Après une comparaison des religieux nationaux au Hezbollah, Liberman appelle au boycott de Haaretz
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Après une comparaison des religieux nationaux au Hezbollah, Liberman appelle au boycott de Haaretz

Pour le ministre de la Défense, l’article du “frustré” Yossi Klein contre la communauté nationale religieuse “franchit toutes les lignes rouges”

Avigdor Liberman, ministre de la Défense, devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, le 6 mars 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Avigdor Liberman, ministre de la Défense, devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, le 6 mars 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a appelé jeudi les Israéliens à cesser de lire le quotidien Haaretz après la publication par le journal de gauche d’un éditorial qui affirmait que la communauté nationale religieuse d’Israël était plus dangereuse que le groupe terroriste du Hezbollah.

L’article de Yossi Klein [lien en hébreu], publié dans l’édition de mercredi de Haaretz, accusait la communauté nationale religieuse d’Israël, généralement caractérisée par son opinion belliqueuse et son attachement aux implantations, de tenter de prendre le contrôle du pays et de le soumettre tout en menant une campagne de nettoyage ethnique.

« Haaretz est devenu depuis un certain temps une plate-forme qui accorde une expression totale des opinions de ceux qui haïssent Israël, mais la publication de l’article de Yossi Klein, un journaliste frustré et sans importance, franchit toutes les lignes rouges », a écrit Liberman sur sa page Facebook.

« J’appelle immédiatement chaque citoyen d’Israël à cesser d’acheter et de lire Haaretz. »

Yossi Klein, éditorialiste de Haaretz. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Yossi Klein, éditorialiste de Haaretz. (Crédit : capture d’écran YouTube)

« Les religieux nationaux sont dangereux. Plus dangereux que le Hezbollah, plus que les conducteurs des attaques à la voiture bélier et que des enfants avec des ciseaux. Les Arabes peuvent être neutralisés, mais pas eux, a écrit Klein mercredi. Que veulent-ils ? Diriger le pays et le nettoyer des Arabes. »

Sur Facebook, Liberman a également accusé Klein de diffamer et d’inciter à la haine contre la communauté religieuse nationale « estimée ».

« Klein a fustigé de manière cinglante et incité à la haine contre la population nationale religieuse, une communauté estimée et merveilleuse qui a contribué à la force et la sécurité de l’Etat d’Israël plus que ne l’ont jamais fait Klein et ses amis de Haaretz », a-t-il écrit.

« Le fait que la rédaction de Haaretz ait décidé de publier cet article prouve que le journal a perdu toute direction et que la haine de soi des employés de Haaretz envers chaque Israélien et chaque Juif leur a complètement fait perdre la tête. »

Suite à la publication de l’éditorial de Klein mercredi, Haaretz a été largement condamné par des politiciens de droite comme de gauche, et notamment par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« L’article de Haaretz est honteux », a écrit Netanyahu sur Facebook mercredi soir. « La communauté nationale religieuse est le sel de la terre. Leurs fils et leurs filles servent dans l’armée et le service national pour l’Etat d’Israël et la sécurité d’Israël. Je suis fier d’eux, comme du reste des citoyens du pays. Haaretz doit s’excuser. »

Amos Schocken, éditeur de Haaretz, à Tel Aviv, le 17 février 2015. (Crédit : Amir Levy/Flash90)
Amos Schocken, éditeur de Haaretz, à Tel Aviv, le 17 février 2015. (Crédit : Amir Levy/Flash90)

Amos Schocken, l’éditeur de Haaretz, journal qui se vante d’être une voix dissidente, a déclaré que l’éditorial était en fait similaire à celui qu’il avait publié six ans plus tôt, qui accusait la communauté nationale religieuse de pratiquer l’apartheid. Cet article avait lui aussi été fortement critiqué à l’époque.

« Je ne peux pas comprendre cette excitation (pavlovienne, je dois le dire) sur l’article de Yossi Klein », a-t-il écrit sur Twitter.

Le ministre de l’Education, Naftali Bennett, qui préside le parti HaBayit HaYehudi, vu comme le représentant politique d’une grande partie de la communauté nationale religieuse, a déclaré à la Deuxième chaîne qu’il avait reçu de plaintes de la famille de deux soldats morts au combat, affirmant que l’article était blessant.

« Ni les religieux nationaux, ni les personnes de gauche, ni les Arabes, ni aucun autre groupe ne mérite une accusation stupide et abusive comme celle-là, a-t-il écrit sur Facebook. Avant que cela ne se termine dans le sang, arrêtez Haaretz. »

Yair Lapid, président du parti centriste Yesh Atid, a déclaré que l’article était « antisémite », et demandé de manière rhétorique si quelques Israéliens religieux nationaux, notamment d’autres députés, étaient plus dangereux qu’un groupe terroriste.

Cependant, la critique de l’article a elle aussi été critiquée, notamment par le chef de l’opposition Isaac Herzog et la députée Shelly Yachimovich, tous deux membres de l’Union sioniste, qui ont accusé Netanyahu d’utiliser des termes similaires contre les Arabes, les syndicalistes, et d’autres.

Haaretz newspaper (photo credit: Photo by Olivier Fitoussi/Flash90)
Le quotidien Haaretz. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Herzog a néanmoins précisé que l’article méritait « toutes les condamnations », et Yachimovich a déclaré qu’il était « incitateur [à la haine], exaspérant et rempli de haine sans discrimination. »

La députée Tamar Zandberg du parti d’extrême-gauche Meretz a cependant critiqué les réponses homogènes des politiciens de gauche et de droite.

« Je serais plus excitée par le choc des nationalistes face à Klein si Bennett ou [Netanyahu], et même [Herzog] ou Shelly, tweetaient quand des gauchistes sont traités de traîtres et de poules mouillées. »

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