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Après X et Meta, l’UE épingle TikTok sur la désinformation

Les réseaux sociaux ont été inondés d'images violentes mais aussi de tentatives de désinformation, depuis les attaques menées par le Hamas, un défi pour toutes les plateformes

Les icônes des applications pour smartphone TikTok et WeChat sur l'écran d'un smartphone. (Crédit : AP Photo / Mark Schiefelbein)
Les icônes des applications pour smartphone TikTok et WeChat sur l'écran d'un smartphone. (Crédit : AP Photo / Mark Schiefelbein)

Bruxelles a mis en garde jeudi le réseau social chinois TikTok concernant la diffusion de « fausses informations » et de contenus violents ou « illégaux », après des avertissements similaires à Meta et X (ex-Twitter), dans le contexte des attaques du Hamas contre Israël.

« Votre plateforme est utilisée de façon intensive par des enfants et adolescents. Vous avez une obligation particulière de les protéger des contenus violents (…) qui semblent circuler largement sur votre plateforme sans dispositif de sécurité particulier », a écrit le commissaire européen au Numérique, Thierry Breton, dans une lettre au patron de TikTok, Shou Zi Chew, publiée sur les réseaux sociaux Bluesky et X.

« Nous avons reçu, de sources qualifiées, des rapports sur des contenus potentiellement illégaux circulant sur votre service en dépit d’alertes émises par les autorités compétentes », a-t-il souligné, donnant 24 heures au réseau social pour détailler son plan de bataille afin de mettre fin aux dérives.

TikTok est la propriété du groupe chinois ByteDance.

Vidéos humiliantes d’otages, corps décapités, assassinats filmés… Les réseaux sociaux ont été inondés d’images violentes mais aussi de tentatives de désinformation, depuis les attaques menées samedi matin par le Hamas, un défi pour toutes les plateformes.

Comme il l’avait fait mardi pour X et mercredi pour Meta (Facebook, Instagram), Thierry Breton a rappelé à TikTok les obligations en matière de modération des publications et de retrait des contenus illégaux qui découlent de la nouvelle législation européenne sur les services numériques (DSA).

Des règles plus strictes s’imposent à 19 très grands acteurs de l’internet, dont ces quatre réseaux sociaux, depuis fin août, sous la surveillance de la Commission européenne qui a hérité d’un nouveau pouvoir de contrôle et de sanction.

« Etant donné que de nombreux utilisateurs, en particulier des mineurs, se tournent vers (TikTok) pour s’informer, les sources fiables doivent être différenciées de manière adéquate de la propagande terroriste », a expliqué le commissaire européen.

« Images falsifiées »

Dans sa lettre, il évoque jeudi la circulation « d’images et de faits falsifiés et manipulés » ainsi que « d’informations fausses ou trompeuses ».

Bruxelles poursuit un tour de vis sur les réseaux sociaux entamé mardi, trois jours après les attaques du Hamas contre Israël qui ont fait au moins 1 300 morts, en très grande majorité des civils, tandis que quelque 150 personnes ont été prises en otage.

La riposte israélienne dans la bande de Gaza, qui cible des positions du Hamas, a tué plus de 1 350 personnes, dont de nombreux civils.

Des panaches de fumée s’élevant lors de frappes aériennes israéliennes dans la ville de Gaza, le 12 octobre 2023 (Crédit : Ibrahim Hams/AFP)

Le conflit suscite une immense émotion à travers le monde, propice aux tentatives de manipulation de l’opinion.

Mercredi, dans sa mise en garde à Meta, Thierry Breton avait également évoqué la désinformation dans le contexte des élections en Europe, avant des législatives en Pologne dimanche et un scrutin européen au printemps prochain.

Concernant le conflit Israël-Hamas, un porte-parole de Meta avait expliqué mercredi que le groupe a « rapidement mis en place un centre d’opérations spéciales composé d’experts, dont des personnes parlant couramment l’hébreu et l’arabe ».

Le réseau social X a publié jeudi une réponse détaillée aux questions de la Commission, expliquant avoir « supprimé ou signalé des dizaines de milliers de messages » liés à l’attaque du Hamas.

« Il n’y a pas de place sur X pour des organisations terroristes ou des groupes extrémistes violents et nous continuons à supprimer de tels comptes en temps réel », s’est défendu le réseau, qui précise avoir mis en place « un groupe de travail pour prendre soin de la situation ».

X a récapitulé ses règles, en rappelant qu’il interdit les comptes faisant l’apologie d’actions violentes et plus globalement tous les messages qui « souhaitent du mal à une autre personne ». « À cette date, nous avons répondu à plus de 80 demandes de suppressions de comptes » provenant d’autorités légales en Europe, a détaillé le réseau.

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