Israël en guerre - Jour 141

Rechercher

Après 3 mois de guerre, Tsahal affirme avoir démantelé le « réseau armé » du Hamas du nord de Gaza

L'armée affirme avoir tué les commandants du bataillon du Hamas qui a perpétré le massacre de Beeri ; un soldat a été tué dans le nord de la bande de Gaza, ce qui porte à 176 le nombre de militaires ayant participé à l'opération terrestre.

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des soldats de l'armée israélienne opérant dans la bande de Gaza, le 5 janvier 2024. (Crédit : TSAHAL)
Des soldats de l'armée israélienne opérant dans la bande de Gaza, le 5 janvier 2024. (Crédit : TSAHAL)

À la veille du cap des trois mois de guerre entre Israël et le groupe terroriste islamiste palestinien du Hamas, le porte-parole de l’armée israélienne, le contre-amiral Daniel Hagari, a déclaré samedi soir lors d’une conférence de presse que l’armée avait achevé le démantèlement du « réseau armé » du groupe terroriste dans le nord de la bande de Gaza.

Le contre-amiral a précisé que Tsahal se concentre actuellement sur le démantèlement du Hamas dans le centre et le sud de la bande de Gaza.

L’armée israélienne et l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet ont également annoncé samedi que le commandant du bataillon Nuseirat du Hamas, Ismaïl Siraj, et son adjoint, Ahmed Wahaba, ont été tués dans une frappe aérienne samedi soir dans la bande de Gaza. Le bataillon Nuseirat, situé dans le centre de la bande de Gaza, a perpétré le massacre du kibboutz Beeri et d’autres communautés frontalières le 7 octobre.

L’armée israélienne a également annoncé samedi la mort d’un officier tué au cours des combats dans le nord de la bande de Gaza ce week-end, ce qui porte à 176 le nombre de soldats tués depuis le début de l’incursion terrestre dans la bande de Gaza, qui a commencé le 27 octobre.

Il s’agit du lieutenant-colonel Roee Yohay Yosef Mordechay, 31 ans, commandant en chef de la base d’entraînement de la Brigade Nahal, originaire de Tel Aviv. Avant d’être tué, Mordechay était pressenti pour devenir le prochain commandant du 50e bataillon de Nahal.

Un autre soldat du 931e bataillon de la Brigade Nahal a été grièvement blessé au cours de la même bataille, selon Tsahal.

Le lieutenant-colonel Roee Yohay Yosef Mordechay. (Crédit : Armée israélienne)

Démantèlement de l’infrastructure terroriste

Durant la conférence de presse, Hagari a prévenu que malgré la défaite du Hamas dans le nord de la bande de Gaza, il est probable que des tirs de roquettes sporadiques soient encore effectués à partir de ces zones en direction d’Israël, mais que l’infrastructure du groupe terroriste était hors d’usage et ne pouvait plus mener d’attaques à grande échelle.

Selon Hagari, les camps de réfugiés du centre de la bande de Gaza sont « denses et remplis de terroristes », tandis que Khan Younès est une « ville souterraine aux tunnels ramifiés ».

« Il n’y a pas de raccourci lorsqu’il s’agit de lutter contre le terrorisme », a-t-il répété, notant qu’il a fallu trois mois pour vaincre le Hamas dans le nord de la bande de Gaza et empêcher les bataillons du groupe terroriste de mener des attaques à grande échelle.

« Nous avons frappé, et nous continuerons à frapper, et nous continuerons à approfondir les réalisations dans ces zones, mais cela prend du temps », a ajouté Hagari.

Il a souligné que, dans le même temps, Tsahal a construit de nouvelles défenses le long de la frontière de Gaza afin de permettre aux habitants évacués depuis le 7 octobre de rentrer chez eux.

Lors de sa conférence de presse, Hagari a également dévoilé une photo de Mohammed Deif, le commandant de l’aile armée du Hamas. Cette photo fait partie des quelque 70 millions de fichiers numériques récupérés par l’armée israélienne à Gaza.

Dans la photo, on peut voir Deif tenir un gobelet en plastique dans une main et des billets de banque dans l’autre, confirmant apparemment les conclusions des services de renseignement de l’armée israélienne qui ont réfuté la croyance de longue date selon laquelle il est amputé et presque paralysé.

