Après l’échec de Netanyahu, Kakhol lavan « déterminé » à former une coalition
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Après l’échec de Netanyahu, Kakhol lavan « déterminé » à former une coalition

Les rivaux du Premier ministre se sont réjouis de son second échec consécutif dans la formation d'un gouvernement – même si les chances de Gantz de réussir restent minces

Le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz avec un rouleau de Torah lors de la fête de  Simchat Torah à Kfar Chabad, dans le centre d'Israël, le 21 octobre 2019 (Crédit :  Yossi Zeliger/Flash90)
Le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz avec un rouleau de Torah lors de la fête de Simchat Torah à Kfar Chabad, dans le centre d'Israël, le 21 octobre 2019 (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

Le parti Kakhol lavan et d’autres opposants politiques du Premier ministre Benjamin Netanyahu se sont réjouis lundi de l’incapacité affichée par Netanyahu de former un gouvernement et de l’annonce faite par le président Reuven Rivlin qu’il confierait à Benny Gantz la mission de rassembler une coalition.

Netanyahu a annoncé lundi qu’il rendrait le mandat qui lui avait attribué la tâche de mettre en place un gouvernement à Rivlin. Il a déclaré que Gantz, son adjoint Yair Lapid, de Kakhol lavan, et Avigdor Liberman, leader de la formation Yisrael Beytenu, étaient responsables de son échec.

« Le temps des manipulations s’est achevé », a commenté le parti de Gantz dans un communiqué. « Kakhol lavan est déterminé à former le gouvernement d’unité libéral, dirigé par Gantz, que la nation a choisi il y a un mois. »

C’est la seconde fois consécutive que Netanyahu se trouve dans l’incapacité de mettre en place une majorité. Suite au scrutin du mois d’avril, il avait manqué un siège au Premier ministre en exercice pour obtenir une majorité. Il avait alors poussé à un vote de dissolution de la Knesset et à l’organisation d’élections anticipées pour éviter qu’un autre législateur se voit chargé de former un gouvernement.

« Bibi [Netanyahu] échoue encore une fois », a raillé Lapid sur Twitter.

Le chef du parti Yisrael Beytenu Avigdor Liberman avec le chef de Yesh Atid Yair Lapid à la Knesset, le 16 novembre 2015. (Crédit : Miriam Alster/ Flash90)

Il n’y a pas eu de réaction immédiate de Liberman, dont le refus de rejoindre un gouvernement sous la houlette de Netanyahu, à l’issue des élections du mois d’avril, avait précipité l’organisation du scrutin du mois dernier.

C’est la formation Yisrael Beytenu de Liberman qui détient dorénavant l’équilibre du pouvoir au parlement israélien alors que la mise en place d’un gouvernement reste problématique pour Netanyahu et Gantz sans ses huit sièges.

Netanyahu a accusé, ces derniers jours, Kakhol lavan de tenter d’établir un gouvernement minoritaire avec le soutien extérieur de Liberman et de la Liste arabe unie, constituée des partis à majorité arabe – une affirmation qu’il a encore une fois répétée dans une déclaration vidéo dans la soirée de lundi.

Gantz, Liberman et la Liste arabe unie ont vigoureusement rejeté cette accusation.

« Le magicien est arrivé au bout de ses tours il y a longtemps et il avance dorénavant la carte de l’incitation. J’espère que ce sera la dernière fois que Netanyahu se livrera à des incitations contre les citoyens arabes en tant que Premier ministre », a commenté le président de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, en réponse.

Dix des treize députés de la Liste arabe unie ont recommandé que Gantz soit chargé de la formation du gouvernement après les élections mais le parti a également précisé, à ce moment-là, qu’il ne siégerait pas dans une coalition dirigée par Kakhol lavan.

Les membres de la Liste arabe unie Ayman Odeh, à gauche, et Ahmad Bibi discutent avec le président Reuven Rivlin pour savoir qui devrait former le prochain gouvernement, à la Résidence du président à Jérusalem, le 22 septembre 2019. (Menahem Kahana/Pool via AP)

Le chef de l’alliance conclue entre le parti Travailliste et Gesher, Amir Peretz, a déclaré que la répétition de l’échec de Netanyahu à rassembler une majorité autour de lui signait la fin de la présence du leader du Likud au siège du bureau du Premier ministre.

