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Après 30 ans d’absence, une danseuse revient sur la scène de Tel Aviv à 71 ans

Sally-Anne Friedland revient à la chorégraphie et elle danse "Zebra", une œuvre autobiographique qui valse avec le temps, aux côtés d'une partenaire de 40 ans sa cadette

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Sally Ann Friedland, à gauche, et  Dana Markus dans 'Zebra, A Duet for Two Women' dont la première a eu lieu au Centre Suzanne Dellal, au studio Zehava & Jack, le 24 juin 2023. (Autorisation : Sharon Zindany)
Sally Ann Friedland, à gauche, et Dana Markus dans 'Zebra, A Duet for Two Women' dont la première a eu lieu au Centre Suzanne Dellal, au studio Zehava & Jack, le 24 juin 2023. (Autorisation : Sharon Zindany)

Vieillir est une expérience difficile pour tout le monde – mais en remontant sur une scène pour présenter un nouveau spectacle de danse à l’âge de 71 ans, trois décennies après avoir quitté le feu des projecteurs, la chorégraphe Sally-Anne Friedland exécute un pas de deux astucieux avec le temps qui passe.

Friedland a présenté sa nouvelle œuvre autobiographique, « Zebra, A Duet For Two Women, » avec la danseuse Dana Markus au studio Zehava & Jack du Centre Suzanne Dellal lors d’un spectacle qui s’est joué à guichets fermés en date du 24 juin. Une nouvelle représentation aura lieu le 7 juillet.

Friedland avait commencé sa carrière de danseuse dans le ballet classique, dans son Afrique du sud natale et en Europe avant de se tourner vers la danse moderne et contemporaine quand elle s’était installée en Israël, il y a une cinquantaine d’années. Elle avait cessé de se produire sur scène alors qu’elle était âgée d’une quarantaine d’années, se concentrant davantage sur le travail de la chorégraphie artistique et sur l’enseignement de son art.

« J’ai pris beaucoup de plaisir là-dedans, à travailler confortablement comme directrice, en regardant les danseurs transpirer, s’échauffer, se blesser, en faisant un travail de création », explique-t-elle. « J’avais cette distance incroyable et c’était presque comme être assise dans le noir, c’était comme danser dans l’obscurité ».

« Zebra » parle de sa vie – de la vie qui est la sienne depuis qu’elle est devenue veuve, il y a deux ans ; de sa bataille contre le cancer et de sa redécouverte du plaisir de danser après trente années passées à regarder les autres danser.

« Je ne veux donner de leçon à personne, je ne veux me disputer avec personne, je veux simplement dire quelques petites choses », s’exclame Friedland. « Et l’une des raisons pour lesquelles j’ai fait cette création, c’est parce que j’en ai vraiment ressenti la nécessité ».

Dans « Zebra », Friedland et Markus – en contraste saisissant, cette dernière étant âgée de seulement 31 ans – tentent de se confronter à la réalité sociale et à la réalité politique de leurs existences, parfois en tandem, parfois séparées l’une de l’autre – des tentatives qui tiennent à la fois de l’épreuve et du plaisir.

Le nom de l’œuvre rappelle le contraste brutal créé par les rayures blanches et noires d’un zèbre, qui viennent refléter les différences entre les deux danseuses – et qui peuvent aussi rappeler les racines sud-africaines de Friedland.

Les fleurs font partie de l’œuvre, rappelant la fascination de Friedland pour les jeunes talents en floraison qu’elle prend un plaisir immense à faire travailler.

« On a commencé à creuser dans certaines choses et à jouer avec toutes ces anecdotes amusantes de nos enfances, de l’Afrique du sud, de l’arrivée en Israël, toutes ces petites choses amusantes », explique Friedland. « Et j’ai commencé à les mélanger les unes avec les autres et je me suis dit : ‘Eh bien, personne ne va me juger pour ça’. Ensuite, j’ai commencé à être plus sérieuse dans mon travail de création ».

Une thématique centrale du mouvement est la relation entretenue entre le zèbre et l’âne – et le fardeau porté par chacune des deux danseuses.

Pour Friedland, il y a eu la mort de son époux et sa propre bataille contre le cancer. Mais depuis qu’elle a recommencé à danser, elle a été surprise de découvrir que son désir de bouger et que ses exigences à l’égard de son corps sont toujours présents, malgré le temps qui a passé.

« Nous ne nous habituons jamais, jamais au vieillissement et vous savez, personne ne vous apprend à être vieille quand vous êtes danseuse », dit Friedland.

Cela n’a pas été facile de reprendre la danse, malgré tout – et Friedland dit avoir souvent douté de sa capacité à y parvenir. Des doutes qui ont été partagés par certains de ses partenaires qui s’inquiétaient de sa résistance.

Mais elle a lentement commencé à construire de la matière pour son œuvre – d’abord par elle-même et ensuite avec Marcus.

Regarder les deux danseuses sur des vidéos enregistrées révèle une intimité naturelle, des vibrations et une longueur d’onde similaires – et Friedland attribue à Markus le crédit de lui avoir apporté avec enthousiasme sa jeunesse, son soutien et son esprit pratique dans le cadre du projet. Si leur relation présente des similarités avec la relation d’une mère et de son enfant, Friedland insiste sur le fait que « Zebra est une œuvre personnelle, mais ce n’est pas une histoire mère-fille ».

Quand il est devenu évident que Friedland et Markus interprèteraient l’œuvre, elle a invité Avi Kaiser et Sergio Antonino, chorégraphes, pour la mise en scène. Leur arrivée a changé les choses et il est devenu clairement établi que « Zebra » serait présenté en public.

Friedland a pris soin d’organiser la première dans un espace intime, petit, qui a permis à Friedland et à Markus de se sentir plus proches des spectateurs.

Ce qui a aussi signifié que ces derniers ont pu voir de près le corps de Friedland, âgé de 71 ans, se prêter à des mouvements qu’elle n’avait pas montré en public depuis 30 ans. Ce qui était un risque – mais elle a voulu tout donner pour son retour son scène.

« Je me dois d’être incroyable », avait-elle commenté avant la première.

Les billets de la représentation de « Zebra, A Duet For Two Women », en date du 7 juillet sont disponibles sur le site du Centre Suzanne Dellal Center box office.

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