Mohammed Deif, à droite, le commandant de l’aile armée du groupe terroriste palestinien du Hamas, sur une photo non datée publiée le 6 janvier 2024. (Crédit : Armée israélienne)

En annonçant l’assassinat de Siraj et de Wahaba à Nuseirat, l’armée et le Shin Bet ont indiqué  que Siraj avait été commandant d’une compagnie du commando Nukhba du Hamas et qu’il était également impliqué dans la fabrication de roquettes. Wahaba, l’adjoint, a été nommé à ce poste après que le précédent commandant adjoint du bataillon de Nuseirat a été tué par l’armée israélienne au cours des premières semaines de la guerre.

En plus des massacres du 7 octobre, l’armée affirme que le bataillon a également été impliqué dans des tirs de missiles antichars et de drones sur les troupes opérant à Gaza au cours des derniers mois.

Le chef d’état-major dans les tunnels du Hamas

Plus tôt dans la journée de samedi, l’armée a publié des images du chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Herzi Halevi, et du chef de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, Ronen Bar, visitant un réseau de tunnels du Hamas sous Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, annonce Tsahal.

Halevi et Bar ont été rejoints par le chef du Commandement du Sud, le Général de division Yaron Finkelman, le chef du Directorat des Renseignements militaires, le général de division Aharon Haliva, et le commandant de la 98e Division, le Général de brigade Dan Goldfus.

Tsahal estime que les dirigeants du groupe terroriste palestinien du Hamas, dont Yahya Sinwar, se cachent sous terre dans le sud de la bande de Gaza.

L’armée israélienne a diffusé de nouvelles images de l’unité d’élite Egoz opérant dans le sud de la bande de Gaza, où elle affirme que les troupes ont fait une descente au domicile du commandant du bataillon du groupe terroriste palestinien du Hamas à Khan Younès et ont affronté des hommes armés dans une école.

Tsahal affirme que les troupes ont tué trois hommes armés au cours d’une bataille dans l’école. Sur leurs corps, les forces ont trouvé des lance-roquettes individuels et « beaucoup d’informations » sur la brigade du Hamas à Khan Younès.

Dans une maison résidentielle de la région, les soldats ont trouvé une cache d’armes utilisées par des terroristes palestiniens, selon Tsahal.

Certaines des armes ont été trouvées dans une chambre à coucher, a indiqué Tsahal, ainsi qu’un puzzle d’enfant représentant une image incitant à la haine d’Israël.

Un puzzle comportant une image incitative contre Israël trouvé par les troupes dans une maison de Khan Younès, sur une photo publiée le 6 janvier 2024. (Crédit : Armée israélienne)

L’armée israélienne a annoncé que ses troupes ont trouvé des équipements militaires appartenant à la force d’élite Nukba du groupe terroriste du Hamas dans un dispensaire de santé à Gaza. Elles étaient cachées dans des sacs arborant le logo de l’UNRWA, l’agence des Nations unies en charge des réfugiés palestiniens. Cette organisation étant l’une des principales à fournir de l’aide à la bande de Gaza, il a déjà été signalé que les emballages utilisés par l’agence d’aide étaient apparemment réutilisés par le groupe terroriste.

Tsahal a ajouté que des RPG, des armes de type Kalashnikov et des munitions avaient été découvertes dans un immeuble adjacent.

De plus, les militaires ont fait savoir que des frappes ont touché un certain nombre de cellules terroristes ainsi que des entrées de tunnel dans le secteur de Khan Younès.

Par ailleurs, les troupes ont localisé un entrepôt où se trouvaient des dizaines de Kalashnikov, plus d’une centaine de mutions, des explosifs actionnés à distance et des RPG. L’entrepôt a été détruit par les soldats.

La semaine dernière, des informations ont laissé entendre qu’Israël espérait pouvoir expulser l’UNRWA de la bande de Gaza au lendemain de la guerre. Ainsi, un rapport classifié et de haut-rang du ministère des Affaires étrangères recommanderait un certain nombre d’étapes à suivre dans le cadre de cette initiative, avec notamment un rapport détaillé sur la coopération présumée qui serait établie entre l’UNRWA qui assure des services humanitaires au sein de l’enclave et le Hamas, qui gouverne Gaza.

Gaza jugé « inhabitable »

Les Nations unies ont averti samedi que la bande de Gaza avait été rendue « inhabitable » par trois mois de guerre.

Des diplomates occidentaux de haut niveau se trouvaient dans la région dans le cadre d’une nouvelle initiative visant à accroître le flux d’aide dans la bande de Gaza et à répondre aux craintes croissantes d’un conflit plus large. Des pans entiers du territoire ayant été réduits à l’état de ruines par les combats, ils sont « tout simplement devenus inhabitables », « un lieu de mort et de désespoir », selon le coordinateur des affaires humanitaires de l’ONU, Martin Griffiths.

