Argentine: un chef de parti antisémite promet de chasser l’ambassadeur israélien
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Argentine: un chef de parti antisémite promet de chasser l’ambassadeur israélien

"On est en Argentine … pas en Israël" avait dit Alejandro Biondini à la communauté juive ; par le passé, il avait fait l'éloge d'Hitler et condamné le "sionisme génocidaire"

Une bannière de campagne de l'homme politique argentin Alejandro Biondini. (Crédit : Twitter)
Une bannière de campagne de l'homme politique argentin Alejandro Biondini. (Crédit : Twitter)

BUENOS AIRES, Argentine — Un candidat à la présidentielle argentine accusé de néo-nazisme a déclaré qu’il chasserait l’ambassadeur israélien s’il était élu.

Alejandro Biondini, un dirigeant ultra-nationaliste d’extrême droite, est candidat pour le parti Front Patriotique. Vendredi, il a lancé sa campagne pour les élections du 27 octobre devant les bureaux de l’organisation italienne, l’Unione e Benevolenza, dans le centre de Buenos Aires.

‘Je me définis comme un défenseur affirmé de l’Etat palestinien », avait-il tweeté en février. « Je rejette le sionisme colonialiste génocidaire. Je le réaffirme : quand je serai président, je chasserai les ambassadeurs britannique et israélien ».

L’Argentine et la Grande-Bretagne étaient en guerre en 1982, un conflit qui portait sur la souveraineté des îles Falkland.

En lançant sa campagne, Biondini a réitéré sa promesse et averti le leadership juif local.

« J’ai dit à la DAIA [la Délégation des associations juives argentines] qu’on était en Argentine … pas en Israël », a-t-il ainsi déclaré sous les applaudissements et les cris de la foule. Des violences avaient éclaté avant l’événement.

Biondini a ouvertement fait part de son antisémitisme et de son admiration d’Adolf Hitler.

« Nous justifions Adolf Hitler », avait-il déclaré en 1991 lors d’une interview télévisée. Trois ans plus tôt, il avait entonné des chants « Mort aux traîtres, aux lâches et aux Juifs » repris par son auditoire lors d’un rassemblement de manifestants d’extrême droite à Buenos Aires.

Son ancien parti, Nouveau Triomphe, avait été interdit par la cour électorale argentine en 2009. En novembre 2018, un juge fédéral de Buenos Aires avait avalisé la création de son nouveau parti, le Front Patriotique. La DAIA avait condamné cette décision et déclaré dans un communiqué que le parti était un « mouvement néo-nazi et ultra-nationaliste, un danger pour la société égalitaire ».

Les élections d’octobre permettront de déterminer qui dirigera le pays pendant quatre ans et de désigner les nouveaux maires, parlementaires locaux et fédéraux, ainsi que les nouveaux gouverneurs des 24 provinces.

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