu lieu entre le soi-disant coordinateur de l’occupation et son ministre des Finances et le Premier ministre palestinien », a dit un communiqué.

Ce communiqué faisait référence à la rencontre survenue la semaine dernière à Ramallah entre le Premier ministre de l’Autorité palestinienne Rami Hamdallah, le ministre des Finances Moshe Kahlon, et le coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires, Yoav Mordechai.

Le ministre israélien des Finances Moshe Kahlon (3ème à gauche) rencontre le Premier ministre de l’Autorité palestinienne Rami Hamdallah (4ème à gauche) à Ramallah, le 30 octobre 2017 (Capture d’écran : Twitter)

Cette rencontre, ont-ils dit, a eu lieu « en violation avec les décisions de l’OLP de boycotter l’occupation et de se débarrasser des accords d’Oslo, notamment des accords sécuritaires et économiques et des réunions politiques ».

Les factions ont également demandé à la société civile palestinienne de boycotter les délégations américaines qui se rendent en Cisjordanie.

La semaine dernière, une délégation américaine formée de membres du conseil de New York et de membres de groupes issus de la société civile qui était allée au centre palestinien d’études politiques et de recherche à Ramallah avait reçu des jets d’oeufs de la part de manifestants palestiniens.

La police palestinienne empêche des manifestants d’approcher un véhicule transportant des membres du conseil municipal de New York et des groupes de la société civile alors qu’ils quittent un immeuble après avoir visité une ONG dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 22 février 2018 (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Les policiers de l’AP étaient venus secourir les membres de cette délégation, qui avaient quitté les lieux dans une camionnette des forces de l’ordre. Il n’y avait pas eu de blessés.

Le communiqué a réitéré l’appel au boycott des produits israéliens et américains et demandé le renforcement de la « résistance populaire dans les territoires occupés ».

Répondant à la controverse suscitée par la décision prise par la municipalité de Jérusalem de taxer les biens immobiliers appartenant à l’église, les factions ont accusé l’Etat juif de poursuivre ses « agressions contre les lieux saints islamiques et chrétiens ».

Dimanche, les chefs religieux chrétiens ont fermé les portes de l’église du saint-sépulcre dans la Vieille Ville de Jérusalem pour protester contre une nouvelle politique fiscale. L’église est restée close lundi.

Des responsables de la mairie de Jérusalem ont précisé que les impôts ne concernaient pas les lieux de culte mais les propriétés utilisées pour des activités sans lien avec le culte et à des fins commerciales.

Les factions palestiniennes ont également évoqué une « punition collective » et une forme de « nettoyage ethnique » dans la décision prise par Israël de fermer la Cisjordanie pendant toute la durée de Pourim, entre mardi soir et samedi soir.

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