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Après la mort d’un informateur, Tsahal évalue les méthodes de recrutement

La commission examinera la procédure globale de recrutement des informateurs de la police militaire

Judah Ari Gross est le correspondant du Times of Israël pour les sujets religieux et les affaires de la Diaspora.

Un officier de la police militaire israélienne, à droite, parle avec un soldat emprisonné à la Prison Quatre, la plus grande prison militaire d'Israël, sur la base militaire Tzrifin, dans le centre d'Israël, le 26 avril 2018. (Miriam Alster/FLASH90)
Un officier de la police militaire israélienne, à droite, parle avec un soldat emprisonné à la Prison Quatre, la plus grande prison militaire d'Israël, sur la base militaire Tzrifin, dans le centre d'Israël, le 26 avril 2018. (Miriam Alster/FLASH90)

L’armée israélienne a récemment formé une nouvelle commission pour enquêter sur la manière dont les informateurs de la police militaire sont recrutés, après le suicide d’un informateur plus tôt cette année.

Le mois dernier, deux anciens officiers de la police militaire israélienne ont été inculpés pour ne pas avoir convenablement prévenu leur hiérarchie de la fragilité de la santé mentale de l’un de ceux informateurs, un soldat de la brigade d’infanterie Givati. Il a ensuite été retrouvé mort autour de sa base, où il se serait suicidé

Les deux officiers, qui ont récemment été libérés de leur service dans l’armée, ont comparu au tribunal pour la première fois mardi, pour une brève audience pour fixer la date du procès.

« La décision [de former la commission] a été prise à la lumière des conclusions d’une enquête sur les circonstances de la mort tragique du soldat, quelques jours après qu’il a rencontré deux officiers de police collectant des informations », a déclaré l’armée dans un communiqué.

Dans cette procédure très inhabituelle, les deux officiers de la police militaire ont été inculpés pour avoir fait de faux témoignages, pour ne pas avoir suivi des ordres et pour une conduite indigne d’un soldat.

« Les deux inculpés n’ont pas fait état de la détresse mentale qu’ils avaient décelée chez le soldat qu’ils essayaient de recruter comme source pour l’unité d’enquête de la police militaire », avait déclaré l’armée dans un communiqué à l’époque.

Selon l’inculpation, les deux hommes avaient rencontré le soldat le 9 janvier afin de le convaincre de devenir un de leurs informateurs. Lors de la rencontre, le soldat, dont le nom n’a pas été publié, a accepté de les aider dans leur enquête. Pourtant, une heure et demi plus tard, il a appelé l’un des deux pour lui dire qu’il avait changé d’avis.

Lors de la conversation téléphonique, le soldat a clairement exprimé son intention de se faire du mal, ont déclaré les procureurs.

Les officiers de police n’ont jamais transmis l’information à leurs supérieurs – comme c’est exigé par le protocole – même après que le soldat a été porté disparu de sa base.

Tsahal a déclaré que la commission d’enquête a été formée par le chef des ressources humaines de l’armée israélienne, le général Moti Almoz – qui est responsable de la police militaire – et le procureur général de l’armée, Sharon Afek, le 10 octobre.

« L’équipe comprendra des officiels chargés de nommer les hauts gradés dans le domaine du renseignement, de la sécurité et du maintien de l’ordre. Ils ont de l’expertise, des connaissances et de l’expérience dans ce domaine », a déclaré l’armée.

La commission examinera la procédure globale de recrutement des informateurs de la police militaire, pas seulement l’affaire impliquant les officiers inculpés.

« L’équipe va revoir – d’une perspective systémique globale – la procédure utilisée pour trouver et recruter des sources pour l’unité d’enquête de la police militaire et comment ces sources sont utilisées, en s’intéressant particulièrement aux mécanismes de supervision, de contrôle et de surveillance », a déclaré l’armée,

Tsahal a déclaré que les conclusions du comité devaient être présentées à Almoz et Afek d’ici la fin de l’année.

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