Appels à rebaptiser une rue portant le nom du diplomate mexicain accusé de viol
Rechercher

Appels à rebaptiser une rue portant le nom du diplomate mexicain accusé de viol

Un conseiller municipal de Ramat Gan a demandé au maire d'immédiatement redonner à la rue Andres Roemer son ancien nom ; l'ex-envoyé à l'UNESCO est accusé d'agressions sexuelles

L'ancien ambassadeur mexicain à l'UNESCO   Andres Roemer. (Capture d'écran : YouTube)
L'ancien ambassadeur mexicain à l'UNESCO Andres Roemer. (Capture d'écran : YouTube)

La municipalité de Ramat Gan a été appelée, mardi, à rebaptiser une rue qui porte le nom d’un ancien diplomate mexicain, qui est actuellement mis en cause dans une série des viols et d’agressions sexuelles par plusieurs victimes présumées.

En 2019, cette ville du centre du pays avait inauguré la rue Andres Roemer pour rendre hommage au diplomate et à ses contributions en faveur de l’Etat juif. Roemer avait été renvoyé de son poste d’ambassadeur à l’UNESCO parce qu’il avait refusé de voter une résolution de 2016 qui niait les liens des Juifs à Jérusalem.

Au cours des dernières semaines, onze femmes ont accusé Roemer d’agressions sexuelles à son domicile, où il les avait invitées pour une réunion de travail, avait fait savoir le Financial Times le mois dernier.

Avihu Ben-Moshe, membre du conseil municipal de Ramat Gan et président de la Commission du contrôleur municipal, a envoyé une lettre au maire Carmel Shama-Hacohen recommandant vivement que la rue retrouve son ancien nom, la rue El Al, a fait savoir la Douzième chaîne.

« Pendant les dernières heures, j’ai reçu des plaintes d’hommes et de femmes qui vivent dans la ville au sujet des soupçons graves qui pèsent sur Andres Roemer, votre bon ami auquel vous avez rapidement décidé de donner le nom à une rue de notre ville, concernant des agressions sexuelles », a-t-il écrit.

« Je vous demande de redonner son ancien nom à cette rue », a continué Ben-Moshe. « Ramat Gan ne doit donner aucun espace – et sûrement pas un nom de rue – à un homme qui est soupçonné de crimes graves de harcèlement sexuel ».

Shama-Hacohen, qui était ambassadeur israélien à l’UNESCO pendant le mandat de Roemer au sein de l’agence culturelle des Nations unies, avait proposé ce changement de nom au conseil municipal, à l’époque.

En réponse, la mairie de Ramat Gan a déclaré que la ville « ne saurait tolérer, ne serait-ce que vingt-quatre heures, qu’une de ses rues ne porte le nom d’un criminel condamné ayant nui aux femmes » mais que pour le moment, il n’y avait que des accusations qui avaient été proférées à l’encontre de Roemer – qui ne cesse pour sa part de clamer son innocence.

« C’est une affaire très grave », a dit Ben-Moshe devant les caméras de la Douzième chaîne. « Cette rue a été nommée à tort et la décision, à l’époque, avait entraîné une vive indignation ».

Au moins trois femmes ont officiellement porté plainte et plusieurs autres ont accusé le diplomate sur les réseaux sociaux.

Après l’inauguration de la rue, au mois d’octobre 2019, Roemer avait fait parvenir une lettre et un panier garni à chacun de ses habitants.

Capture d’écran du membre du conseil municipal de Ramat Gan Aviyahu Ben-Moshe.

Roemer, qui est aussi avocat, économiste et écrivain, est le petit-fils du chef d’orchestre viennois Ernesto Roemer, qui avait fui l’Europe avant la Seconde Guerre mondiale. Se décrivant lui-même comme un « Juif athée », il a grandi à Mexico City et il a été, dans le passé, consul-général du Mexique à San Francisco.

Au mois d’octobre 2016 – deux mois après l’arrivée de Roemer à l’UNESCO – l’envoyé avait quitté la salle pendant un vote portant sur une résolution au sujet de la Vieille Ville de Jérusalem parce qu’il ne voulait pas suivre les instructions de sa capitale, qui voulait voter « pour ». Il avait été ensuite limogé de son poste.

Depuis, le diplomate juif mexicain a rencontré le Premier ministre Benjamin Netanyahu et a été salué par la American Sephardic Federation, le centre Simon Wiesenthal et d’autres groupes juifs pour s’être dressé contre la résolution de l’ONU.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...