« Ce soir, Netanyahu quitte son rôle en tant que Premier ministre et cet échec marquera finalement la renaissance de l’espoir des citoyens israéliens », a écrit Peretz sur Twitter.

Peretz qui, à l’issue des élections du 17 septembre, a soutenu la candidature de Gantz au poste de Premier ministre, a appelé à l’établissement d’un gouvernement qui se focaliserait sur la « gestion de la violence croissante », sur les problèmes liés au coût de la vie et sur « l’éradication des dissensions créées par Netanyahu au cours de la dernière décennie ».

Nitzan Horowitz, leader du Camp démocratique, lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 12 août 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)

Nitzan Horowitz, à la tête de l’Alliance démocratique de gauche, a félicité Gantz pour sa nouvelle mission de formation d’un gouvernement et indiqué qu’il était désireux de rejoindre une coalition placée sous l’autorité du chef de Kakhol lavan.

« Un gouvernement de changement qui mettra un terme aux incitations et au racisme, qui va se battre pour la paix et pour faire avancer la justice sociale. Le moment est enfin là », a-t-il écrit sur Twitter.

Gantz a dorénavant 28 jours pour tenter de réussir là où Netanyahu a échoué. S’il se manque, tout autre député pourra tenter pendant 21 jours d’obtenir le soutien d’une majorité à la Knesset pour former un gouvernement.

Et si personne ne parvient à rassembler une majorité, alors de nouvelles élections seront automatiquement organisées – ce serait le troisième scrutin en une seule année après les votes non-concluants du mois d’avril et du mois de septembre.

C’est Netanyahu qui avait été initialement chargé par Rivlin de former un gouvernement, sur la base du poids de son accord passé avec les formations de droite et ultra-orthodoxes – un bloc d’alliance qui représentait, de fait, 55 députés (Likud : 32 ; Shas : 9 ; Yahaout HaTorah : 7 et Yamina 7).

Gantz, pour sa part, est à la tête de 45 législateurs issus des formations du centre, de gauche et arabes (Kakhol lavan : 33 ; parti Travailliste-Gesher : 6 ; Camp démocratique 5 ; et 10 députés appartenant à la Liste arabe unie qui, pour leur part, ont précisé qu’il n’intégreraient pas une coalition dirigée par Gantz).

Liberman n’appartient à aucun bloc et il a réclamé la mise en place d’un gouvernement d’unité laïc comprenant le Likud, Kakhol lavan et son propre parti. Mais Netanyahu a refusé d’abandonner ses partenaires ultra-orthodoxes du Shas et de YaHadout HaTorah.

Et Gantz, de son côté, a refusé de s’allier au Likud tant que Netanyahu risque d’être inculpé dans trois affaires de corruption.

Le leader de Kakhol lavan Benny Gantz (à gauche), le président Reuven Rivlin (C) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) se rencontrent à la résidence du Président à Jérusalem, le 25 septembre 2019. (Amos Ben Gershom/GPO)

Rivlin avait suggéré un gouvernement d’unité où le pouvoir sera partagé de manière égalitaire et où Netanyahu et Gantz serviraient tous deux deux années au poste de Premier ministre.

Rivlin avait laissé entendre – sans le préciser – que Netanyahu se mettrait en congé à durée indéterminée en cas d’inculpation dans l’une ou plus des trois affaires judiciaires dans lesquelles il est impliqué.

Sous les termes de l’arrangement qui avait été réfléchi par Rivlin, Gantz, en tant que « Premier ministre par intérim » dans un tel scénario, aurait joui de toute l’autorité de sa fonction.

Mais les deux parties ont été dans l’incapacité de trouver un accord, entre autres, sur celui qui endosserait le premier le costume de chef de gouvernement dans le cadre d’un tel pacte.

Les responsables du bureau du procureur d’Etat ont indiqué, la semaine dernière, qu’ils espéraient pouvoir prendre une décision sur une éventuelle inculpation du Premier ministre d’ici la fin de l’année, et peut-être même dès le mois prochain.

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