Après l’indignation sur les dividendes, Fox dit renoncer aux aides de l’Etat
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Après l’indignation sur les dividendes, Fox dit renoncer aux aides de l’Etat

Le directeur de la chaîne, accusé de comportement "sale", qui avait fait campagne en faveur de subventions pour les grandes entreprises, dit que les fonds ne sont plus nécessaires

Un magasin Fox à Jérusalem (Crédit :  Wikipedia)
Un magasin Fox à Jérusalem (Crédit : Wikipedia)

La chaîne de prêt-à-porter Fox a annoncé vendredi renoncer aux millions de shekels prévus dans l’enveloppe d’aide d’urgence qui avait été promise par le gouvernement, après l’indignation intense suscitée par l’annonce faite par la firme qu’elle allait distribuer 49 millions de shekels à ses actionnaires.

Harel Wiesel, directeur-général du Fox Group, avait indiqué que le géant de la mode avait connu « une augmentation significative de ses activités » depuis la réouverture de ses magasins qui justifiait la distribution des dividendes. Mais c’est pour cette raison également que le Fox Group est dorénavant amené à renoncer à toutes les subventions gouvernementales, a-t-il ajouté.

La Holding de Wiesel est propriétaire de 25 % des actions de Fox, ce qui implique que lui-même devait grandement profiter de ces dividendes.

L’annonce faite par le groupe a eu lieu peu de temps après la publication d’un tweet, vendredi matin, écrit par le ministre des Finances Israel Katz : « La décision prise par le propriétaire de Fox de se mettre dans la poche un fort dividende en ce moment, à une période de crise et de difficultés, et après toutes les aides que lui et d’autres employeurs ont pu recevoir dans l’objectif justifié de remettre au travail les employés, est profondément agaçant et contraire à la solidarité à laquelle on serait en droit de s’attendre ».

« Je l’appelle à revenir sans attendre sur cette décision », ajoutait le tweet.

Wiesel avait dirigé une campagne au nom des grandes entreprises- menaçant notamment de continuer à faire fermer de larges secteurs de l’économie – visant à obtenir du gouvernement l’octroi d’une enveloppe de six milliards de shekels pour permettre à ces dernières de réembaucher leurs employés.

Fox avait reçu, pour sa part, 13 à 18 millions de shekels dans le cadre de cet arrangement.

Mais le géant du prêt-à porter avait fait savoir jeudi, en diffusant les résultats de son second trimestre, qu’elle redistribuerait trois à quatre fois ce montant en dividendes.

Le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Israel Katz, s’exprime lors d’une réunion d’urgence au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem, le 13 février 2020. (Flash90)

Les politiciens issus de l’ensemble du spectre politique avaient exprimé leur indignation, jeudi, en apprenant que la chaîne de prêt-à-porter Fox allait distribuer 49 millions de shekels de dividendes à ses actionnaires.

Wiesel et la chaîne avaient été violemment critiqués par les membres de la coalition et de l’opposition après cette annonce.

« C’est l’illustration même du capitalisme le plus sale et le plus éhonté », avait écrit sur Twitter le ministre de l’Economie issu du parti Travailliste, Amir Peretz. « Après avoir réemployé des centaines de personnes à temps-partiel seulement, il touche l’argent des coffres de l’Etat et n’hésite pas à se mettre des dizaines de millions de shekels directement dans la poche ».

Même indignation chez le député Shlomo Karai, membre du Likud. « Les larmes de crocodiles versées partout par Wiesel sont devenues des diamants, à notre détriment. Ce que nous redoutions le plus s’est produit. Nous avons fait des compromis, au sein de la commission des Finances, sur des amendements et nous avons apporté des améliorations aux modèles de subventions de manière à ne rien retarder, à sauver des entreprises indépendantes et en échange, nous essuyons une gifle au visage. Cela ne se reproduira pas ».

Le directeur du Fox Group Harel Wiesel (Crédit : Moshe Shai/FLASH90)

Bezalel Smotrich, législateur du parti d’opposition Yamina, avait écrit sur Twitter : « C’est le plus rapide de tous les ‘je vous l’avais bien dit’. Ce n’était pas du tout l’objectif poursuivi par ces énormes sommes qui ont été fournies pour soutenir les entreprises pendant la crise du coronavirus ».

La parlementaire Travailliste Merav Michaeli avait envoyé un courrier au ministre des Finances, Israel Katz, réclamant qu’il gèle toutes les subventions accordées à Fox et qu’il fixe des conditions pour l’octroi des aides. Elle avait ajouté que le gouvernement « doit agir immédiatement pour garantir que les subventions ou les autres assistances financières livrées sur les fonds publics seront conditionnées à l’obligation de ne pas verser de dividendes et de ne pas augmenter les salaires des dirigeants pendant au mois deux ans ».

Le député Micky Levy de Yesh Atid-Telem avait blâmé le gouvernement, disant que lui-même avait cherché à faire changer le programmes des subventions en imposant notamment un plafond de six millions de shekels pour chaque firme – mais « le gouvernement et ses représentants se sont bouchés les oreilles et s’opposent à tout changement ».

« Malheureusement, l’obstination gouvernementale qui a été affichée pendant toute la crise économique a entraîné ce résultat immonde et incroyable », avait continué Levy.

La décision prise, fin avril, par le gouvernement de distribuer des fonds aux grandes entreprises était survenue après le refus opposé par les chaînes majeures de rouvrir, dans la mesure où elles n’avaient pas reçu le même niveau de soutien gouvernemental qu’avaient obtenu les petites entreprises et les auto-entrepreneurs israéliens.

Les employeurs majeurs avaient appliqué des pressions intenses sur les politiciens pour obtenir des indemnisations comme cela a été le cas des petites entreprises.

Wiesel, en réponse à l’opprobre, avait déclaré jeudi devant les caméras de la Douzième chaîne que « la compagnie distribue des dividendes aux actionnaires – dont je ne suis qu’une petite part – à hauteur de 50 % de ses bénéfices, et pas plus que cela. Lorsque le confinement a été décidé au mois de mars, nous avons informé la Bourse – une démarche très inhabituelle – que nous gèlerions la distribution des dividendes annoncés parce que nous ne savions pas combien de temps l’économie serait fermée ».

« Depuis que les magasins ont ouvert, il y a eu une hausse significative des ventes et nous avons décidé d’abandonner le gel », avait-t-il continué.

« Quand les boutiques avaient fermé, j’avais annoncé que j’abandonnerais 100 % de mon salaire et que je ne recommencerais à le toucher qu’après avoir réintégré le dernier des employés qui travaillent pour moi – ils sont
8 500 », avait-il poursuivi.

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