Appels à la « désescalade » au Liban au Conseil de sécurité de l’ONU
"La communauté internationale doit renforcer son soutien aux services de sécurité de l'État libanais, en particulier aux Forces armées libanaises", a déclaré la sous-secrétaire générale des Nations unies

Mercredi, une vingtaine d’États soutenant la force de maintien de la paix de l’ONU au Liban, ainsi que la sous-secrétaire générale des Nations unies, Rosemary DiCarlo, ont appelé à une « désescalade » entre les terroristes libanais pro-Iran du Hezbollah et Israël, en ouverture d’un Conseil de sécurité consacré au conflit.
« Une désescalade immédiate et une cessation de la violence sont impératives », a exhorté DiCarlo lors de cette réunion, à l’initiative de la France et soutenue par plusieurs pays.
Elle a exhorté le Hezbollah à « cesser ses attaques contre Israël » et à « coopérer » avec le gouvernement libanais, et Israël à « mettre fin à sa campagne militaire au Liban et à retirer ses forces du territoire libanais ».
« La communauté internationale doit renforcer son soutien aux services de sécurité de l’État libanais, en particulier aux Forces armées libanaises », a ajouté DiCarlo.
Auparavant, la France, l’Arménie, l’Autriche, Bahreïn, le Cambodge, la Croatie, Chypre, le Danemark, l’Estonie, la Finlande, l’Allemagne, la Grèce, l’Inde, l’Irlande, l’Italie, Malte, le Népal, la Macédoine du Nord, le Panama, la Pologne, le Portugal, la Corée du Sud, l’Espagne et l’Uruguay avaient fait part de leur « profonde inquiétude » face à « l’escalade des hostilités » dans ce pays.
En leur nom, l’ambassadeur de France auprès de l’ONU, Jérôme Bonnafont, a exhorté Israël « à s’abstenir de toute attaque contre les infrastructures civiles et les zones densément peuplées, et à respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale du Liban ».
#WATCH: Jerome Bonnafont, Permanent Representative of #France to the UN, delivers joint statement on behalf of 30 states regarding current escalation in #Lebanon. Statement says Lebanon must be supported, its sovereignty respected, and calls on all parties to urgently cease… pic.twitter.com/TozseiOoHZ
— Arab News (@arabnews) March 11, 2026
Ces États condamnent également « la décision irresponsable du Hezbollah de se joindre aux attaques iraniennes contre Israël […], entraînant le Liban dans une guerre que ni ses autorités ni sa population ne souhaitent ».
« Nous sommes prêts à renforcer notre soutien à la souveraineté de l’État libanais et à ses forces armées », poursuit leur texte.
Protéger les civils
Lors de ce Conseil de sécurité, le chef des opérations humanitaires de l’ONU, Tom Fletcher, a demandé aux États engagés dans le conflit au Moyen-Orient de protéger les civils et les infrastructures civiles « dans toute la région », et à la communauté internationale de « financer généreusement » la réponse humanitaire.
Il a également appelé à un retour à « une diplomatie stratégique, calme, rationnelle et porteuse d’espoir ».
« Chaque fois que vous entendez les puissants attaquer l’ONU, demandez-vous ce qu’ils ont gagné en nous affaiblissant », a poursuivi Fletcher, dans un contexte de critiques répétées du président américain Donald Trump à l’encontre des Nations unies.
Le secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, a rappelé aux parties leur « responsabilité claire et sans équivoque de garantir la sûreté et la sécurité des Casques bleus », après une attaque ayant blessé trois membres ghanéens de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) vendredi.
Avant cette réunion, l’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Danny Danon, a répété que « tant qu’il y aura une menace contre nous, nous continuerons d’agir ».
« Il n’y a que deux options : soit l’État libanais démantèle l’appareil militaire du Hezbollah dans le sud du Liban, soit Israël le fera », a-t-il rappelé.
« Nous exhortons nos amis au Liban à ne pas laisser passer cette occasion », a écho l’ambassadeur américain Mike Waltz devant le Conseil de sécurité.
« Reprenez votre pays en main, et nous sommes plus que disposés à y consacrer le temps et les ressources nécessaires. »
De son côté, le représentant du Liban, Ahmad Arafa, a dépeint un pays « pris au piège d’une guerre qu’il n’a pas choisie » entre Israël, « qui ne respecte pas les lois de la guerre », et le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, dont les activités militaires et sécuritaires ont été « interdites » par le Conseil des ministres libanais.
Le Conseil de sécurité doit se réunir à nouveau à 15 h 00, heure locale (19 h 00 GMT), pour voter deux projets de résolution concernant le conflit au Moyen-Orient.
La première, présentée par Bahreïn au nom du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et de la Jordanie, condamne les frappes iraniennes contre ces pays ainsi que les tentatives de blocage du détroit d’Ormuz.
La seconde, à l’initiative de la Russie, est plus générale et ne cite aucun État, selon des médias en ayant eu connaissance.







