Arad: Manifestation ultra-orthodoxe pleinement respectueuse des gestes barrières
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Arad: Manifestation ultra-orthodoxe pleinement respectueuse des gestes barrières

Le mouvement hassidique Gur, qui a été accusé d'ignorer les règles dans le passé, avait organisé un rassemblement contre les incitations présumées contre la communauté haredi

Des Juifs ultra-orthodoxes portent des masques et respectent la distanciation sociale pendant une manifestation organisée à Arad contre ce qu'ils considèrent être des incitations contre leur ville située au sud d'Israël, le 19 octobre 2020. (Crédit : AP/Oded Balilty)
Des Juifs ultra-orthodoxes portent des masques et respectent la distanciation sociale pendant une manifestation organisée à Arad contre ce qu'ils considèrent être des incitations contre leur ville située au sud d'Israël, le 19 octobre 2020. (Crédit : AP/Oded Balilty)

A première vue, le mouvement de protestation organisé lundi dans la ville d’Arad, au sud du pays, ne différait guère d’autres rassemblements massifs récents des membres de cette communauté critiquée pour avoir enfreint les règles du coronavirus et mis en péril la santé publique.

Et pourtant, cette manifestation, qui a attiré des centaines de personnes, s’est montrée strictement respectueuse des directives exigeant le port du masque et le maintien d’une distance de deux mètres entre différents individus. Elle a été par ailleurs pleinement coordonnée avec les forces de l’ordre.

C’est le mouvement hassidique Gur qui est descendu dans les rues – une communauté ultra-orthodoxe radicale qui a été mise en cause de manière répétée, ces derniers mois, pour avoir organisé des événements massifs en ignorant largement les mesures de distanciation sociale.

Le rassemblement avait été organisé pour protester contre « les incitations continues contre les ultra-orthodoxes » quelques heures après un début d’incendie volontaire qui avait touché une boutique haredi dans un centre commercial local. Une enquête policière et l’interrogatoire d’un jeune suspect de 17 ans ont finalement permis de conclure que l’incident n’avait pas pour origine un quelconque ressentiment à l’égard de la communauté ultra-orthodoxe.

Des Juifs ultra-orthodoxes portent des masques et respectent la distanciation sociale pendant une manifestation organisée à Arad, une ville du sud d’Israël, le 19 octobre 2020. (Crédit : AP/Oded Balilty)

Des rabbins et des députés ont pris part au mouvement de protestation.

« Ce rassemblement d’aujourd’hui n’est pas contre qui que ce soit ou quoi que ce soit – mais il est pour le droit de vivre sur notre terre sainte et pour le droit des personnes qui vivent conformément aux commandements de Dieu à vivre leur vie. Ce qui est arrivé était un crime de haine », a déclaré le député Yaakov Litzman, leader du parti Yahadout HaTorah et membre du mouvement hassidique de Gur.

« Je veux que la police s’intéresse à la manière dont les ultra-orthodoxes respectent la loi contrairement à ce qui peut arriver à Balfour », a continué Litzman, faisant référence aux mouvements de protestation hebdomadaires massifs qui sont organisés aux abords de la résidence officielle du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Si le port du masque est respecté dans ces regroupements, la distanciation sociale reste aléatoire.

« Le maire se plaint en permanence de ce que font les ultra-orthodoxes à la ville », a poursuivi Litzman. « Si les Juifs hassidiques du mouvement Gur n’étaient pas venus ici, personne ne serait venu ».

Le maire d’Arad, Nisan Ben-Hamo, a répondu que l’ancien ministre « utilise des manifestations ‘peace and love’ pour inciter à la haine et semer les divisions. C’est le même Litzman qui a rejeté les fonds en faveur de la municipalité d’Arad ».

Mardi, des centaines de membres du mouvement hassidique Belz ont pris part aux funérailles d’Yitzhak Landau, un membre éminent de cette communauté.

Même si elles ont eu lieu en plein air et même si la plus grande partie des personnes présentes portaient le masque, ce rassemblement a enfreint les directives émises par la police qui n’autorisent la présence que de quelques dizaines de personnes lors d’une cérémonie d’inhumation.

Les centaines d’individus venus au cimetière Gival Shaul de Jérusalem ont été bloqués par les forces de l’ordre.

Depuis le début de la semaine, des écoles et des yeshivot, dans la communauté ultra-orthodoxe, ont ouvert illégalement leurs portes – notamment dans des zones marquées par un taux élevé d’infection au coronavirus, des zones qui sont par ailleurs soumises à des restrictions supplémentaires – alors même que le système éducatif dans le reste du pays est à l’arrêt dans le cadre du confinement visant à lutter contre la pandémie en cours.

Dans tout le pays, seuls les jardins d’enfants, les crèches et les garderies ont obtenu la permission d’accueillir les tout-petits suite à un confinement d’un mois qui a permis de faire baisser les taux d’infection à la COVID-19 mais qui a aussi fermé une grande partie de l’économie et paralysé de nombreux aspects du quotidien des Israéliens.

De nombreux leaders et membres de la communauté ultra-orthodoxe continuent à déplorer un traitement injuste de la part du gouvernement Netanyahu, même alors que certaines villes haredim disparaissent de la liste des secteurs à fort taux d’infection. Les taux de positivité aux tests de dépistage, au sein de la communauté, restent substantiellement plus élevés que ceux de la population en général.

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