Après avoir pris les armes, les femmes kurdes se battent pour leurs droits
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Après avoir pris les armes, les femmes kurdes se battent pour leurs droits

L'université du Rojava dans le nord de la Syrie a inauguré cette année un cursus d'études féminines destiné à former ses étudiantes à faire face au sexisme au quotidien

Une étudiante du cursus d'études féminines de l'université du Rojava. (Capture écran / Douzième chaîne)
Une étudiante du cursus d'études féminines de l'université du Rojava. (Capture écran / Douzième chaîne)

Malgré leurs réussites sur le front et le conflit qui frappe leur région, les femmes kurdes se livrent à une autre bataille dans leur patrie : l’égalité des droits.

L’université de Rojava, dans la ville de Qamishli située dans le nord de la Syrie, a inauguré cette année un programme d’études féminines, d’après un reportage de la Douzième chaîne diffusé dimanche.

La devise du cursus : « On ne nous donne pas nos droits, on les prend. »

L’objectif du programme est de former les femmes à faire face au sexisme dans leur société et à lutter pour l’égalité des droits, dans la famille et ailleurs.

« Notre société ignore les problèmes que rencontrent les femmes », explique Leela Achmai, directrice de la faculté d’études féminines de l’université du Rojava. « Nous avons compris qu’il était nécessaire de remédier à cela. »

Leela Achmai, directrice de la faculté d’études féminines de l’université du Rojava. (Capture écran / Douzième chaîne)

« Par exemple, lors d’une brouille familiale, une femme n’a pas le droit de s’exprimer et de prendre part aux discussions. Les femmes pensent que c’est normal. Dans notre école, nous leur apprenons à faire face et à traiter ce type de problème », indiquait Leela Achmai à la Douzième chaîne. « On m’impose des choses, et je suis supposée accepter cela comme étant normal. Alors ici à la faculté, nous apprenons aux femmes à faire face à ces problèmes. »

Les murs des salles de cours sont décorés d’affiches d’icônes féministes, dont Lisa Meitner et Simone de Beauvoir, mais les étudiants et la faculté sont intimidés par le mot féminisme, craignant qu’il irrite les hommes et les conservateurs.

Elles espèrent gagner leur soutien et ouvrir le programme aux hommes l’année prochaine.

Pour Zina Mar, l’une des étudiantes : « Nous avions décidé de faire des études féminines avant de lire le programme du cursus, sans connaître la matière auparavant, et malgré cela, ce programme nous a parlé dès le départ. Nous voulons parler des droits des femmes et des problèmes qui les touchent. »

Zina Mar, étudiante du cursus d’études féminines de l’université de Rojava. (Capture écran / Douzième chaîne)

« Je tiens à développer ma personnalité et apprendre des choses que je pourrai transmettre à d’autres femmes, et aux jeunes hommes aussi », estime Zina Mar.

Sa famille ne s’est pas opposée à sa décision de suivre ce cursus, mais certaines de ses amies se sont interrogées, explique-telle.

Sans État et marginalisés depuis des décennies, les Kurdes de Syrie ont réussi à établir une fragile région autonome dans le nord de la Syrie après le début de la guerre civile en 2011. Les forces kurdes, comprenant de nombreuses femmes, ont été des partenaires clés des États-Unis sur le terrain dans la lutte contre l’État islamique depuis 2014.

Or le président américain a retiré les troupes américaines de Syrie la semaine dernière, ouvrant ainsi la voie à une invasion turque du territoire kurde et abandonnant la communauté.

Depuis mercredi, l’invasion a fait des dizaines de morts côté civils et combattants et contraint des milliers de personnes à fuir.

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