La guerre a commencé avec l’attaque sans précédent du Hamas qui a provoqué la mort de quelque 1 200 personnes en Israël, pour la plupart des civils, et la prise en otage d’environ 240 autres personnes, dont 132 sont toujours en captivité après une trêve temporaire qui a permis la libération de 105 d’entre elles. Au moins 24 personnes auraient été tuées à Gaza.

En réponse, Israël a lancé une guerre contre le Hamas avec l’intention déclarée d’éliminer le Hamas et de libérer les otages.

Les frappes aériennes et l’opération terrestre qui ont suivi ont tué au moins 22 722 personnes dans la bande de Gaza, selon le Hamas. Ce chiffre ne peut être vérifié de manière indépendante et ne fait pas la différence entre civils et combattants et inclut les Palestiniens tués par des tirs de roquettes retombés à l’intérieur de la bande de Gaza. Israël affirme avoir tué 8 500 terroristes depuis le début de la guerre.

Une photo prise à Rafah le 6 janvier 2024 montre de la fumée s’élevant au-dessus de Khan Younès dans le sud de la bande de Gaza lors de frappes israéliennes. (Crédit : AFP)

Israël affirme qu’il s’efforce d’éviter de nuire aux civils tout en combattant un groupe terroriste implanté au sein de la population civile. Il accuse depuis longtemps les groupes terroristes basés à Gaza d’utiliser les Gazaouis comme boucliers humains, en opérant depuis des sites civils, notamment des écoles et des hôpitaux, qui sont censés être protégés.

Dans un communiqué publié samedi, le ministère de la Santé du Hamas a déclaré avoir enregistré plus de 120 décès au cours des dernières 24 heures. Les victimes des bombardements ont été transportées à l’hôpital européen de Khan Yunis, dans le sud du pays, où des proches et des personnes en deuil se sont rassemblés.

L’un d’entre eux, Mohamed Awad, a pleuré sur le corps d’un garçon de 12 ans et a compté les morts dans sa famille.

« Mon frère, sa femme, ses enfants, ses proches et les frères de sa femme – il y a plus de 20 martyrs », a déclaré Awad, un journaliste, à l’AFP.

Un autre journaliste palestinien, Akram El-Shafei, est mort à l’hôpital des suites de blessures subies dans la ville de Gaza en novembre, ce qui fait de lui « le 117e journaliste (…) tué par l’occupation israélienne au cours de cette guerre insensée », a déclaré Asser Yassin, du Forum des médias palestiniens.

Yassin a accusé Israël de « cibler les journalistes », mais cela « ne fait qu’accroître notre détermination à (…) transmettre la souffrance et la douleur » au monde entier.

Les responsables israéliens ont réfuté à maintes reprises l’accusation selon laquelle l’armée prenait délibérément pour cible les personnes travaillant pour les médias.

Une fillette porte un seau d’eau dans un camp de déplacés palestiniens à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 16 décembre 2023, pendant la guerre entre Israël et le Hamas. (Crédit : Mohammed Abed / AFP)

L’état de Shafei s’était d’abord amélioré, a déclaré Magda El-Shafei, une proche, mais il « avait besoin d’un traitement » et il n’y avait « rien » de disponible. « Il est parti », a-t-elle déclaré à l’AFP.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique que la majorité des 36 hôpitaux de Gaza ont été mis hors service par les combats, tandis que les établissements médicaux restants sont confrontés à de graves pénuries. Israël affirme que le Hamas a régulièrement opéré à partir d’hôpitaux et a mené des opérations à l’intérieur de plusieurs d’entre eux qui, selon lui, avaient servi de bases à des terroristes.

Alors que le secrétaire d’État américain Antony Blinken commencait son quatrième déplacement dans la région depuis le début de la guerre opposant Israël aux terroristes palestiniens du Hamas, il y a trois mois, le leader du groupe terroriste à la tête de la bande de Gaza, Ismail Haniyeh, a expliqué que Washington devait se focaliser sur « les erreurs » entraînées par le « soutien aveugle » qui est apporté par les États-Unis à l’État juif.

« Nous espérons que M. Blinken a tiré les leçons des trois derniers mois et qu’il a réalisé l’ampleur des erreurs commises par les États-Unis dans leur soutien aveugle à l’occupation sioniste, qui a cru ses mensonges, ce qui a entraîné des massacres et des crimes de guerre sans précédent qui ont été commis à l’encontre de notre peuple à Gaza », a-t-il dit dans un discours.

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.